X... malade de 28 ans, atteint d'un rétrécissement aortique
très serré avec pouls anacrote. Il se piaignait de forte spalpitations
survenant quelques heures après le repas. M. Huchard les attribua à un état gastrique jusqu'ici méconnu. L'examen du suc gastrique donna H cl libre — 153 au lieu de 44 et confirma le dia-
gnostic. Un traitement stomacal fut institué et fit disparaître les
palpitations.
Mais Les palpitations s'observent souvent dans d’autres affections où le cœur n'est pas en cause, principalement chez les nerveux, les anémiques, les dyspeptiques, sous l’influence de l’abusdu tabac, du café et surtout du thé. Nous en avons rapporté plusieurs exemples dans nos observations.
De plus parmi les palpitationsil y en ade fausses.
Les palpitations sont caractérisées par une impulsion cardiaque plus forte, accélérée et douloureusement ressentie.
Chez les névropathes, les chlorotiques, les anémiques, on constate souvent l’hypéresthésie de la région précordiale. Le cœur venant battre à chacune de ses révolutions Contre une paroi hyperesthésiée donne la sensation d’une palpitation. Que l’on fasse disparaître l’hyperesthésie avec quelquesgouttes de chlorure de méthyle et la fausse cardiopathie disparaît. |
Les papitations ne sont donc pas synonymes d’une affection cardiaque. Hirtz de Strasbourg avait coutume de répéter: «s’il existe des palpitations, auscultez le poumon ». Il serait plus juste de dire:
LE -4ly (0 RE
« S'il existe des palpitations, ne cherchez pas au cœur, mais à l'estomac. » (Huchard).
Intermittences.
De même qu'il y a de fausses palpitations, il y a de fausses intermittences.
Ces dernières sont dûes à ce que la systole ventriculaire esttrop faible pour se faire sentir à la radiale:
Les intermittences vraies sont dûes à l'absence complète d’une contraction zardiaque. Lorsqu'il se produit une intermittence vraie, caractérisée par la suppression d’une révolution cardiâque, la pulsation qui suit immédiatement la suspension d’un battement paraît toujours plus forte, c'est-à-dire plus ample que les autres. Elle n’est pas plus forte comme le fait remarquer Marey, parce que pendant cette intermittence l'écoulement sanguin a eu plus de temps pour se faire, le cœur n’est pas plus fort, mais il trouve moins d’obstacles devant lui, la tension s'est abaissée, ce qui explique l'amplitude et la brusquerie plus grandes de la pulsation suivante.
Les malades éprouvent souvent deux sensations différentes au moment d’une intermittence, d’abord une sensation d'angoisse rapide coïncidant avec la suppression d’une contraction systolique et qu'il ne faut pas confondre avec une sensation angineuse, ensuite une sensation de fausse palpitation au moment où l'organe reprend ses mouvements (1). .
1, Huchard. Trailé des maladies du cœur, 3° édition (sous presse).
Chevron 4
an
Les malades traduisent cette seconde sensation par l'expression d’une palpitation en « coup de boutoir » (Huchard). nr
Murchison a écrit que ces intermittences peuvent être provoquées par « l'usage de certains aliments». Ila même cité l'exemple d’un goutteux dyspeptique, arrivé à l’âge de quatre-vingt ans après avoit pré” senté pendant cinquante années des intermittences cardiaques. ga Hot
M. Huchard a suivi plusieurs malades, et nous en rapportons plusieurs observations, qui présentent ces intermittences depuis six ans, dix ans, quinze ans, sans autre trouble eirculatoire et sans aucun indice de lésion cardiaque. k
Nous mêmes pouvons en rapporter l'observation suivante qui nous est personnelle et qui vientencore confirmer les vues précédentes.
M. C..., âgé de 68 ans, saas antécédents héréditaires ni personnels, très bien portant et d’une bonne constitution, ressentit il y a une quinzaine d’années une sensation d'angoisse de courte durée dans la région du cœur. Cette sensation se reproduisant, il s'aperçut qu’elle coïncidait avec une absence momentanée du pouls. C'était donc une intermittence vraie. Depuis cette époque M. C... est toujours bien portant ; il a pu exercer sa profession très fatigante sans aucune interruption, il n’a jamais eu de troubles circulatoires ; les intermittences sont seulement devenues plus fréquentes et reviennent assez irrégulièrement laissant entre elles s’accomplir 9 ou 10 systoles régulières. La première con traction qui suit l’intermittence est ample et plus forte que les
suivantes,
AE
Les causes de ces intermittences sont le plus souvent des troubles digestifs. C’est ainsi que les diplomates, les gens du monde obligés de manger trop souvent en ville, les collégiens forcés de manger trop vite ressentent souvent des palpitations, des intermittences, présentent des irrégularités du cœur.
L'abus du thé, du café, du tabac surtout paraissent également jouer un rôle dans la production deces intermittences.
Si ces dernières ne sont pas « physiologiques » comme le pensent certains auteurs, elles n'indiquent pas non plus l’existence d’une cardiopathie vraie, etil est bon d’être prévenu à cet égard.
Pouis instable.
Le pouls instable est peu connu et à ce sujet la plupart des auteurs gardent le silence.
Au cours de l'épidémie degrippe de 1890,M. Huchard (1) a signalé ua caractère important du pouls et l’a désigné sous le nomde pouls « instable ». Cela veut dire que les pulsations s’accélèrent rapidement et d’une façon exagérée sous l’influence du moindre mouvement et même seulement par l’action de se porter de la position horizontale à la position verticale. C’est là évidemment un symptôme d'hypotension artérielle et quelquefois même celle-ci peut être assez accusée pour produire le phénomène de l’embryocardie. à Ce pouls instable s’observe non seulement dans le
1, Huchard. Du pouls instable, 1890,
D RTE cours de la grippe ou longtemps encore après elle, mais encore dans la convalescence des maladies graves comme la fièvre typhoïde, danstous les états adynamiques, dans la chlorose, le goître exophtalmique et surtout dans une forme de neurasthémie caractérisée par un abaissement plus ou moins considérable de la préssion sanguine. .
L'écart physiologique entre le nombre des pulsations dans la position horizontale et celui des pulsations dans la station verticale (6 à co) peut atteindre un chiffre très élevé comme 15, 20, 30 et même 40 pulsations. é
Nous rapportons l'observation d’un neurasthénique grand amateur de peinture qui, ne pouvant se tenir debout en raison de la grande accélération du pouls survenant par le passage de la position couchée à la station verticale (90 à 130 et même 140 puls.), était obligé de se traîner en voiture pour visiter les musées.
L'état d’instabilité du pouls, effet d’une réelle parésie vaso-motrice qu’on observe dans certaines convalescences de maladies infectieuses, finit par disparaître en quelques semaines où en quelques mois, d’autres fois cette instabilité persiste pendant plusieurs années et c’est aiors que certains de ces malades sont exemptés et à tort du service militaire comme atteints d’une affection du cœur alors que ce dernier organé est absolument indemne.
Ce pouls instable est justiciable d’un traitement rationnel. Survenant le plus souvent dans la neuras-
ANS ET Sr
FH de
thénie, c’est cette maladie qu’il faudra traiter : L’hy- .drothérapie, sous toutes ses formes, la vie au grand air, plus tard des exercices gradués seront prescrits. Quant à l’hypotension artérielle, elle sera combattue par des injections d’ergotine.
Nous rapportons des observations où ce traitement a produit de très bons résultats,