‹ Les faux don SébastienChapitre 20 sur 54 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La Seigneurie instruit le procès de l'averiturier. — Fray Chrysostônie, l'un de ses affidés. — Dépêches de l'ambassadeur de France. — Fray Estevam arrive à Venise. — On ne lui permet pas de voir le prisonnier. — Il se met en rapport avec le sénateur Marco Quirini, qui lui conseille de se rendre en Portugal, pour se procurer des indications tendant à faire reconnaître l'identité du prisonnier. — Fray Estevam revient à Venise, accompagné du chanoine Hodrigues da Costa et rapporte le signalement de D. Sébastien. — On cherche vainement à décider la Seigneurie à examiner le prétendu roi. — D. Joam de Castro arrive à Venise.

Il y avait près d'une année que notre aventurier était enfermé dans les prisons de Venise sans que la Seigneurie eût décidé de son sort. Pendant ce temps-là, surtout après les premiers six mois, lorsqu'il eut été transféré dans une prison moins rigoureuse, où il se trouva de compagnie avec quatorze ou seize autres prisonniers, il put avoir par moments des rapports occultes avec quelques-uns de ses affidés, notamment avec Fray Chrysostônie. Celui-ci, le plus convaincu en apparence de ses adhérents, lui faisait parvenir des livres portugais,

lui transmettait des nouvelles du dehors, et le tels

nait au courant des efforts que les Portugais faisaient pour adoucir sou sort.

Le procès avait été tout d'abord déféré à quatre juges, constituant, dans l'administration judiciaire de Venise, ce qu on appelait le petit collège. Interrogé plusieurs fois, le prisonnier soutint constamment qu'il était le roi D. Sébastien de Portugal, et débita, à peu de chose près, le récit que nous avons rapporté d'après D. Joam de Castro.

Voici en quels termes M. de Villiers-Séguier, ambassadeur de France à Venise, avait rendu compte à son gouvernement de l'arrestation du prétendu roi.

« Celui qui se dit être Sébastien, roy de Portu- « gai, se tient ici ; mais sur les instances faites par « l'ambassadeur d'Espagne, le 25 du mois passé, le « capitaine du Grand, qui est le premier capitaine « de la ville, fut le prendre la nuit, par le com- « mandement de la Seigneurie; l'on a aussi einpri- « sonné quelques particuliers, au nombre de cinq « ou six, pour par leur bouche découvrir le fond u de cet artifice. J'ai appris qu'encore que le Sé- « bastien prétendu se tienne ferme en ses préten- « tions et sans se couper en ses réponses, que a néanmoins on a découvert qu'il était Calabrais « de naissance, et on travaille, à l'instance de « l'ambassadeur d'Espagne, à pénétrer le plus a avant que l'on pourra en cette affaire, pour dé- « couvrir s'il y a autre chose que l'imposture de

m cet homme. Si Ton eût reconnu en ce fait quel- « que chose de sérieux et qui pût être ménagé « avec fruit, Ton y eût travaillé ; mais étant bien « averti de ce-dessus, l'on a cru qu'il ne l'en fallait « empêcher. La fin sera de le pendre, comme on « le demande, ou pour le moins de lui faire épou- « ser une galère pour la vie *. »

Environ quatre mois plus tard il écrivait :

« Les Vénitiens ont voulu prendre une résolu- « tion sur le prétendu roy de Portugal, qu'ils « tiennent prisonnier depuis tant de temps. L'opi- « nion n'a été ni pour sa mort ni pour le tenir en « galère perpétuelle ; la conclusion a été qu'il de- « meurât toujours prisonnier à la dépense de « Saint-Marc, arbitrée à un quart déçu par « jour8. »

Bientôt après l'ambassadeur rendait compte au roi de la manière dont les juges vénitiens avaient traité et envisagé la question, et des opinions émises à cet égard dans le conseil.

« J'ajouterai, disait-il, à l'avis ci-dessus donné « à Votre Majesté du jugement rendu contre le « prétendu roy de Portugal, ce que j'ai appris des

1 Lettre datée du 0 décembre 1598. — Manuscrits de U Bibliothèque impériale, fonds français, 18039, page £5 verso.

3 Lettre datée du 19 mars 1599. — Manuscrits de la Bibliothèque impériale, fonds français, 18939, page 100 verso.

« motifs d'icelui, m'en étant voulu éclaircir, pour « ce qu'il me semblait étrange qu'ils se fussent « contentés de le retenir prisonnier, vu que leur « demeurait très-constant que le dit prisonnier est «t un imposteur, car même étant interrogé de la « marque que son confesseur ordinaire avait au « visage, il n'en put répondre, bien qu'il fût re- « connu que le dit confesseur était borgne d'un « œil; qui est chose de laquelle, étant vraiment le « roy, il se pouvait ressouvenir. J'ai appris qu'ils (x furent divisés en deux opinions. In Pregadi *, les « uns, voulant donner contentement au roy d'Es- « pagne, étaient d'avis qui de la mort, qui de la a galère perpétuelle ; les autres, désireux de con- « server la liberté de la république, en laquelle il « s'était réfugié, étaient d'avis que les prisons lui « fussent ouvertes avec avertissement de se re- « tirer. Les uns et les autres, pour s'accorder, re- « vinrent à le retenir prisonnier, car en ce faisant, « le roy d'Espagne était plus satisfait que si l'on « lui eût ouvert les prisons, ce qui était approcher « l'intention des uns; et la franchise de la répu- « blique demeurait dans son entier, ce qui était « recherché par les autres. » • •

L'agent diplomatique français terminait sa dé-

1 On désignait sous le nom de Pregadi (invités) les grandes assemblées où siégeaient, sous la présidence du doge, tous les principaux fonctionnaires de la république. La grande salle du Sénat du palais ducal a conservé le nom de Sala tlei Pregadi.

igmzeo

— Tu —

pêche en disant que les Vénitiens pensaient qu'il y avait grand avantage à garder le prisonnier , attendu qu'il pourrait se faire « qu'un jour le roy d'Espagne le reçût d'eux comme un grand présent » ; qu'à cet effet, il faudrait le tenir c en chambre tapissée et en faire un peu plus de cas qu'auparavant, » afin de rendre par là le cabinet de l'Escurial plus prévenant envers la Seigneurie1.

Nous pouvons d'autant plus ajouter foi aux informations de M. de Villiers-Séguier, qu'il ne peut être soupçonné d'attachement à l'Espagne.

D. Joam de Castro, dont la ferme conviction ou l'entêtement ne se décourage pas facilement, explique à sa façon l'ignorance du prétendu roi sur certains faits au sujet desquels les juges l'interrogeaient.

« Au commencement, dit-il, persuadé qu'on « voulait lui rendre justice, le roi répondit d'une « manière satisfaisante aux questions qu'on lui « adressa ; mais ayant reconnu qu'on n'avait pour « mobile que la curiosité et pour but que de s'en- (( quérir de sa vie et de ses aventures, sa suscepti- (( bilité se réveilla et il résolut de ne plus ré- « pondre exactement. Il disait le contraire de ce « qu'il savait sur les faits qui le concernaient, et « lorsqu'on le ramenait dans sa prison, il s'ouvrait

4 Lettre datée du 3 avril 1599. — Manuscrits dé la Bibliothèque impériale, fonds français, 18039, |>age 110 verso.

« à ses compagnons, leur rapportait les questions « qu'on lui avait posées, la manière dont il aurait « pu répondre et les raisons qui l'avaient porté à « parler autrement 1 .

Il fallait tout le parti pris ou toute la crédulité de D. Joam de Castro pour admettre comme il le faisait la compétence des hôtes des prisons de Venise sur l'appréciation et la portée des discours de leur compagnon de captivité.

Au surplus, le prétendu roi, suivant ce que disaient ses partisans, avait su leur commander le respect par des preuves d'une vigueur extraordinaire, et en même temps s'attirer leur affection par son caractère doux et conciliant a.

Il ne manquait pas d'ailleurs de faire étalage des sentiments de dévotion qui lui avaient déjà valu, avant son incarcération, quelques sympathies. Grâce à des pratiques religieuses répétées, et aux messes qu'il faisait dire avec une partie de l'argent qui lui était alloué ou donné pour son entretien, il avait réussi à se rendre favorables des prêtres et des personnes dévotes 3 .

Cependant, vers la moitié de l'année 1599, arrivait à Venise Fray Estevam de Sampayo. Ce religieux, de l'ordre d^s dominicains, entretenait,

1 D. Joam de Castro t Discnrso da vida do sempre bem vindo e apparecido Rey D. Sebastiam, etc., chap. xvu, p:tges 70 verso, 71 verso et 73.

* Le Père Joseph Tcixeira : Suite d'un discours intitulé : Adventure admirable touchant D. Sébastian, rotj de Portugal, etc., pjges 52 et suiv.

3 D. Joam de Castro : Discurso da vida do sempre bem vindo e apparecido Heu D. Sehaittiam, etc., chap. xyh, page 72 verso.

comme nous Pavons vu précédemment, des relations avec D. Joam de Castro. 11 avait été très attaché à la famille des comtes de Vimioso, dont le chef, partisan zélé et principal confident de D. Antonio, avait reçu de lui la dignité de connétable de Portugal. Ce fut probablement à cause de ses relations avec cette famille que Fray Estevam se lança dans le parti du prétendant D. Antonio. Ce dévouement -lui valut d'abord un emprisonnement, et ensuite sa réclusion dans un couvent ; mais il réussit à s'évader et passa en France. Détestant les étrangers qui avaient asservi son pays, plein d'activité, fort entêté, passablement instruit, il causa de grands embarras au gouvernement espagnolen prenant en main la cause du prétendu roi D. Sébastien. ïl le servit dti reste avec un dévouement qui pourrait bien être une garantie de sa bonne foi. ■

A Rome, où il alla avant de se rendre à Venise, il feignit de vouloir se faire pardonner ses fautes par le général de son ordre. Il obtint alors, grâce à l'intervention du duc de Sessa, ambassadeur d'Espagne, et de Gonçalo Mendes de Vasconcellos, agent portugais, la remise de son châtiment et l'autorisation de rentrer dans le couvent de San- Gonçalo d'Amarante.

Arrivé à Venise, il se mit en rapport avec les personnes qui protégeaient le prisonnier, lui fit, par leur entremise, tenir quelques secours, des nouvelles et des livres portugais, et ne tarda pas à

se persuader qu'il était le vrai roi D, Sébastien1. . /»i

Cependant, chez un homme désintéressé ou moins aveugle, l'identité de l'imposteur n'aurait pas manqué de soulever bien des doutes.

Voici ce qu'apprit bientôt Fray Estevam. Le prétendu roi, ayant eu vent que la Seigneurie voulait le faire arrêter, avait demandé à Fray Chrysostome trente écus pour s'enfuir, somme que le dominicain ne put parvenir à lui procurer. Déçu de ce côté, il avait fait une semblable demande au négociant Nuno da Costa; mais ce dernier lui ayant adressé quelques questions pour s'assurer • s'il était vraiment le roi D. Sébastien, en avait reçu cette réponse hautaine : « Je n'ai ni satisfaction ni explications à donner à mes sujets. Beati qui non viderunt et credidcrunt*. »

On savait de plus que lors de son séjour à Vérone , il avait écrit au sénateur Marco Quirini une lettre signée «D. Diego de Aragon», nom qu'il avait adopté, pour lui demander quelque argent, en alléguant des services rendus à la république 3.

1 Lettre du juge apostolique D. Luciano de Kegron au roi Philippe ///, • datée du 1er juillet 1603. — Mémorial del Pleilo contra Fray Estevan, Fray lioaven'ura y Fray Francisco Amaldo. — Sumario de las confesiones de Fray Estevan. — Archives de Simancas. Estado. Liasse 197.

- Lettré du juge apostolique D. Luciano de Negron au roi Philippe ïll, datée du 1er juillet 1603. — Mémorial del Pleilo contra Fray Estevan, Fray fioaventura y Fray Francisco Amaldo, — Sumario de las confesiones de Fray Esievan. — Archives de Simancas, Estado. Liasse 197.

3 Lettre du juge apostolique I). Luciano de Negron au roi Philippe ///, datée du l,r juillet 1603. — Mémorial del Pleito contra Fray E«tevany Fray Fioaventura y Fray Francisco Ansaldo. — Sumario de las confe-iones de Fray Estevan. Archives de Simancas. Estado. Liasse 197.

Tout cela glissa sur l'esprit préyenu de Fray Esrtevam. , \

A vrai dire, la haine de la domination espagnole agissait si puissamment sur son cœur, et, d'un autre côté, les assertions de D. Joam de Castro -étaient si péremptoires et si bien gravées dans tous les esprits, que Fray Estevam et la plupart des Portugais qui plus tard s'employèrent à Venise et ailleurs dans cette affaire étaient d'avance à moitié convaincus. ^

Le sénateur Marco Quirini lui-même paraît avoir partagé cet entraînement, car il est plus d'une fois l'objet des éloges de D. Joam de Castro. » x

D'après le conseil de ce dignitaire de la république, Fray Estevam, qui n'avait pu obtenir de voir le détenu, se rendit en Portugal. Son voyage avait pour but d'obtenir l'indication exacte des marques et signes qui devaient servir à établir l'identité du prisonnier avec l'auguste personnage dout il prenait le nom.

Quelques autres personnes aussi , mues par un sentiment de curiosité ou d'intérêt, s'étaient rendues à Venise afin de reconnaître ou de favoriser le prétendant. Nous trouvons mention de leur passage en cette ville dans une dépêche de D. Inigo de Mendoça à Philippe III :

« J'appelle de nouveau l'attention de Votre Ma- « jesté sur la nécessité de faire surveiller ces

« moines de San-Francisco qui sont dernièrement « partis de Venise, comme j'en ai averti Votre Ma- « jesté, très-mécontents du refus qu'on leur avait « fait de leur laisser voir ce charlatan. Ce sont ces « moines qui sèment des troubles en Portugal; a Fray Antonio de Sousa, fils de Martim Affonso de* « Sousa, custodio de la province de Portugal, Fray « Lourenço de Portugal, vice-provincial de la pro- « vince des Algarves, et Fray Luiz dos Anjos, eus- « todio de la môme province. Outre ces person- « nages , trois autres Portugais ont passé à Venise « ces jours derniers, et l'un d'eux est, dit-on, le « fils puîné de D. Antonio, qui se rend à Constance tinople, pour s'entendre avec le Turc, et l'indis- « poser contre Votre Majesté. Deux autres Portu- « gais se trouvent encore ici. Ils sont venus dans « l'intention de reconnaître ce fourbe, et, attendu « la certitude que nous avons de l'imposture, il me « semble que, pour couper court aux embarras que « cela peut occasionner en Portugal, il serait à « propos que Votre Majesté envoyât à Venise des « personnes consciencieuses et qui ont véritable- « ment bien connu le roi D. Sébastien1. »

Dans les derniers mois de 1 599, Fray Estevam arrivait à Lisbonne pour se procurer, ainsi que nous l'avons dit, l'indication des marques et signes

' Lettre datée de Venise, du 5 février 1600. — Archives de l'Empire, section de Simancas. Carton K, 1677. G. 6, doc. 19.

nécessaires pour les confrontations, ainsi que des secours pour le prisonnier.

LechanoineLourençoRodrigues da Costa, auquel il s'adressa d'abord , espérait les trouver par l'entremise de D.Nuno de Mascarenhas, qui, disait-on, possédait aussi plusieurs lettres de D. Sébastien. Mais il ne put rien obtenir de ce côté-là, et ce fut le notaire Thomé da Cruz, secrétaire du légat apostolique, qui, après avoir bien cherché, et s'être adressé priocipalement à des personnes âgées, parvint à lui donner satisfaction \

1 Lettre du juge apostolique D. Luciano de Negron au roi Philippe ///, datée du 1er juillet 1603. — Mémorial del Pleito contra Fray Estevan, Fray Boaventura y Fray Francisco Ansaldo. — Sumario de las confesiones de Fray Estcvan. — Archives de Simancas. Estado. Liasse 197.

Voici les seize marques et signes que Ton prétendait exister sur le corps du roi D. Sébastien :

« 1° La main droite plus grande que la gauche;

< 2° Le bras droit plus long que le gauche;

< 3° Le corp9, depuis les espaules jusqu'à la ceinture, si court que son » pourpoint ne peut servir à autre, mesme de sa taille.

«« 4° De la ceinture jusqu'aux genoux, il est fort long; r 5° La jambe droite plus longue que la gauche; « 6° Le pied droit plus grand que le gauche; « 7° Les orteils presque égaux ;

« 8° Au petit orteil du pied droit, il a une verrue qui lui croist, laquelle « paroist comme un sixième orteil ;

« 9° L'empeigne, ou col-de-pied, fort haut et eslevé;

■ 10° Sur une espaule un seing de la grandeur d'un vintem de Portugal,

monnoye telle qu'une pièce de trois blancs de Fr.nce, des plus petites et « anciennes;

« 11° En l'espaule droite, vers le chignon du col, un seing noir, de la granit deur d'une petite ungle.

« 12° Il a des lentilles au visage et aux mains, non guère apparentes, et « qui ne le sait ne les pourra voir.

« 13° 11 a le corps de la partie gauche plus court que de la droite, de « manière qu'il boite sans qu'on l'aperçoive. [Sic.)

« 14° Il lui manque une dent du costé droit en la mâchoire basse;

« 15° Une marque secrète ;

« 10" II a d'abondant un signal fort secret, qui se dira quand il en sera «■ besoing.

• Outre ces secrèles enseignes, il en a plusieurs autres qui se peuvent voir :

Ce ne fut cependant que vers le mois de mai de l'an 1600 que tout fut prêt et que le chanoine Rodrigues da Costa se décida à accompagner Fray Estevam. Arrivés tous deux à Aveiro, où ils devaient s'embarquer pour retourner en France et de là en Italie, ils y rencontrèrent, en la personne de Bernardino de Sousa, un partisan zélé de l'existence du roi D. Sébastien. Ils en obtinrent de l'argent et la promesse d'un actif concours *.

A la fin de juin les deux religieux étaient à Venise. Après avoir vainement tenté d'obtenir que l'on procédât à la reconnaissance du prisonnier, Fray Estevam écrivit à ses amis pour les prier de lui venir en aide. D. Joam de Castro, qui se trouvait alors à Paris de retour d'Angleterre et des Pays-Bas, où il avait pleinement échoué dans son projet d'intéresser la reine Marie et les États généraux en faveur du prétendu roi, répondit le pre-

« comme les doigts de la main longs et les ungles de mesme. La lèvre d'Aus- « triche, comme son ayeul Charles V, empereur, père de sa mère, et de son ■ ayeule Catherine, reine de Portugal, mère de son père, sœur dudit Charles V. « Les pieds petits et les jambes courbes, etc. Toutes ces marques sont nées « quant et luy.

« Il a d'abondant une marque d'arebusade, qui luy fut donnée en la ba- « taille d'Aphrique.

« Une autre inarque de blessure en la teste. « Une autre sur le sourcil droit. »

Le Père Josepd Teixeira: Adventure admirable par-dessus toutes les autres des siècles passez et présents, par laquelle il appert évidemment que D. Sebastien^ vray et légitime Iloy de Portugal, incognu depuis la bataille qu'il perdit contre les infidèles en Aphrique, l'an 1578, est celuy mesme que tes seigneurs de Venise ont détenu prisonnier deux ans et vingt-deux jours, finis au xv décembre dernier passé, etc., etc.. MDCI, page 76.

1 Lettre du juge apostolique D. Luciano de Negron au roi Philippe ///, datée du 1er juillet 1693. — Mémorial del Pleilo contra Fray Estevan, Fray Uoaventura y Fray Franscico Ansaldo. — Sumario de las coufesioncs de Kray Estevan. — Archives de Simancas. Estado. Liasse 197.

mier à son appel. Les Portugais Diogo Manoel Lopes et Miguel do Canto lui fournirent les fonds pour le voyage, et le 28 juillet il arrivait à Venise \

1 D. Joani de Castro : Discurso du vida do setnpre bem vindo e apjiarevido Rey I). Sebasliam, etc., ehap. xv, page 58 vorso.

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