CHAPITRE VI
Lo prétendu roi et Fray Chrysostômo passent par Padoue et arrivent a Florence. — Ils sont arrêtés. — Lettre de l'ambassadeur d'Espagne rendant compte de cette arrestation — Mesures qu'il avait prises à cet effet.
— Désappointement de* Portugais à leur arrivée à Florence. — Fray Chrysostôme est relâché. — Ils intercèdent auprès du grand-duc en faveur du prisonnier. — Insuccès de leurs démarches. — Ils se séparent.
— D. Joam de Castro retourne à Paris. — Ses écrits et ceux du Père Teixeira. — Nuno da Costa abandonne la cause du faux roi. •— Lettre de l'ambassadeur d'Espagne à cet égard. — Le grand-duc de Toscane remet l'imposteur entre les i^ains des autorités espagnoles d'Orbitello. — On le conduit à Naples où il est enfermé dans une forteresse. — Les Vénitiens semblent ne pas approuver le procédé du grand-duc. — Propos attribué à tonri IV.
Mais que devenaient le prétendu roi et son compagnon, Fray Chrysostôme, pendant que les Portugais s'apprêtaient à aller les rejoindre à Florence?
La gondole dans laquelle ils étaient partis de Venise les mena à Chioggia. De là, ils se dirigèrent sur Padoue et prirent, par Ferrare, le chemin de la capitale des Etats du grand-duc de Toscane. Au moment du départ ils étaient tous deux en costume de prêtres ; mais, à partir de Padoue, le faux
roi se débarrassa du froc et prit la cape et l'épée \
Ils arrivèrent à Florence vers le 20 décembre ; ils descendirent dans une auberge qu'ils quittèrent bientôt pour aller se loger dans un couvent de l'ordre de Saint-Bernard, comptant pouvoir y attendre les compagnons avec lesquels ils devaient aller s'embarquer à Livourne pour Marseille, d'où ils se rendraient à Paris.
Soit faute de précautions suffisantes pour se cacher, soit que la surveillance exercée sur eux par les agents de l'ambassadeur espagnol à Venise fût si attentive qu'elle ne leur permît pas de s'y soustraire, ils ne tardèrent pas à être découverts. Ils étaient à peine installés au couvent, qu'un soir on vint les prendre pour les écrouer tous deux dans la prison du Bargello.
L'ambassadeur d'Espagne à Venise, eu entretenant le roi, son inaîtrè, de cette arrestation, lui disait à la date du 6 janvier 1601 :
« Aussitôt que j'ai appris la résolution de la Sei- « gneurie de relâcher le charlatan, je me suis « adressé à Asdrubal de Montagudo qui représente « ici le grand-duc ; et je lui ai fait comprendre « combien il allait du service de Votre Majesté que < l'on fît arrêter ce mystificateur, si, comme on le
1 Le Père Joseph Toixeira : Advenlure ndthirable par-dessus toutes les autres des siècles passez et présents, etc., page 95. — Lettre de Pantaléon Pessoa à l). Manoel, fil* de D. Antonio.
« croyait, il passait par les Etats toscans. . . * « Il a été arrêté à Florence, le 27 ou le 28 du « mois dernier, par suite d'un ordre que le grand- « duc expédia d'une maison de campagne, appelée « l'Ambroziana, où il se trouvait en ce moment-là. « On a arrêté en même temps un moine de Tordre « de Saint-Bernard qui accompagnait le charlatan « et que je crois être le même qui l'assistait ici de- « puis longtemps. Le grand-duc craignant le ressen- « timent du Pape, qui, en fait de juridiction ecclé- « siastique est fort difficile, n'a pas osé le retenir « en prison et l'a fait relâcher, car il prétendait « qu'en sa qualité de prêtre il ne pouvait pas être « arrêté par la justice, séculière *. »
Dans une autre lettre du même ambassadeur, en date du 20 janvier, nous trouvons la trace d'un conflit auquel cette arrestation paraît avoir donné lieu.
« Le grand-duc m'écrit, en date du 12 courant, « qu'à la suite de l'emprisonnement de l'impos- « teur, il a eu fort à faire pour calmer les plaintes « du nonce, qui prétendait que cette arrestation « n'aurait pas dû se faire dans un couvent *. »
Ferdinand Ier de Médicis s'était, en efïet, montré
' Archives de l'Empire, section de Simancas." Carton K. 1677. G. 0, doc. 90.
' Archives de l 'Empire, section de Simancas. Carton K. 1077. G. 0, doc. 93.
en cette occasion le bon ami du roi d'Espagne. Ce n'était pas là ce qu'attendaient ceux qui s'intéressaient au prétendu roi D. Sébastien. A les entendre, le grand-duc, loin de nuire à ce personnage lui prêterait aide et protection, grâce à la manière dont il lui était recommandé, disaient-ils, par plusieurs princes et surtout par le roi de France l.
L'alliance que le monarque français venait de contracter avec la maison de Médicis aurait dû, en effet, donner un certain poids à cette recommandation, si toutefois elle a existé *.
Pantaléon Pessoa et D. Christovam, qui étaient arrivés à Florence les premiers, avaient déjà essayé d'intercéder auprès du grand-duc en faveur du prisonnier ; mais la manière dont ils furent reçus ne les encouragea pas à persévérer dans leurs tentatives. On leur fit dire que dans leur propre intérêt on les engageait à s'éloigner le plus tôt possible3. Ils voulurent cependant attendre leurs compagnons qui étaient partis de Venise et qui arrivèrent le 4 janvier.
1 Archives de l'Empire, section de Simancas. Cartou K. 1677. G. 6T doc. 90.
Nous donnerons à la fin de cet ouvrage deux lettres adressées à cette occasion par le grand-duc de Toscane au roi catholique. Elles nous semblent curieuses à cause de la déférence presque humble avec laquelle le grand duc s'exprime. — Vide note D.
* Henri IV avait épousé l'année précédente (1600) Marie de Médicis, fille du grand-duc de Toscane, François l'r,et nièce du grau d-duc, Ferdinand Ier, qui lui succéda, « non sans le soupçon d'avoir hâté la succession en em- « poisonnant son frère et sa belle-sœur. » — Feuillet de Conchcs : Causeries d'un curieux, tome III, 18G4, page 177.
3 Resposta que os Irez Eslados do Heyno de Portugal mandatant a D. Joam de Castro, etc., chap. xm, page 241.
Fray Chrysostôme, qui venait d'être relâché, les informa de ce qui s'était passé, et on décida que l'on tenterait encore quelques démarches pour essayer d'obtenir l'élargissement du prisonnier.
Ils décidèrent qu'un d'eux chercherait à se faire admettre auprès du grand-duc, et que pour parvenir plus facilement jusqu'à lui, il se ferait passer pour un gentilhomme français, qui, de passage à Florence, désirait lui présenter ses hommages. D. Ghristovam ayant refusé de se charger de cette mission, on choisit Diogo Manoel Lopez, et, dans la crainte que le prince ne voulût pas l'écouter, il fut muni d'un mémoire, relatant tout ce qui s'était passé au sujet du prétendu roi D. Sébastien. Ce mémoire fut signé par tous les Portugais qui se trouvaient à Florence, à l'exception de D. Christovam et de Pantaléon Pessoa, qui ne tardèrent pas à se séparer d'eux \
Diogo Manoel parvint à aborder le grand-duc, lequel n'eut pas plutôt entendu ce dont il s'agissait, qu'il le renvoya immédiatement à l'archevêque de Pise, qui paraît avoir été, en cette circonstance, un zélé partisan du roi catholique . Ce prélat reçut le messager assez froidement et l'engagea à se retirer, lui disant de ne pas attendre de réponse du grand-duc, qui déciderait selon qu'il serait juste
' D. Joam de Castro : Diseur so da vida do sempre bem vindo e apparecido Rey D. Sebastiani, etc., chap. xxi, page 107.
• D. Joain de Castro : Discurso da vida do sempre bem vindo e apparecido Hetj D. Sebasliam, etc., cliap. xxi, page 107v^rso.
Les partisans du faux D. Sébastien étaient trop entêtés pour se rebuter de cet échec. Ils décidèrent que D. Joam de Castro et Manoel de Brito tenteraient encore une démarche auprès de l'archevêque de Pise, qui était le principal conseiller du grand-duc.
L'insuccès fut le même. L'archevêque les congédia en leur disant que le chef de l'Etat ne voulait pas s'occuper pour le moment de cette affaire, et il les engagea fort à quitter Florence. Les deux émissaires, probablement dans l'intention de savoir à quoi positivement s'en tenir, lui demandèrent ce qu'ils pourraient dire aux grands personnages qui s'intéressaient au prisonnier; le prélat leur répondit sèchement de dire ce que bon leur semblerait, cela étant tout à fait indifférent au grandduc, et il ajouta enfin qu'ils auraient beau rester là plusieurs mois encore qu'ils n'obtiendraient pas d'autre réponse, ni d'autre solution
Les partisans de l'imposteur purent alors se convaincre qu'ils n'avaient rien à attendre de ce côté-là. Ils résolurent donc de se séparer et ils quittèrent tous Florence, à l'exception de Fray Estevam, qui y resta jusqu'à ce qu'il reçut l'ordre précis de sortir de la ville *.
1 D. Joam do Castro : Discurso da vida do sempre bem vindo e apparecido Hey D. Sébastian^ etc., chap. xxi, page 108.
2 lettre du juge apostolique D. Luciano de Negron^ adressée au roi Philippe ///, en date du 1er juillet 1603. — Mémorial del Pleito contra Fray Estevany Fray Ûoaventura y Fray Francisco Amaldo. — Sutnario de las Confesiones de Fray Estevan de Sampayo. — Archives de Simancas. Estado. Liasse 197.
I). Joam de Castro revint à Paris où il entreprit le livre auquel nous avons eu souvent recours, et qui, par la suite, devint, pour ainsi dire, l'évangile des sébastianistes. Sa haine ou sa rivalité contre Fray Estevam s'y manifestent plus d'une fois, et il va même jusqu'à l'accuser de trahison, ainsi que Fray Chrysostôme «.
Nous verrons plus tard combien cette accusation était mal fondée.
. A partir de ce moment, D. Joam de Castro cesse de jouer le principal rôle dans cette intrigue. Mais s'il ne voit plus le prétendu roi, il ne continue pas moins, par ses écrits, par ses démarches et par ses menées, à lui chercher des partisans et à conspirer pour lui. Il fut en cela puissamment aidé par le Père Joseph Teixeira. Les écrits de ces deux hommes, la sympathie qu'inspirait le Portugal opprimé, et, plus que toute autre chose, les récits favorables que les émigrés portugais faisaient dans les diverses cours d'Europe, rendirent l'imposteur trop intéressant. Le gouvernement espagnol eut le tort de ne pas combattre toutes ces faussetés par des écrits dans un sens opposé, et par son silence il contribua, sans s'en douter, à donner à cette grossière imposture un retentissement que nous avons aujourd'hui bien de la peine
1 D. Joam de Castro : Discurso da vida do sempre bem vindo e apparecido Rey D. SebasUam, etc., chap. xxu, page 108 verso, qui a pour tilre : « km o quai se referem algumas culpas dos dons frade* que entregaram u el Rey D. Scbastiam a sens inimigos. «
à comprendre. Dans un pareil milieu il n'est pas étonnant que les auteurs contemporains, subissant des influences si diverses aient hésité à se prononcer sur un sujet que les parties intéressées avaient réussi à rendre extrêmement obscur. Les écrivains d'une époque plus récente, qui se sont guidés sur leurs devanciers, n'ont pas été plus explicites *.
L'échec de Florence fit cependant réfléchir quelques-uns des Portugais qui s'employaient dans cette affaire.
Fray Chrysostôme cessa de s'en occuper, au moins d'une manière aussi active qu'auparavant.
Les rapports immédiats qu'il avait eus avec le faux D. Sébastien, durant le voyage de Venise à Florence, lui avaient peut-être enlevé une partie de ses illusions, et les quelques jours de prison qu'il subit à Florence avaient bien pu, en outre, le faire réfléchir sur les inconvénients de se consacrer à la défense des royautés douteuses. Il entra dans un couvent à Parme où la justice èspagnole réussit, plus tard, à l'atteindre *.
« Palma Cayet : Chronologie septénaire, paga 151. Collection Michaud et Poujoulat. lre série, tome XII. — Pierre de l'Estoilc . Registre-Journal de Henri IV, 1er juin 1601. Idem* 2e série, tome I. — D'Aubigré et Maillé : Histoire universelle, édition de 1620, tome III, page 513. — Schafer : Geschichte von Portugal. Hambourg, 1852, tome IV, page 405. — Fortia d'Urban et Miellé : Histoire générale du Portugal ', édition de 1829, tome VI, pages 270 et suivantes. — M. de La Clede : Histoire générale de Portugal, édition de 1733, tome II, liv. XXI, pages 162 à 170. — J-B. de Rocoles : Les imposteurs insignes , édition d'Amsterdam, 1683, pages 253 et suivantes, etc.
5 Parrafos de la Confesion de Fray Chrysostomo de la Visilacion, — Archives de Simancas. Estado. Liasse 438.
Un autre Portugais, Panialéon Pessoa de Neiva, qui, en quittant Florence pour se rendre en Allemagne, avait repassé par Venise, semblait aussi passablement désabusé.
L'ambassadeur d'Espagnç à Venise disait de lui :
« Dans le commencement, il avait afBrmé que le « prisonnier était bien le roi D. Sébastien ; mais « voyant l'affaire en mauvais état, il dit à présent « le contraire et ajoute que le roi catholique ne « tardera pas à accepter la soumission de D. Chris- « tovam et de son frère, ainsi que d'autres Portu- « gais qui avaient suivi le parti de D. Antonio *. »
Tout ébranlé que l'ambassadeur espagnol le crut dans ses convictions, il n'a pas moins écrit la lettre que nous avons déjà citée, et dans laquelle sa foi dans l'imposteur semble complète et entière *.
Nuno da Costa, que nous avons vu un des premiers à s'employer en faveur du prisonnier de Venise, et qui était resté dans cette ville après le départ des autres Portugais, s'était refroidi, même avant ce départ, au point de fournir des renseignements relativement aux menéesde ses compatriotes.
« Peu à peu, écrivait l'ambassadeur, il revient de « ses folies, en disant que l'imposteur ressem-
' Lettre datée du 20 janvier 1601. — Archives de l'Empire, section de Simon cas. Carton K. 1677. G. 6, doc. 93.
1 Le Père Joseph Teixeira : Adventure admirable par-dessus toutes les autres des siècles passez et présents, etc., pages 87 et suivantes. — Lettre de Panlaleon Pessoa à D. Manœl% fils de l). Antonio.
« Liait, en effet, quelque peu au roi D. Sébastien, « mais que l'ayant examiné attentivement, il s était « détrompé. Il se détache peu à peu de ses compa- « gnons et m'a déjà fourni quelques avis impor- « tants au sujet des démarches et des menées de « D. Christovam et des autres Portugais qui étaient « arrivés de France \ »
Le grand-duc garda le prisonnier près de quatre mois, pendant lesquels on le traita assez bien. Cependant, Ferdinand I" de Toscane finit par céder aux instances du roi catholique, et, le 23 avril 1601 , à onze heures du soir, le prétendu roi fut extrait de sa prison et placé dans une voiture qui fut escortée. On prit d'abord le chemin de Sienne et on se rendit à Orbitello, ville appartenant au roi d'Espagne, où il fut remis au gouverneur, qui vint le prendre aux portes avec quelques soldats. On le mena ensuite à Porto-Ercole, et de là on le transporta, sur une galère, à Naples, où il fut enfermé d'abord dans la forteresse appelée Castelnuovo, et transféré ensuite dans celle appeléeCastel delUovo*.
1 Lettre datée du 3 mars 1601. — Archives de l'Empire, section de Simancas. Carton K. 1677. G. 6, doc. 101.
' Copia di una lettera scritta da un gentiluomo spagnuolo, dimoranto à Rom a, ad un conte milanese; laquale à btata trovata tra moite altre qui sono statc tolie ad un corriere, il quale a questi giorni passati venendo da Roma per Milano, fu svagliato tra Bologna c Buon-Porto. Tradotta di spagnuolo in italiano {sans lieu d'impression), 1601, pages 19 à 21. — Cette lettre est adressée au comte Lucio Borromeo, à Milan, et signée D. Alonso de Aguilar Porto-Carrero. — D. Joam de Castro : Discurso da vida do sempre bem vindoe apparecido Rey D. Sebastiam, etc., chap. xxm, p. H8 verso. — Le Pere Joseph Teixcira : Suite d'un discours intitulé : Adventure admirable, etc., 1602, pages 3 verso et 11.
Tant que le faux roi resta à Florence, ses partisans se firent assez d'illusions pour s'imaginer que le grand-duc, tenant compte des recommandations reçues en sa faveur, ne le livrerait pas entre les mains du roi d'Espagne, mais le confierait au Pape, qui prendrait connaissance de cette affaire 4. Aussi, lorsqu'on apprit qu'il l'avait mis au pouvoir du roi catholique, il fut blâmé même par quelques princes. Les Vénitiens eux-mêmes disaient « qu'il aurait bien pu le laisser passer 2. »
Du reste, ajoutaient-ils, cette affaire regardait l'Espagne, et il ne leur appartenait pas d'en prendre connaissance. Cet homme avait été pris pour n'avoir pas obéi à un ordre de la Seigneurie, qui lui avait enjoint de quitter ses Etats. Il en avait été puni par deux ans de détention, au bout desquels on l'avait mis en liberté en renouvelant le même ordre 3.
On prétend que lorsque D. Manoel apprit que le prétendu roi était relâché par les Vénitiens, il vint des Pays-Bas pour l'attendre à Paris, dans la persuasion que l'aventurier pourrait traverser les Etats du grand-duc de Toscane.
D'un autre côté, on raconte que le roi Henri IV, lorsqu'il reçut la nouvelle que le faux D. Sébas-
1 D. Joam de Castro : Uiscurso da vida do sempre hem nndo e apparecido Hey l). Sebastiam, etc., chap. xxm, page 118.
* Lettre de D. Francisco de Vera y Aragon, ambassadeur d'Espagne à Venise, en date du 20 janvier 1601. — Archives de l'Empire, section de Simancas. Carton K. 1677. G. 6, doc. 93.
3 Le Père Joseph Teixeira : Suite d'un discours intitulé : Adventure admirable, etc., page 59.
tien avait été livré au gouvernement espagnol, malgré les recommandations de son gouvernement au grand-duc, en faveur du prisonnier, se serait écrié « qu'à Florence on négociait en toute sorte de marchandises \ »
1 Lettre du juge apostolique D. Ludano de Negron^ adressée au roi Philippe III. en date du 1er juillet 1603. — Mémorial del Pleito contra Fray Estevan, Fray Boaventura y Fray Francisco Ansaldo. — Sumario de las confesionea de Fray Estevan. — Archives de Simancas. Est ado. Liasse 197.