‹ Les faux-monnayeurs, romanChapitre 89 sur 95 · PNEUS OUI. NP ONE T 0 DU COTES ET SSSR UE · texte numérisé non relu

PNEUS OUI. NP ONE T 0 DU COTES ET SSSR UE

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— Parbleu !

— Mais tu sais à quoi ça engage ?

Boris ne savait pas, mais il voulait savoir. Alors autre lui expliqua. « L'homme fort ne tenait pas à la vie », C'était à voir.

Boris sentit un grand chavirement dans sa tête ; mais 1l se raidit et, cachant son trouble :

— C'est vrai que vous avez signé ?

— Tiens, regarde. Et Georges lui tendit la feuille sur laquelle Boris put lire es trois noms.

- — Est-ce que. commença-t-il craintivement.

— Est-ce que quoi ?... interrompit Georges, si brutalement que Boris n’osa continuer. Ce qu’il aurait voulu demander, Georges le comprenait bién : c'était si les autres s'étaient engagés tout de même, et si l’on pouvait être sûr qu'eux non plus ne flancheraient pas.

— Non, rien, dit-il ; mais dès cet instant, il commencça de douter des autres ;:1l commença de se douter que les autres se réservaient et n’y allaient pas de franc jeu. — Tant pis, pensa-t-il aussitôt ; qu'importe s'ils flanchent ; je leur montrerai que j'ai plus de cœur qu'eux. Puis, regardant Georges droit dans les yeux :

— Dis à Ghéri qu’on peut compter sur moi.

— Alors, tu signes ? |

Oh! ce n’était plus nécessaire : on avait sa parole. Il dit simplement :

— Si tu veux. Et au-dessous de la signature des trois Hommes Forts, sur la feuille maudite, il inscrivit son nom, d’une grande écriture appliquée.

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Georges triomphant rapporta la feuille aux deux autres. Ils accordèrent que Boris avait agi très crânement. Tous trois délibérèrent.

— Bien sûr ! on ne chargerait pas le pistolet. Du réste on n’avait pas de cartouches. La crainte que gardait Phiphi venait de ce qu'il avait entendu dire que parfois une émotion trop vive suflisait à oceasionner la mort. Son père, affirmait-il, eïtait

le cas d’un simulacre d'exécution qui... Mais Georges

l’envoyait paître :

— Ton père est du Midi.

Non, Ghéridanisol ne chargerait pas le pistolet Il n'était plus besoin. La cartouche que La Pérouse y avait mise un jour, La Pérouse ne l’avait pas enlevée. C’est ce que Ghéridanisol avait constaté, mais qu'il s'était gardé de dire aux autres.

On mit les noms dans un chapeau ; quatre petits billets semblables et uniformément repliés.. Ghéridanisol, qui devait « tirer », avait eu soin d'inscrire

le nom de Boris en double sur un cinquième qu'il

garda dans sa main ; et, comme par hasard, ce fut celui-là qui sortit. Boris eut le soupçon que l’on trichait ; mais se tut. À quoi bon protester ? Il savait qu'il était perdu. Pour se défendre, 1l n’eût pas fait le moindre geste ; et même, si le sort avait

désigné l’un des autres, il se serait offert pour le.

remplacer, tant son désespoir était grand.

— Mon pauvre vieux, tu n’as pas de veine, crut

devoir dire Georges. Le ton de sa voix sonnait si faux que Boris le regarda tristenient.

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—- C'était couru, dit-il.

Après quoi l’on décida de procéder à une répétition. Mais comme on courait le risque d’être surpris, il fut convenu qu’on ne se servirait pas tout de suite du pistolet. Ce n’est qu’au dernier moment, et quand on jouerait « pour de vrai », qu’on le sortirait de sa boîte. Rien ne devait donner l'éveil.

On se contenta donc, ce jour-là, de convenir de l’heure et du lieu, lequel fut marqué d’un rond de craie sur le plancher. C'était, dans la salle d’études, cette encoignure que formait, à droite de la chaire, une porte condamnée qui ouvrait autrefois sous la voûte d'entrée. Quant à l'heure, ce serait celle de l'étude. Cela devait se passer sous les yeux de tous les élèves ; ça leur en boucheraït un coin.

On répéta, tandis que la salle était vide, les trois conjurés seuls témoins. Maïs, somme toute, cette répétition ne rimait pas à grand’chose. Simplement, on put constater que, de la place qu'occupait Boris à celle désignée par la craie, il y avait juste douze pas.

— Si tu n’as pas le trac, tu n’en feras pas un de plus, dit Georges.

— Je n’aurai pas le trac, dit Boris, que ce doute

persistant insultait. La fermeté de ce petit commençait à impressionner les trois autres. Phiphi estimait qu'on aurait dû s’en tenir là. Mais Ghéridanisol

se montrait résolu à pousser la plaisanterie jusqu’au,

bout.

— Eh bien ! à demain, dit-il, avec un bizarre sourire d’un coin de la lèvre seulement,

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— Si on l’embrassait ! s’écria Phiphi dans l’enthou- |

siasme. [l songeait à l’accolade des preux chevaliers ; et soudain il serra Boris dans ses bras, Boris eut bien du mal à retenir ses larmes quand Phiphi, sur ses joues, fit sonner deux gros baisers d’enfant. Ni * Georges ni Ghéri n’imitèrent Phiphi ; l'attitude de celui-ci ne paraissait à Georges pas très digne. Quant à Ghéri, ce qu’il s’en fichait |...

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