‹ Les Faux UrinairesChapitre 11 sur 31 · A0 LEE · texte numérisé non relu

A0 LEE

la normale. Leur vessie se contracte mal, c’est pourquoi ils pissent . mal. |

Tel est le tableau clinique d'ensemble du neurasthénique urinaire. Au nombre de ces symptômes, il enest un qui par sa prédominance et sa fréquence, tantqu’au point de vue de son traitement, a donné lieu à de nombreux travaux, nous voulons parler de la pollakiurie psychopathique.

A. — LES FAUSSES CYSTITES

$ 1. — Pollakiurie pyschopathique.

Historique. — C'est à notre éminent maitre, le Professeur Dieulafoy, que l’on doit le mot si heureux de pollakiurie, qu'il applique le premier pour désigner la fréquence des mictions chez les brightiques, et qu'il a mis au nombre des petits signes du brightisme. C’est à Janet que nous empruntons la désignation de psychopathique.

Les auteurs qui ont écrit sur la neurasthénie en général, n’ont pas parlé des troubles urinaires et encore moins n’ont-ils pas compris dans une forme clinique spéciale, la neurasthénie urinaire.

Levillain (1) ne parle pas des troubles de l’excrétion de l'urine, mais seulement des changements de quantité et de qualité qui se produisent chez les neurasthéniques (diabète et glycosurie passagère, phosphates, oxalates).

Bouveret (2) note, outre ces altérations, ce fait que certains de ces névropathes « éprouvent, sans aucune trace de cystite, des besoins fréquents d’uriner ».

Mathieu (3) signale au nombre de formes cliniques de la neurasthénie, la neurasthénie génitale (spermatorrhée, priapisme, impuissance), mais ne parle pas des symptômes urinaires.

(1) LEVILLAIN. La neurasthénie, 1891.

(2) BOUVERET. 4 neurasthénie, 2e édit., Paris, 1891. (3) MATHIEU. La neurasthénie. Bibliothèque médicale Charcot-Debove.

Blocq (1), au contraire, dit que la neurasthénie épargne le plus souvent la vessie, mais qu'on trouve néanmoins l'augmentation des sels de lurine.

Lancereaux, dans son Traité de l’herpétisme, parle, à propos de la cystalgie, d’envies fréquentes d’uriner, de spasmes douloureux arrêtant instantanément le jetd'urine, comme s’il existait un calcul dans la vessie. « L'absence de toute lésion locale, la limpidité des urines, certains troubles nerveux concomitants, tels que migraines, névralgies, sont autant de circonstances favorables au diagnostic de cette affection qui se rencontre encore dans la goutte et coexiste fréquemment avec la gravelle urique». La pollakiurie symptomatique de la goutteliéeàl’irritation de la vessie par les sels (urates) en excès n’est pas séparée par cet auteur de la pollakiurie idiopathique. |

Féré (2) dit que « la dysesthésie, la perversion de la sensibilité peut se produire de différentes façons : 1° Tantôt il y a simple irritabilité réflexe de la vessie, les besoins d’uriner sont fréquents, la vessie n’a pas le temps d'arriver jusqu'à l’état de distension moyenne que déjà la contraction réflexe se produit;

2° Tantôt le besoin est non seulement fréquent, mais il s’accompagne d’une sensation douloureuse et quand il est satisfait une contraction douloureuse est ressentie au niveau des sphincters, il y a ténesme ou spasme douloureux. Ces différentes formes de vessie irritable peuvent se rencontrer dans le nervosisme aigu ou chronique, dans la neurasthénie, l’irritation spinale, la méningite spinale, l’ataxie locomotrice, etc. »

Monod (3) décrit une cystalgie idiopathique chez la femme (contracture essentielle du col, névralgie du col, vessie irritable), mais: les cas qu'ils vise se rapportent à des cystalgies et pollakiuries d'origine réflexe (polypes de l’urèthre, varices des veines du méat, etCc.).

(1) BzocQ. Neurasthénie,in Gazette des hôpitaux, avril 1891.

(2) FÉRÉ, Loco citato.

(3) Moon. Du traitement des cystalgies chez la femme, par ladilatation for-

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Les autres auteurs qui se sont occupés de la neurasthénie ou des névroses (Hammond,Axenfeld, Charcot), ne parlent pas de mictions fréquentes. Beard (1) dans la neurasthénie sexuelle se borne à parler de vessie irritable et de l’altération de la composition des urines chez les neurasthéniques.

En Angleterre, dès 1859, Gant (2), dans un ouvrage intitulé: « The irritable bladder its cause and curative treatment », attribuait la fréquence des mictions à des lithates, des pierres (mauvais régime), à des phosphates (surmenage), aux excès de travail des reins (par manque de bains et d’ablutions), à la constipation, à la diaphorèse insuffisante, aux bienséances mondaines, la vie sédentaire « sofa life », les distractions artificielles, l’hystérie, les maladies organiques de l’utérus, rectum, vessie, urèthre.

Avec Harrisson (3), nous arrivons à une conception plus claire et complète de la pollakiurie psychopathique de Janet qu'il décrit, moins le nom, comme une des formes de la vessie irritable. Pour lui, on ne doit se servir du mot irrilable bladder que quand le nombre des mictions est suffisant pour incommoder le malade, et alors le symptôme est lié à l’une ou l’autre des conditions suivantes ou à plusieurs de ces conditions à la fois : 1° influence nerveuse, 2° influence de l'habitude, 3° action réflexe, 4° affections locales (y compris les calculs et les tumeurs), 5° composition anormale de l’urine.

Reprenant les deux premières causes qui rentrent seules, mais complètement, dans la pollakiurie psychopathique, il dit: « Il n'est pas douteux queles phénomènes d’irritabilité vésicale, qu'on observe chez un grand nombre d'individus, soient d'ordre purement ner-

veux. On voit souvent par exemple des personnes, en prévision d’une journée de chemin de fer ou de toute autre circonstance qui les forcera à modifier momentanément leurs habitudes, s'astreindre cée et rapide de l’urèthre. Annales des maladies des organes génito-urin., mai 1885.

(1) BEARD, Neurasthénie, Boston medical and Surgery Journal, 1869. La neu-

rasthénie sexuelle, traduct. Rodet. Paris, 1895.

(2) GANT. rritable bladder, 3° édit., Londres, 1872. (3) HARRISSON. Éncyclopédie internationale de chirurgie, t. VII.

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