‹ Les Faux UrinairesChapitre 12 sur 31 · ENT · texte numérisé non relu

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à vider leur vessie, sans éprouver le besoin d’uriner, chaque fois que l’occasion de le faire se présente à elles.

Ainsise contracte une habitude qui s'établit dénitivement et qui peut devenir la source de sérieuses complications, On doit rapprocher de ces faits cet état particulier à un certain nombre d’individus, bien décrit par sir James Paget, qui les fait hésiter et comme bredouiller pendant l'acte de la miction.

Un état névropathique joint à la fâcheuse habitude de vider trop fréquemment sa vessie suffit donc à produire l’irritabilité vésicale, même dans ses formes les plus rebelles. On conçoit que cette variété d'affection ne donne lieu à aucun symptôme objectif. C’est en reconséituant l'histoire du malade, en tenant compte des circonstances qui influent sur les phénomènes observés, enfin en procédant par exclusion à l’égard des autres affections vésicales qu'on arrivera à formuler son diagnostic. Souvent il y aura lieu de tenir grand compte des explications que le malade cherche toujours à donner de son mal et qui sont en rapport avec les craintes particulières qui hantent son esprit. Nous reconnaissons que la patience du chirurgien est mise à une rude épreuve lorsqw’il lui faut subir les récits les plus étranges et quelquefois les plus extravagants, mais ces récits même fournissent dans bien des cas, la preuve que l’imagination entre pour une plus large part que la vessie dans les phénomènes d’'irritabilité dont cet organe est le siège. »

Plus loin Harrisson dit encore que les symptômes de vessie irritable éclatent aussi chez les personnes qui ont une raison si minime que ce soit de se croire atteintes d’un rétrécissement de l’urèthre.

D’autres fois encore, «il s’agit de sujets qui, faussement persuadés qu’ils ont quelque empêchement pour uriner, s'essayent à répéter cet acte à chaque instant et chez lesquels l'habitude dégénère vite en maladie. [l est surprenant de voir nombre de malades guérir par la ‘simple démonstration qui leur est faite qu’on peut

facilement passer une bougie dans leur canal ».

Ultzmann (1)insiste aussi sur l'influence psychique dans la production de la pollakiurie. « Des sujets tout à fait bien constitués, dit-il, peuvent aussi être atteints de cette irritabilité excessive qui prédispose aux névroses de la sphère urinaire et génitale lorsqu’ils débilitent leur organisme par une fatigue excessive et surtout surmènent leur cerveau par des travaux intellectuels prolongés. Il n’est pas rare en effet d'observer des envies fréquentes d’uriner (cystospasme) chez des personnes astreintes à un travail de nuit fatigant, ou chez des individus dont l'esprit toujours en éveil supporte une grande responsabilité : caissiers, secrétaires, etc. Déjà chez l'enfant, on peut observer une action directe du système nerveux central sur l'appareil urinaire, quand par crainte d’une correction, il laisse échapper involontairement l’urine dans ses vêtements. De même on rencontre de fréquentes envies d'uriner accompagnées de polyurie légère chez des individus en proie à une émotion prolongée : candidats, quand le succès de l’examen est douteux, personnes engagées dans des spécialiés commerciales dont l'issue est problématique. De grandes pertes inattendues comme on en éprouve parfois à lasuite d'opérations de bourse malheureuses, ou la mort d’une personne aimée, peuvent également engendrer les troubles les plus divers de l'appareil génital et urinaire. C’est ainsi que j'ai vu chez des hommes d’affaires dont la fortune avait été fortement endommagée, apparaître soudainement des envies fréquentes d'uriner, de la polyurie, souvent même une légère glycosurie et en outre de l'impuissance, des pollutions, de la spermatorrhée. »

Fürbringer (2) range la pollakiurie psychopathique sous le nom de pollakiurie idiopathique « dans un de ces états fort bien désignés sous le nom de neurasthénie, états souvent compliqués d’hystérie et d’hypochondrie ». Il insiste aussi sur la mauvaise

(1) ULTZMANN. Traité des névroses des organes génito-urinaires de l'homme. Traduct. PICARD. Paris, 1883.

(2) FURBRINGER. Traîté des maladies des organes génito-urin. Trad. CAUS- SADE-HARTMANN, 1892,

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habitude qu’ont cértaines personnes de vider leur vessie au moindre besoin. La pollakiurie en résulte de la même façon que « la négligence à satisfaire le besoin d’uriner, que ce soit par mauvaise habitude ou par pudeur mal comprise », peut produire la parésie vésicale.

Du reste, M. Guyon pense de même quand il s'exprime ainsi : « La rareté de la miction peut n'être que la conséquence d’une habitude et s’observe dans ces conditions dans l’un et l’autre sexe, mais elle se montre spontanément chez quelques neurasthéniques et s'accompagne alors d’autres troubles de la miction tels que diminution de force et de projection du jet et surtout efforts prononcés. L'influence de l'état nerveux est rendue bien évidente par l’observation de malades qui sont alternativement atteints de fréquence et de rareté des mictions. »

Étiologie. — Comme nous l'avons vu, d’après le tableau si saisissant du chef de l’École de Necker, la pollakiurie psychopathique se rencontrera chez des prédisposés héréditairement : fils d’alcooliques, d’épileptiques, d’ataxiques, de neurasthéniques, chez des dégénérés, des névropathes.

I] faut signaler comme cause prédisposante l'alcoolisme. Nous donnons plus loin les observations de malades atteints de pollakiurie nettement idiopathique qui avaient très peu ou point de stigmates nerveux mais étaient des alcooliques avérés ou intoxiqués. Dans les antécédents des malades on retrouvera les convulsions dans l’enfance, la chorée. Très souvent (la moitié ou le tiers des cas), les psychopathes urinaires pollakiuriques auront eu de l’incontinence nocturne d'urine dans leur enfance. MM. Guyon et Janet ont longuement insisté sur cette corrélation : « C’est ainsi que vous constaterez fréquemment l'incontinence infantile dans les antécédents des sujets venant vous consulter pour des pertes séminales ou pour des mictions à caractère impérieux et pressant sans lésions du réservoir urinaire. La tare originelle qui, au cours de l'enfance, même de l'adolescence, a déterminé la perte

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