‹ Les Faux UrinairesChapitre 13 sur 31 · PAL · texte numérisé non relu

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nocturne de l'urine, n’a done point perdu son influence, Il est intéressant de constater qu’elle continue à l’exercer. »

La pollakiurie idiopathique peut succéder à la pollakiurie symptomatique et persister seule sans lésions organiques soit sous l'influence de l'habitude prise et conservée, soit du fait de l’hypochondrie, qui fixe sans cesse l'esprit sur les organes génitourinaires et provoque ainsi (Mosso et Pellacani) les fréquentes contractions de la vessie, suivies de besoins et d'émission d'urine.

C’est surtout la blennorrhagie qui est la grande affection prédisposante aux névroses urinaires et à la pollakiurie psychopathique.

Comme le dit M. Guyon, la blennorrhagie est la véritable pierre de touche pour le tempérament chez les neurasthéniques. Elle réveille les prédispositions névropathiques. En effet, « ces malades sont réellement frappés dans leur virilité, dans leur confiance en eux-mêmes. Lorsque l’écoulement a presque complètement disparu, ils ne sont pas débarrassés de leur inquiétude, ils vivent en contemplation devant leur canal. Ils passent des heures à en chercher, à en exprimer une goutte de muco-pus. Ils s’affolent de la présence de quelques spirales de quelques filaments blanchâtres dans le premier jet de la miction » (Mathieu).

Le maximum de fréquence de la pollakiurie psychopathique se produit de 18 à 20 ans.

Elle est beaucoup plus commune chez l’homme que chez la femme. Comme le dit si bien Brissaud (1), « l’homme a des motifs de préoccupation urinaire justifiés par toute la pathologie uréthrale. La femme les ignore; ses trois centimètres d’urèthre la laissent bien indifférente. Chez elle la tolérance, la longanimité vésicale exclut les réminiscences ou les appréhensions morbides. Aussi l'expression de faux urinaires ne s’applique-t-elle qu'aux hommes. Est-ce à dire que tous les faux urinaires soient hystériques ? Pas du tout. La neurasthénie, la mélancolie, le doute, l'anxiété choisissent cette localisation aussi bien que n'importe

(1) BRISSAUD. Polyurie nerveuse et polyurie hystérique. Presse médicale, 14 avril 1897.

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quelle autre, et quelquefois celle-là exclusivement. On commence par la pollakiurie et l’on finit par la polyurie. Les connexions fonctionnelles toujours étroites de la sécrétion et de l’excrétion laissent entrevoir l’enchaînement des deux phénomènes. L’habitude crée la maladie par la répétition d’un acte anormal. Ne serait-ce pas pour cela que la polyurie hystérique au lieu de se déclarer du jour au lendemain est toujours précédée d’une période de pollakiurie. La neurasthémie d’ailleurs n’a pas à cet égard d’autres procédés que l’hystérie ».

Comme Ultzmann l’a bien fait ressortir, toutes les professions qui exigent un travail intellectuel intensif ou font passer l’homme par une série d'émotions plus ou moins répétées y prédisposeront.

Pathogénie. — La pathogénie et la physiologie pathologique de la pollakiurie psychopathique ont été remarquablement étudiées par Janet. ù

Cet auteur classe, en effet,iles faux urinaires en trois grands groupes bien distincts : à

1° Les névropathes urinaires à lésions nerveuses (ataxiques, myélitiques, paralytiques généraux), déjà étudiés par Geffrier.

20 Les hystériques et les épileptiques à troubles urinaires.

3° Les hypochondriaques, c’est-à-dire ceux qui causent de toutes pièces leurs accidents mictionnels par une concentration volontaire et perpétuelle de leur attention sur leur vessie et leur urèthre et que Janet propose d'appeler des psychopathes urinaires. Il fait jouer le plus grand rôle à l’habitude dans la miction. Civiale (1) avait déjà insisté sur le rôle de l'habitude dans la genèse de la pollakiurie. « La vessie s’accoutume à se vider avant d’être pleine et une fois l’habitude établie, il est très difficile de la rompre; la présence de l’urine dans la vessie devient même insupportable. » Il existe pour Janet, une corrélation intime entre notre cerveau et notre vessie qui explique la genèse de la plupart de nos « habitudes urinaires ». De là l'influence des préoccupations urinaires sur

la fréquence des mictions.

(1) CIVIALE, Traité pratique des mal, des organes génito-urin., t, II.

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