PISE
Somme toute, de même que la vessie n’a pas de capacité anatomique, mais une capacité physiologique, comme l’a dit Guyon, de même pourrait-un dire, avec Janet, que nos habitudes urinaires font qu’elle n’a qu’une capacité psychologique.
L'attention que nous portons dans l'acte de la miction expliquera en particulier le phénomène si bien étudié par James Paget (1), sous le nom de «bégaiement urinaire », sur lequel nous reviendrons
à nouveau.
Symptômes. — La pollakiurie psychopathique est caractérisée « par l'émission de l'urine en petites quantités (sans quoi il y aurait polyurie) et se répétant une fois par heure en moyenne (entre 1/4 d'heure à 2 heures). A cette pollakiurie, surtout si elle est très accentuée, ajoutez les douleurs vésico-uréthrales, et le malade peut vous être envoyé avec le diagnostic de cystite. Ajoutez encore l’interruption du jet, etle malade devient un calculeux en apparence (Guyon). Le grand caractère de cette pollakiurie est d’être exclusivement diurne. Un autre signe important bien étudié par Janet est ce fait que « ceux qui en sont porteurs reçoivent facilement dans leur vessie une injection de 300 grammes de liquide, alors qu'en temps ordinaire ils urinent toutes les heures une centaine de grammes d'urine. En d’autres termes, leur capacité vésicale est absolument normale malgré leur pollakiurie, tandis que chez les cystiques, la capacité vésicale à l’injection est égale à la capacité vésicale au moment de la miction ». Comme le fait remarquer Janet, il est facile chez un individu sain, d'injecter dans la vessie près de 500 grammes de liquide à une température convenable et poussés lentement. Comme la moyenne de notre sécrétion urinaire est de un litre et demi par jour, nous ne devrions pisser que trois fois par 24 heures. Corby (2) admet la moyenne de quatre mictions par 24 heures. Au delà commencerait pour lui la pollakiurie. Mais dans aucun cas, il ne faudrait admettre qu’un non pollakiurique se relève pour uriner la nuit.
(1) Clinical Lectures and Essays.
(2) CorBy. Pollakivrie psychopathique. Thèse Paris, 1895.