‹ Les Faux UrinairesChapitre 16 sur 31 · AT RE · texte numérisé non relu

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chez des psychopathes atteints de ce véritable « tic vésical », par l'usage de la bicyclette.

Benedikt (1) avoue que la « strangurie » ou l'envie fréquente d'uriner est difficile à guérir. Il préconise le traitement électrique local, tout en reconnaissant que l’influence psychique peut donner la guérison, en excitant le malade à surmonter l'envie d’uriner. Il ne croit pas à l'effet curatif de l'hypnose, mais il avoue qu'il reste encore à chercher le traitement spécifique de cette maladie.

Nous pensons que la suggestion doit jouer le plus grand rôle dans une affection qui est de nature psychique. Que de malades sont devenus des neurasthéniques urinaires, des pollakiuriques, se sont crus atteints de cystites, par exemple, parce qu'ils ont vu, atteints de ces mêmes symptômes dus à des lésions organiques, des parents ou des amis. A leur insu et insensiblement, ils se sont fait propres les phénomènes auxquels ils ont assisté chez de vrais urinaires.

C’est pourquoi nous avons eu l’idée de soumettre à l'influence des rayons X quelques malades manifestement névropathes atteints de pollakiurie psychopathique. Nous y avons été engagé, sinon par des succès absolus, du moins par des améliorations très notables que nous avons observées chez des sujets atteints d’incontinence nocturne d’urine depuis leur enfance ou des années qui avait résisté à tous les traitements antérieurs. Nous avons vu dans ces rayons de Rôntgen, se projetant dans une chambre noire avec leur bruit caractéristique et l'éclat de leur lumière, un moyen puissant de suggestion à l'état de veille. Nous sommes convaincu que les améliorations notables qu'on a signalées à la suite de l'application de l'électricité locale, ont été l'effet de la suggestion à laquelle sont si sensibles les névropathes. On retrouvera, à la fin de ce travail, les observations de malades atteints de neurasthénie urinaire plus ou moins complexe, traités par les rayons de Rüntgen; quelques-uns guéris, d’autres très améliorés.

(1) BENEDIKT. Znternationale Klinische Rundschau. Vienne, février 1890, n° 7.

ANRT.

Le malade de l’observation 64, présentant le type de l'hypochondriaque, a été, à la suite de neuf séances de rayons X, très amélioré. 1l urinait beaucoup mieux et moins souvent. La femme de l'observation 37, qui urinait toutes les demi-heures le jour et cinq à six fois la nuit, n’arrivait, au bout de six séances de rayons X, qu'à uriner toutes les deux heures et deux à trois fois la nuit. Nous avons vu, par contre, un malade (observ. 22), hypochondriaque névropathe, impressionnable, qui urinait vingt fois le jour seulement (pollakiurie diurne), ne pas être notablement amélioré ; il est vrai qu’il n’a subi que quatre séances.

Si nous indiquons ce moyen de traitement par les rayons X, c'est comme moyen puissant de suggestion qui pourrait être uti- lisé dans le traitement de la neurasthénie générale et la grande névrose.

$ 2. — Cystalgie. Vessie irritable, — Névralgies vésicales.

Nous venons d'étudier une des manifestations souvent isolées de la neurasthénie vésicale, la pollakiurie psychopathique sur laquelle nous nous sommes étendu avec complaisance parce qu’elle nous a paru offrir un intérêt tout particulier.

Mais ce trouble fonctionnel peut être associé à d’autres symptômes du même ordre tels que la douleur constituant ce que les auteurs anglais ont appelé la vessie irritable (Irritable bladder) ou les névralgiies vésicales étudées par Hartmann (1).

Il est vrai que ces névralgies vésicales ne rentrent qu'accessoirement dans notresujet, car le plus souvent ellessont accompagnées de lésions vésicales ou périvésicales, et sont de ce fait symptomatiques. Les sujets qui s’en plaignent ne sont pas de faux urinaires au sens que nous l’entendons, puisqu'il existe des lésions de l’appareil urinaire.

Le pollakiurie névropathique peut être également associée ou

(1) HARTMANN (H.). Des névralqies vésicales. Paris. G. Steinheil, 1889,

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suivie soit de rétention d'urine nerveuse, soitd'incontinence d'urine dite essentielle, l’incontinence-névrose ; ce sont ces différentes réactions fonctionnelles ou physiques de la vessie que nous allons envisager.

Civiale (1) s'était très étendu « sur les affections nerveuses du col de la vessie» ; c’est le titremême dontil se sert. Dans le tableau qu’il donne de ce qu’il appelle « les sympathies du col dela vessie » onretrouve très nettement les symptômes de la neurasthénie urinaire. Il signale « l’atonie de la vessie qui devient souvent une complication fort grave des névralgies du col vésical, mais qu’on peut considérer dans certains cas comme une simple coïncidence, puisqu’elle paraît se développer ou du moins s’accroître d’une manière notable en même temps que les accidents nerveux».

Voici du reste comment Civiale décrivait la symptomalog'ie de la. névralgie du col de la vessie (vessie irritable des auteurs modernes) : « Ce sont des jbesoins fréquents d'uriner et une sensation de malaise, d’inquiétude plutôt que de véritables douleurs quand le malade veut les satisfaire, cette sensation d'embarras, de gêne, de fatigue a son siège spécial au pubis, au périnée, au scrotum. « Quelquefois un peu de démangeaison se fait sentir dans l'urèthre. En général, cet état dure peu, soit qu'on l’abandonne à luimême, soit qu'on prescrive quelques adoucissants mais les mêmes symptômes reéparaissent à une époque plus ou moins éloignée; car c’est un caractère Commun à plusieurs maladies de l'appareil urinaire que d’affecter au début une intermittence très prononcée ; on dirait même quelquefois une sorte de périodicité dans la manifestation de leurs symptômes. Après un certain nombre de ces réapparitions de phénomènes morbides, le malade s’aperçoit que son état s'aggrave, que les crises deviennent plus longues et plus rapprochées, que les sensations prennentune nuance plus douloureuse, qu’elles s'étendent vers l’hypogastre, l'ombilie, les reins, la partie interne des cuisses et même jusqu'à la plante des pieds, mais leur

(1) Civraze. Loco citato, t: LI, p, 15:

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