‹ Les Faux UrinairesChapitre 17 sur 31 · GONE · texte numérisé non relu

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principal siège est toujours au pubis et au sacrum. Quant à la fréquence des besoins d'uriner et à la difficulté de les satisfaire, il y a presque autant de variétés que d'individus. À ces caractères un praticien exercé reconnaît une névralgie simple du col de la vessie, S'il conserve des doutes, il a recours au procédé d'exclusion ». Comme le dit Hartmann (1), les différents troubles vésicaux sont si souvent liés les uns aux autres qu'il est impossible de ne décrire que la névralgie vésicale pure, isolée de tout phénomène musculaire concomitant. Quand les phénomènes musculaires siégent sur le corps de la vessie, nous avons affaire à de la pollakiurie psychopathique, quand ils siègent sur le col ils produisent de la contracture de l'appareil sphinctérien de la vessie qui se traduit non par des douleurs mais par des troubles de l'émission de l’urine. Il peut y avoir contracture sans douleur et réciproquement. Vessie irritable (Irritable bladder. — Reizbar Blase)., — Cette désignation due aux auteurs anglais a été diversement interprêtée. Fürbringer (2) reconnaît que le type morbide qui est la combinaison du spasme de la vessie (cystospasme, fréquence des mictions) et des troubles sensitifs (douleurs, ténesme vésical, névralgie pure de la vessie (cystalgie) doit être considéré comme un phénomène du catarrhe de la vessie et non comme une névrose indépendante de l’inflammation locale. Le spasme de la vessie tel qu'il le comprend constituerait le symptôme prédominant de la vessie irritable caractérisée par la fréquence des mictions, le besoin impérieux tous les quarts ou demi-heures, de l’expulsion de l’urine, avec jet petit, goutte à goutte (dysurie spasmodique) accompagnéed’autresspasmes (bégaiementurinaire de Paget) ou d’incontinence d’urine (énurésiespasmodique). Lesurines necontiendraient aucun élément morphologique anormal, souvent elles seraient de couleur pâle, d’un poids spécifique normal (urines spasmodiques),

(1) Loco citato.

(2) FURBRINGER. Zraité des Mal, des org. génit.-urin., 1898, par HARTMANN.

Paris, 1892.

quelquefois elles seraient abondantes, alcalines, troubles à l'émission par précipitation des phosphates terreux.

Hartmann (1) adécrit cette irritabilité vésicale idiopatique, qui se développe surtout chez l'homme à l’âge adulte qui est souvent précédée d’incontinence nocturne d'urine de l’enfance, de spermatorrhée, de migraines, de névralgies variées, de troubles dyspeptiques et des manifestations de l’arthritisme. Somme toute ce n'est autre que la pollakiurie psychopathique.

La vessie irritable n'existe pas en tant que cystalgie idiopathique pas plus que les névralgies essentielles du col de la vessie. Tout ce qui a été décrit sous ce nom a été confondu soit avec la pollakiurie psychopathique et les phénomènes spasmodiques qui l’accompagnent le plus souvent sur lequel nous nous sommes étendu, soit avec des phénomènes de cystalgies symptomatique.

Preyer a montré que dans beauconp de cas dits de « Vessie irritable » l’on trouve des modifications anatomiques du col de la vessie et de l’urèthre postérieur. Gatterbock et Winckel avaient déjà affirmé que dans beaucoup de cas de soi-disant vessie irritable il y avait des états hyperhémiques de la muqueuse vésicale surtout chez les femmes. Nous avons déjà vu que Zuckerkandl avait pu démontrer le bien-fondé de ces affirmations par des examens cystoscopiques. I[lreconnaît l'existence de la pollakiurie idiopathique ou de « nervous bladder » mais il ajoute que chez la femme surtout il faudra pratiquer un examen complet avant de l’admettre. Car dans plusieurs cas de vessie irritable chez la femme, il a trouvé une hyperhémie du bas-fond de la vessie et de la portion postérieure de l’urèthre.

Dacheux, comme nous l'avons vu également, insiste sur la cystopathie hyperhémique, tout en admettant néanmoins la psychopathie urinaire. Il est permis de penser, qu'avec les données de plus en plus précises que donne la cystoscopie et l'examen plus complet de l'appareil urinaire, le champ de la psychopathie urinaire se restreindra. Mais même dans ces cas de pollakiurie symptomati-

(1) Loco citato.

que; on peut admettre, que les causes de l’hyperhémie ou autres disparaissant la pollakiurie persiste du fait des habitudes acquises de mictions fréquentes suivant la théorie de Janet et du terrain névropathique. Ne pourrait-on pas encore émettre l'hypothèse inverse que l’hyperhémie dans les cas de pollakiurie intense est secondaire et consécutive à la fréquence exagérée des contractions vésicales ? Certains auteurs enfin n’ont-ils pas une tendance, en se basant sur le grand nombre detabétiques qu'ils ont observé, à ramener tous ces cas de pollakiuriepsychopathique à destroubles préataxiques. .

Il est certain qu'avant de se prononcer sur l'existence de la neurasthénie urinaire, il faudra rechercher minutieusement letabes. Du reste pourquoi n’y aurait-il pas dans la symptomatologie urinaire, la même identité de symptômes entre les affections organiques et les névroses ?

Nous signalerons comme facteur étiologiqué curieux d'irritabilité vésicale le cas de White (1). Il relate l’observation d’un mécanicien qui avait des envies fréquentes d’uriner suivies d’incontinence sans lésions, ni de la vessie ni de l’urèthre (absence de rétrécissement) et qui ne pouvaient être attribuées par exclusion qu'aux vibrations incessantes de la machine transmises directement à la portion périnéale de l’urèthre par ce fait que le mécanicien était assis à califourchon sur un siège dur et étroit et qui fut guéri tout simplement par un coussin rembourré.

Guinon (2), qui a étudié les névroses urinaires de l'enfance, décrit les spasmes de la vessie (Bokaï).

1° Chez le nouveau-né. « Le cystospasmus blasenkrampf » de Bokaï est une contraction spasmodique illogique de la vessie portant à la fois sur le corps et le col, c’est une colique avec ténesme, mais dans laquelle le ténesme est le plus fort, puisqu'il empêche l'évacuation. Dans ce cas, la première miction se fait longtemps

(1) WHITE. Pemarks on the vesico-urethral erethism peculiar to locomotive

enginecrs.

(2) L. GuINON. De quelques troubles urinaires de l'enfance. Th de Paris, 1890.

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attendre (2 à 3 jours), l'enfant manifeste par des cris répétés, de l'agitation continuelle, des flexions brusques des cuisses sur le ventre, les douleurs qu’il éprouve, puis survientune miction pénible, douloureuse, abondante, qui met fin à tous les phénomènes. « Il n’y a donc pas de rétention d'urine mais seulementdifficulté d'évacuation ». L'urine émise est fortement colorée et laisse déposer sur le prépuce une poudre jaune d’acide urique. Le diagnostic de ces coliques vésicales résulte de l'examen négatif des orifices de l'urèthre et du rectum qui doit toujours suivre la naissance. L’injection d’eau sucrée tiède, un lavement et les bains chauds auront rapidement raison du malaise.

2° Chez les enfants au-dessus de deux ans, l’irritation vésicale résulte de l'abondance des urates. Les signes sont plus nets que chez le nouveau-né, on observera de la douleur au moment des mictions.

3 Chez les enfants plus âgés, on constatera de la pollakiurie non douloureuse.

Ce sont surtout ces phénomènes d'irritabilité vésicale de cystalgie qui simuleront le plus les cystites. C’est donc avec cette affection qu’il faudra faire le diagnostic. Nous nous sommes déjà suffisamment étendu à propos de la pollakiurie psychopathique sur le diagnostic pour que nous n’y insistions pas à nouveau. Nous ne nous étendrons pas davantage sur le diagnostic avec les crises vésicales ataxiques.

Nous reviendrons en effet plus loin sur lès manifestations vésicales du tabes, pour en faire le diagnostic avec toutes les manifestations de la neurasthénie urinaire qu'il nous reste encore à étudier. Nous avons vu que le trouble des urines pouvait|inquiéter les malades au point de leur faire croire à une uréthrite. Le plus souvent, il est vrai, ce trouble des urines, isolé ou associé à la fréquence des mictions, fera penser à une cystite et les exemples sont nombreux de malades qui ont été traités pour une cystite alors qu'ils n'avaient que de la phosphaturie et de la pollakiurie psychopathique. Il ne s'agissait que de fausse cystite. La présence de

phosphates, dit Curtis (1), qui produit le trouble des urines et aussi les sédiments blanchâtres, qui, à l’œil nu, peuvent faire croire à du pus, tous ces symptômes familiers peuvent être pris, pas mal de fois faussement pour une cystite ou des maladies rénales. Notre maître, M. Bazy, (2) rapportait dernièrement l’histoire d’un de ses anciens camarades d’internat, médecin instruit, intelligent, qui accourt chez lui en disant qu'il a de la cystite et ce, parce qu’il a l'urine trouble, ce qui tenait tout simplement à des phosphates. Ces fausses cystites induiront d'autant plus en erreur qu’on pourra . les observer chez des sujets ayant déjà eu de la cystite. Elles pourront être prises soit pour un retour offensif du mal soit pour une recrudescence de ce mal. M. Bazy a observé un fait de ce genre, il ya cinq ans, chez un jeune homme qui avait eu antérieurement une cystite. Le malade en connaissait les symptômes et en particulier l'aspect blanchâtre que prennent les dernières gouttes d'urine.

Un jour, le malade se présente effrayé de ce que les dernières gouttes d'urine, à châque miction, étaient tout à fait blanches et épaisses ; le tout sans douleuret sans fréquence de mictions. L'aspect crayeux blanc qu’avaient les dernières gouttes était en effet très marqué mais ce trouble disparut avec l’acide nitrique. Une femme nerveuse, que M. Bazy eut l’occasion de sonder, avait également les dernières gouttes qui s’écoulèrent absolument blanches et crayeuses. Il n’y avait pas cependant de cystite. Un autre malade de M. Bazy excrétait des sels en si grande abondance qu'il avait remarqué que, quand les dernières gouttes d'urine tombaient sur ses chaussures, ellesles tachaient comme si on y avaitlaissé tomber du plâtre. Il portait effectivement dans un flacon de l'urine qui renfermait un dépôt énorme de plusieurs grammes.

Un autre cas de fausse cystite est celui d’une femme adressée à M. Bazy, du Puy-de-Dôme, qui se plaignait d'envies fréquentes d’uriner, de douleurs du côté de la vessie et du bas-ventre, de douleurs dans les reins, et qui avait aussi des urines troubles: A

(1) CurTis. Loco citato.

(2) BAZY. Annales mal, org. génit.-ur.,, mars 1899.

l'examen, les reins ne sont pas sentis par le toucher vaginal: La vessie est insensible. Avec la sonde qui passe facilement et sans douleurs, on retire de la vessie une urine trouble du commencement jusqu’à la fin, trouble qui disparaît avec l’acide nitrique en produisant de l’effervescence. M. Bazy nous racontait encore dernièrement avoir vu une malade qui lui avait été envoyée avec le diagnostic de cystite, qui avait les urines dont le trouble était. dû à des sels et qui éprouvait de la fréquence des mictions ; or, cette femme avait soigné un de ses parents atteint de cystite. Elle s'était donc auto-suggestionnée et avait, insensiblement et à son insu, fait de la pseudo-cystite.

Ces fausses cystites que nous faisons rentrer dans le cadre des faux urinaires, c'est-à-dire sans lésions organiques, ne doivent pas être comprises et confondues avec les « fausses cystites » décrites sous ce nom par MM. Guépin (1) et Legras de Grandcourt (2).

Ces auteurs ont désigné sous ce nom des cas où la triade symptomatique (fréquence des mictions, douleur, pyurie) considérée comme pathognomonique de l’inflammation vésicale existe, bien que la vessie ne présente aucune altération. Mais ces fausses cystites seraient symptomatiques d’une altération d'une partie de l'appareil urinaire. Ce seraient surtoutles pseudo-cystites douloureuses et rebelles au traitement qui seraient symptomatiques soit d’une affection rénale soit d’une affection para-urinaire dont il resterait à préciser la localisation et la nature. Nous tenions à bien spécifier que, sous lenom defausse cystite, nous désignons unétat fonctionnel rappelant les symptômes de cystite mais sans altérations de l’appareil urinaire ni des organes voisins.

(1) GUÉPIN. Fausses cystites. Gazette médicale de Paris, 1895. Pribune méd.,

(2) LEGRAS DE GRANDCOURT. Etude et diagnostic des fausses cystites. Thèse Paris, 1895,

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