CHAPITRE II
Les faux urinaires urétéro-rénaux.
$ 1. — Spasme de l’uretéère.
Le spasme de l’uretère, en tant que symptôme isolé simulant la colique néphrétique, si tant est qu'il existe, doit être excessivement rare. Et cependant, comme le dit Lécorché (1), « on ne peut refuser à l’uretère, conduit musculeux, la possibilité de se contracter de manière à produire de la douleur alors même que cette contraction ne serait pas directement provoquée par la présence d’un calcul. Ne voit-on pas tous les jours l'intestin se contracter spasmodiquement sous l'influence d’un état général? Cette contraction ne peut-elle pas, du reste, être produite par une urine anormale ? Nous n'hésitons pas à l’admettre. C’est la seule manière d’expliquer ces douleurs dont parle Sydenham. L'absence de gravier est la seule caractéristique de cette névralgie qui, à tous les points de vue, ressemble, à s'y méprendre, à la colique néphrétique ».
Le plus souvent, le spasme de l’uretère est provoqué par le cheminement d’un calcul et rentre dans la symptomatologie de la colique néphrétique. |
Chopart (2) avait déjà reconnu « qu’on trouve peu d’exemples de spasme des uretères. Les uretères jouissent d'une force tonique ou vitale qui tend à diminuer leur diamètre, à rapprocher leurs parois de l’axe quand ils sont vides ou peu distendus par l'urine. Cette force augmente dans le spasme, mais elle n’est point assez
(1) LÉCORCRÉ, Zraîté des maladies des reins. Paris, 1875, p. 578. (2) CHOPART. Traité des maladies des voies wrinaires, 1791, p. 229.
puissante pour que ces conduits se resserrent sur eux-mêmes au point d'effacer leur cavité et d’intercepter le cours de l'urine. L'affection spasmodique des uretères provient ordinairement des pierres qu'ils contiennent ou de celles des reins et de la vessie; elle accompagne souvent la colique néphrétique et peut dépendre de toutes les causes irritatives qui agissent sur ces viscères. Les effets du spasme sont la diminution du cours de l’urine, la clarté et la limpidité de cette humeur, la petitesse et la dureté du pouls, des douleurs dans le trajet des uretères, dans le bassin, à la vessie, aux parties génitales, la rétraction des testicules vers les aines et quelquefois leur gonflement ».
Néanmoins, comme le fait remarquer Féré(1), certaines coliques néphrétiques observées chez les hystériques ont paru reconnaître pour cause un spasme de l’uretère, « mais il est convenable de conserver encore une certaine réserve à cet égard ».
Malgré les progrès de l’instrumentation et du manuel opératoire, malgré l’innocuité absolue que lui reconnaissent certains auteurs, le cathétérisme des uretères n’a pas encore permis, à notre connaissance du moins, de différencier les rétrécissements spasmodiques de ce conduit d'avec les rétrécissements organiques.
Ce chapitre des rétrécissements spasmodiques de l’uretère restera donc encore bien obscur, à moins,nous le répétons, quedes cathétérismes de plus en plus courants sous l'influence de l'École de Necker, et bien conduits sans danger pour le sujet, ne viennent projeter un nouveau jour sur cette question.