I. — Faux urinaires uréthraux
1° FAUSSES URÉTHRITES
a) Hyperacidité des urines.
Oss. 1. (Personnelle.) — Char., 49 ans, vient consulter le 1er septembre 1898, parce qu’il éprouve des brûlures pendant toute la durée de la miction. Il n’a pas de fréquence des mictions, pas de douleurs ni de pus dans les urines, ni blennorrhagie, mais les urines sont kyperacides.
Oss. 2. (Personnelle) — Maïll.. se plaint que les urines le brüûlent en urinant. Pas de traces de cystite ni de blennorrhagie. Les urines ont une acidité exagérée.
Oss. 3. (Personnelle.)— Seim..., 70 ans, n’a jamais eu d’échauffements, ditle malade, Il urine assez souvent, mais éprouve surtout une sensation de brülure pendant toute la durée de la miction. Les urines sont claires dans les trois verres. L’explorateur n° 19 passe très aisément. La prostate est un peu augmentée de volume. Les urines ont une acidité exagérée.
Os. 4. (Personnelle.) — Soul..., 38 ans, se plaint depuis un mois de maux de reins avec des irradiations dans la verge. N’a jamais eu de blennorrhagie, ni syphilis. N’a jamais pissé de sang. Il a eu des coliques néphrétiques il y a un an, mais ne se rappelle pas avoir rendu de graviers. Il éprouve en outre une douleur à la fin de la miction, et des besoins plus fréquents d’uriner qui sont accrus par la marche. Il a desurines troubles, dit-il, depuis plusieurs mois. Les urines sont claires dans les trois verres sans le moindre filament. L’explorateur n° 20 passe facilement. L’exploration métallique de la vessie est négative. L'examen des régions rénales est négatif et non douloureux. Rien au testicule et aux épididymes. Un léger hydrocèle double. Les urines, par contre, sont très acides.
Le sujet est alcoolique. On soumet le malade au traitement alcalin.
Oss. 5. (Personnelle.) — Mme Fig..…, âgée de 56 ans, se plaint de douleurs intermittentes dans le bas-ventre. Ménopause il y a deux ans. Douze grossesses. Elle n’a pas de difficultés pour uriner, mais lorsque la malade éprouve ces lourdeurs dans le bas-ventre elle urine souvent et éprouve une cuisson. Les urines sont claires dans les trois verres, ne renferment ni sucre, ni albumine mais sont hyperacides. On constate que l'orifice du méat est un peu rouge, mais pas de sécrétion. Rien du côté de l'utérus et des annexes,
b) Fausse uréthrite par hypersécrétion physiologique des glandes de l’urèthre.
Oss. 6. (Personnelle. — M. Trinq.…, comptable, 35 ans, vient consulter le 1er avril 1899, parce qu’il éprouve des douleurs dans les reins et des douleurs presque permanentes au fondement. Il a remarqué, en outre, qu’il suinte jour et nuit, un liquide visqueux, transparent par son méat. Quand il va à la garde-robe, cette sécrétion est plus abondante ; il s’écoule par le canal, pendant la défécation, une substance qu’il compare à de la gelée, qui tombe du méat. Il n’a jamais eu de blennorrhagie, n’a jamais souffert en urinant. Ce pseudo-écoulement dure depuis deux ans environ sans discontinuer, dit-il. Il a été soigné pendant six mois par un médecin de la ville pour un écoulement, pris sans aucun doute pour une uréthrite blennorrhagique, puisqu'il lui avait prescrit une injection de permanganate de potasse à faire 2 à 3 fois par jour. Il attribue le début de cet écoulement à un excès de coït. Celui-ci se fait régulièrement sans douleur, l’éjaculation est seulement longue à se produire. Pas de douleurs à type fulgurant, réflexes rotuliens conservés, un peu diminués. Anesthésie pharyngée, oculaire, de la pituitaire. Le sujet est très impressionnable, a une sœur hystérique. Les urines sont claires dans les trois verres Le matin, il aurait remarqué qu’elles renferment quelques filaments. Pas de douleurs en urinant, ni de pollakiurie. Le canal est libre. Il semble bien qu'il s'agisse là d’une sécrétion exagérée des glandes uréthrales, qui a été prise et soignée pendant six mois pour une uréthrite blennorrhagique. Après un massage de la prostate les urines émises sont troubles. On soumet le malade aux lavements avec de l’eau chaude à 50°, et comme son état l’impressionne assez, qu'il. a des stigmates névropathiques, on le soumet aux rayons X. ee
Est-ce l'influence suggestive de ces derniers, sont-ée les lavements chauds, toujours est-il que le malade se sentait très amélioré et son méat ne suintait plus continuellement jour et nuit.
c) Fausses uréthrites par exagération des phosphates de l'urine.
Oss. 7. (Personnelle.) — Le nommé Treb..., 42 ans, vient consulter à Saint-Louis, parce que ses urines déposent ; a déjà été traité à Lariboisière avec des bains et des douches. On retrouve comme antécédents une - blennorrhagie à l’âge de 20 ans, qui a duré six mois et qu’il soigna avec des balsamiques et des injections de sulfate de zinc qu'il s’injectait lui-même avec une petite seringue. Une goutte persista pendant longtemps. Il dit que maintenant encore il a toujours son méat humide, mais sans qu’il sourde une goutte. Les urines sont très claires dans les trois verres. L’explorateur n° 20 passe très facilement et sans ressauts. On ne peut donc attribuer le dépôt des urines qui a attiré l'attention du malade, qu’à la présence des sels (phosphates) dans les urines.
O8s. 8. — M. Pil..., âgé de 34 ans, vient consulter pour ses urines qui sont troubles. Comme antécédents urinaires, on trouve une première blennorrhagie, il y a cinq ans, soignée par des balsamiques et injections. Épididymite consécutive. Deuxième blennorrhagie, il y a un an, soignée de même, guérison complète, au dire du malade, au bout d’un mois.
Mais il a remarqué que ses urines sont troubles depuis cinq à six mois.
Il ne pisse pas plus souvent que d'habitude et ne souffre nullement en urinant. Les urines examinées dans les trois verres sont claires. Ce n’est qu’au bout d’une demi-heure environ qu’elles se troublent. Ce trouble ne peut être dû qu’à la précipitation des phosphates ; on constate, en outre, un léger épanchement de la vaginale droite et un varicocèle gauche. L’explorateur n° 19 passe très facilement, donc phosphaturie pouvant simuler plutôt une cystite ou une uréthrite postérieure. {
Ogs. 9. Ils’agit d’un étudiant en médecine, M. B..., âgé de 23 ans, qui a bien voulu nous donner sa propre observation.
Sa phosphaturie aurait débuté il y a huit ans. Il se souvient, qu’à cette époque, les dernières gouttes d'urine, émises’ à la fin de la miction, laissaient, sur les objets, ses chaussures, une tache blanche comparable à celle qu'aurait produite du plâtre délayé dans l’eau,
L'état général était excellent à ce moment.
Déclaré neurasthémique plus tard, le traitement hydrothérapiqué produit quelques bons effets : diminution de phosphates. Mais la phosphaturie réapparaissant, il se soumet au régime du lait partiel; il constate une diminution des phosphates qu'augmente la moindre dérogation à ce régime, c’est dire que le malade observait scrupu leusement ses urines en sa qualité de neurasthénique.