‹ Les Faux UrinairesChapitre 24 sur 31 · HI · texte numérisé non relu

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Cette phosphaturie était liée à divers symptômes, tous redevables de la neurasthénie ; quand nous l’examinons, le 25 mars 1899, il nous signale de là polläkiurie, le besoin d'uriner environ toutes les heures, maïs variablés, dépendant dela fatigue ef du régime, des douleurs dans la région rénale,

sourdes et continues. Le matin, il éprouve de la fatigue, de la pesanteur du: |

côté’de la vessie. Quelquéfoïs une cuisson pendant la miction. Les urines sontclaires, mais, au bout d’un certain temps, il se produit un nuage. Pas

d'interruption dans le jet; mais pour émettre les dernières gouttes, il: est |

obligé de pousser; les fonctions génitales sont très diminuées. Le sujet est: nerveux, à été soigné pour de la neurasthénie. Fair |

Grand-père maternel goutteux, père et mère bien re C’est done un exemple de phosphaturie chez un neurasthénique.

Ogs. 10. — M. Const..., âgé de 42 ans,se plaint d’avoir des urines troubles. En effet, ce malade apporte des urines qui sont troubles avec uu dépôt blanc pulvérulent.

+ Par l’addition de quelques gouttes d’acide acétique, le précipité trouble: se dissout : les trois verres sont clairs; le premier renferme de gros filaments. Il aremarqué qu'après les repas, les urines sont plus troubles et, contiennent, dit-il, des glaires. Le canal est libre. Il a eu plusieurs blennorrhagies. Il ne paraît pas avoir de blennorrhée.

Oss.11. (Personnelle.) — Fausse uréthrite.—L..., artiste peintre, 41 ans,

vintconsulter à l’hôpital Beaujon, parce qu’il a un léger suintement, qui est.

plus accusé le matin, mais qui persiste dans la journée et qui aurait apparut il ya une quinzaine de jours. Iléprouve parfois une cuisson quand l'urine. passe dans le canal. Il n’a pas de pollakiurie, ni de douleur en urinant.… Les urines sont claires dans les trois verres, mais hyperacides. L’explorateur n° 20 est arrêté, mais la boule n’est pas sentie par le palper périnéal. Il franchit, en provoquant de la douleur, le spasme du sphincter membraneux. Varicocèle gauche. Il a eu une blennorrhagie en mai dernier (il y a onze mois) qui a été complètement guérie. Depuis le mois d'août der-

nier, c’est-à-dire depuis la guérison de sa dernière blennorrhagie, il a tou-.

jours eu son canal «à sec».

Il se demande s’il n’a pas la «goutte militaire » ; cela le préoccupe assez. l'est un impressionnable (anesthésie oculaire, anesthésie cutanée). Nous n'avons pas constaté la moindre goutte d’uréthrite. Les urines. sont alisolu-

mentclaires danslestrois verres.Ilse peut donc que ce suintement, persistant: toute la journée, dit-il, soit dû à une hypersécrétion des glandes uréthrales, -

° Faux RÉTRÉCISSEMENTS : SPASME

Os. 19: ronde ] — M. C..., 19 ans, vient consulter parce qu'il « croit avoir un rétrécissement », le jet est petit, il a des difficultés à uriner.

Il a eu une blennorrhagie il y a un an, qu'il a soignée avec des injections à Ja résorcine ,qu’il se faisait lui-même. En ce moment, il n’a plus d’écoulements ni de goutte matutinale. Les urines sont claires dans les trois verres. L’explorateur n° 20 est arrêté à la région membraneuse, mais la’ franchit en produisant de la douleur ; pas de ressaut au retour:

: O8s. 13. (Personnelle) — M. X..., 2b ans, vient consulter pour des douleurs survenant pendant l’éjaculation, au niveau du périnée, Il a constaté en outre une goutte très blanche qui survient le matin au réveil. Il n’a ni de la difficulté à uriner, ni de la fréquence des mictions. Il pense avoir un rétrécissement ; a écrit à plusieurs spécialistes qui lui ont parlé d'opération A l’exploration, le no 20 passe sans ressaut. On ne constate pas d'écoulement. Il a eu la blennorrhagie vraisemblablement, mais n’est pas affirmatif, Les urines sont très pâles (urines nerveuses), ne contiennent pas de filaments. Il a des stigmates névropathiques. Nous donnons cette observation comme un exemple de la facilité avec laquelle on lui a parlé d’une opération sans l’avoir exploré.

Os. 14. (Personnelle.) — M. F..., 44 ans, se plaint de difficultés pour uriner, Première blennorrhagie il y a vingt ans. Chancre syphilitique il y a dix-huit ans. Deuxième blennorrhagie, il y a quatre ans, non suivie d’orchite, ni cysfite. L'année dernière, 1897, a subi à Lyon l’uréthrotomie interne, a été dilaté ensuite jusqu'au n° 13. Il raconte qu’à la suite d’une attaque de la part d’un malfaiteur, celui-ci l'aurait tiré par la verge et que c’est depuis cé moment qu’il éprouve des difficultés pour uriner. II prétend que pendant l'érection, le gland reste flasque, il y aurait de l'érection partielle. À l'examen, l'explorateur n° 20 est arrêté à la région membraneuse, mais la franchit sans ressaut au retour. On s’est assuré, par une main placée sur’ le périnée, que la boule n’ést pas sentie (signe de Bazy). L'appareil génito-urinaire et rénal paraît sain. Le sujet présente les stigmates de la névropathie.

C'est là un exemple de l’influence d’un-traumatisme sur la verge pour détérminer chez un ancien urinaire (rétrécissementorganique uréthrotomisé) du spasme uréthral et réveiller chez le malade l'idée de son premier rétrécissement.

- O8s: 15- (Personnelle. )-— M. Mag: .; 42 ans, vient à la consultation: des!

voies urinaires de Beaujon, parce qu'il éprouve une cuisson pendant toute la durée de la miction. Il n’a pas de pollakiurie. Il affirme n’avoir jamais eu de blennorrhagie, ni de chancre. On retrouve comme antécédents urinaires, un léger pissement de sang, il y a huit mois, survenu le matin au réveil, consécutif à un coït (faux pas du coït). Le facies du malade dénote un sujet impressionnable, triste, hypochondriaque. Les urines sont claires (urines nerveuses), ne sont pas hyperacides. L'explorateur n° 20 passe après avoir été arrêté à la région membraneuse, qu'il franchit en provoquant une douleur. On trouve de l’anesthésie oculaire, pharyngée et une diminution de la sensibibilité cutanée. Le malade est venu à la consultation des voies urinaires, parce qu’il « craignait avoir une cystite ». À

Oss. 16. (Personnelle.) — M. Barb..., cocher, 36 ans, se plaint « de ne pas

pouvoir uriner et d’éprouver des douleurs dans la verge ». Une blennorrhagie, il y a deux mois et demi, qui aurait été la première, et qui a été soignée avec des injections. Chancre syphilitique il y a deux ans. Le malade perdait aussi ses urines la nuit. L’explorateur n° 20 est arrêté à la région membraneuse qu’il franchit en provoquant une légère douleur. On retire de la vessie (le malade venant d’uriner) 100 grammes environ d’urines claires. Le sujet paraît éthylique et névropathe (hyperesthésie des membres inférieurs, anesthésie pharyngienne, douleurs à type fulgurant dans les jambes, réflexes rotuliens diminués). C’est un exemple de psychopathe urinaire avec des phénomènes de rétention imcomplète d'urine, peut-être d’origine spasmodique.

Oss. 17. (Personnelle) — M. Franc..., apprenti imprimeur, 15 ans, se présente à la consultation des voies urinaires de Beaujon, « parce qu'il ne finit pas d’uriner ». I1 veut dire par là que quand il a fini d’uriner, qu’il a rentré sa verge, il perd de l’urine, il se sent mouillé. Il n’a cela que depuis 6 à 7 mois.

Il urine toutes les deux heures environ à l’état habituel, mais il suffit qu’il y pense pour éprouver le besoin d’uriner. Il se présente, maisil n’a pas d’urine.

De même, quand il passe devant un urinoir, il a une fausse envie, il le sait et se retient; ou encore le bruit de l’eau qui tombe réveille cette même fausse envie. Il présente ainsi le phénomène de ce qu’on a appelé la « vessie pudique ». Il ne peut pas pisser s’il sait qu’on le regarde. S'il a commencé d’uriner, l’arrivée d’une personue derrière lui provoque l'arrêt du jet de l'urine, C’est le type du dégénéré (voûte ogivale, tremblement de tout le corps pendant qu'on l’examine), sa mère. est nerveuse.

L’explorateur n° 20 est arrêté au méat. Le n° 18 passe, mais est arrêté à la région membraneuse qu’il franchit en provoquant de la douleur. -

O8s. 18 (1). — M. Alb..., garçon de café, vient consulter à l’hôpital Saint-Louis pour un phénomène qui l’inquiète beaucoup, c’est l'émission de quelques gouttes d'urine après la miction. Cela date de quatre mois. Les urines sont quelquefois laiteuses, probablement dues à dela phosphaturie

Première blennorrhagie, il y a cinq ans ; deuxième blennorrhagie, il y a trois ans, ni cystite ni orchite. L’explorateur n° 19 passe assez facilement. En le retirant, on sent un ressaut brusque, analogue à celui que donnerait un rétrécissement, mais on ne sent pas à ce niveau la boule par le périnée. Le malade est très nerveux; après le passage de l'explorateur il a eu une syncope.

Os. 19 (2). — M. Mich..., 56 ans, vient à la consultation des voies urinaires, parce que quand il marche il perd quelques gouttes d'urine. Blennorrhagie à 22 ans et soignée par des injections et des balsamiques. Pas d’hématurie, de cystite ou d’orchite. Il y a deux ans, nouvelle blennorrhagie

qui a duré quinze jours. Mais, depuis un an, le malade se plaint, quand ül

a fini duriner, d'avoir quelques gouttes d'urine qui tombent dans son pantalon à son insu et cela surtout après la marche ou la fatigue. Les urines recueillies dans trois verres sont claires. L’explorateur n° 20 passe, La vessie ne renferme pas de résidu, elle se vide bien. Rien aux testicules ni à l’épididyme. La prostate, par le toucher reetal, paraît un peu augmentée de volume. Ni sucre, ni albumine, réflexes rotuliens exagérés.

Éthylisme.

Os. 20 (3). — M. Bul..., 25 ans. Antécédents héréditaires nuls. Antécédents personnels : A l'âge de 8 ans, fièvre typhoïde. À 22 ans, première blennorrhagie qui dure quatre mois environ. L'écoulement a cessé, mais depuis le malade a conservé une douleur dans la région périnéale. Actuel-

Jement le malade se plaint de cette douleur périnéale, douleur qui

reviendrait périodiquement.

Ces douleurs sont surtout nettement accusées après la miction. Les mictions ne dépassent pas 4 à 5 par jour, absentes la nuit. Les urines recueillies dans trois verres sont claires. Le malade dit avoir été sondé il y a

(1) Cette observation est due à l’obligeance de notre collègue ISELIN.

(2) Observation provenant de la polyclinique urinaire de Saint-Louis (service du D' BAzY). "

(3) Observation provenant de la polyclinique urinaire de Tenon (service du

D: Bazy).

huit jours, à Nancy, où on luia dit qu’il n’a pas de rétrécissement. Il revient quelques jours après, se plaignant de cette même douleur au niveau de la portion périnéale de l’urèthre. On ne constate pas d’écoulement uréthral. L’explorateur n° 19 passe en faisant percevoir du spasme de la portion membraneuse. Les réflexes rotuliens sont diminués. Il est considéré comme un faux urinaire.

Ogs. 21 (1). — M. Crep..., 37 ans. Le malade vient consulter parce qu’il ressent de très vives douleurs au moment du coït. Quand il urine le jet lui paraît moins fort qu’autrefois. Comme antécédents on ne trouve pas de maladies graves. Il a eu une chaudepisse à l’âge de 20 ans, qui a duré six mois environ. À 31 ans, il a eu une nouvelle chaudepisse qui a duré trois mois soignée par les balsamiques et les injections de sulfate de zinc et tannin, etc. Depuis ce temps le malade pisse en tire-bouchon, en lame de couteau. Six mois après cette dernière blennorrhagie, voyant qu’il pissait de moins en moins bien, il a consulté M. le D’ Fort qui lui reconnaît un rétrécissement. Il débrida le méat à l'électricité puis appliqua l’électrolyse linéaire au niveau de son rétrécissement. Le malade fut dès lors moins long à uriner, mais il prétend avoir toujours souffert pendant le coït. Depuis, il urine toujours assez bien. La miction se fait sans force et quand il croit avoir fini d’uriner il s’écoule encore de l’urine dans son pantalon. A l’examen l’explorateur n° 18 passe très facilement. La prostate etles vésicules séminales sont normales. L’urine recueillie dans trois verres renferme quelques filaments dans le 1er verre, dans 2 autres elle est claire.

C’est encore un exemple de faux rétrécissement chez un ancien urinaire (un ancien rétrécissement vrai) qui est resté encore, du fait de son fonds névropathique, convaincu dela stricture de son canal.

Ogs. 22 (2). — M. Lebl..., 40 ans, se plaint des troubles suivants : Quand le malade vient de se lever et qu'il a envie d’uriner, il est obligé d'attendre un peu pour uriner, puis une fois que l’urine est venue la miction se continue aisément. Dans la journée, à la suite de la marche, il urine mieux. Quelquefois il lui arrive, quand il urine, de voir le jet s’arrêter brusquement pour recommencer ensuite. Pas de douleur en urinant. Certains jours urine toutes les demi-heures mois d'habitude 4 à 5 fois par jour ; pas de miction nocturne.

(1) Observation provenant de la polyclinique des voies urinaires de Tenon (service du Dr BAZY). j

(2) Recueillie à l'hôpital Tenon, dans le service de M. BAzy.

Le jet n’a pas diminué de force. Il éprouve en outre, souvent, une sensation de gène dans le bas-ventre. A l’examen, l'explorateur 19 passe avec un arrêt à l’aller et au retour, produisant non un ressaut net, mais une sensation de serrement. On constate du tremblement des mains et des lèvres, analogue au tremblement éthylique. Les réflexes sont exagérés.

Oss. 23. (Personnelle.) — P..., 28 ans, chauffeur à l'Ouest, se présente à la consultation de Beaujon, parce qu’il a des envies fréquentes d’uriner (toutes les demi-heures le jour, se lève très rarement la nuit pour uriner).

‘Pas de douleurs en urinant, jet de force normale. A l’occasion d’efforts,

de toux, d’éternuements, le malade perd quelques gouttes d'urine. Pas d’incontinence nocturne. Les urines sont claires, normales. A l’exploration, on constate un spasme du sphincter membraneux.

-C’est un éthylique avéré (cauchemars, crampes, pituites). N’a jamais eu de blennorraghie. Il y a trois mois, -il aurait été pris d’ « enflure du ventre », de douleurs vagues hypogastriques, d’incontinence d'urine. Il aurait pris quelques bains sulfureux et ces phénomènes auraient disparu jusqu’à il y a huit jours, où ont reparu les symptômes sus-énoncés.

Ogs. 24. (Personnelle.) — Spasme uréthral. — Lor..., cuisinier, 27 ans, vient consulter à l'hôpital Beaujon, pour üne douleur siégeant à l’hypochondre gauche et s’irradiant en bas dans la direction de l’uretère, et pour des envies fréquentes d’uriner (toutes les heures). L'idée seulement d’uriner lui provoque aussitôt le besoin d’uriner. Quand il va en omnibus, les cahots lui provoquent le besoin d’uriner. Il prétend que la douleur de l’hypochondre gauche, qui ne répond du reste à aucun signe physique, l'empêche de travailler. Elle n’est pas réveillée par la palpation. Il a été soigné, dit-il, à l'hôpital du Caire, pour un rétrécissement de l’urèthre. Il a eu plusieurs blennorrhagies, la première remontant à l’âge de 15 à 16 ans. Il a eu aussi un chancre induré à l’âge de 19 ans. Sa syphilis n’a pas été traitée régulièrement. A l'examen, l'explorateur n° 20 est arrêté à la région membraneuse, la boule n° est passentie par le palper périnéal ; on franchit, en provoquant une douleur vive, le sphincter membraneux. Le sujet est nerveux et probablement éthyliqu e. Les réflexes rotuliens sont diminués ; le signe de Romberg est indiqué; pas de signe d’Argyll Robertson. On soumet le malade au valérianate d’ammoniaque. Revu une

‘quinzaine de jours après; il accuse une très grande amélioration.

II, — Faux urinaires vésicaux.

A. — FAUssEs CYSTITES . $ 1. — Pollakiurie psychopathique.

Oss. 25. (Personnelle.) — M. Brid..., gardien de la paix, 36 ans, se présente à la consultation des voies urinaires de Saint-Louis, se plaignant d’uriner très souvent (20 fois environ le jour, 2 fois la nuit au minimum et chaque fois qu’il se réveille). Il éprouve en outre une douleur à l’extrémité de la verge. Il n’a jamais pissé de sang. Cette fréquence des mictions aurait débuté il y a cinq ans environ, ainsi que la douleur à la miction ; il affirme n'avoir jamais eu d'écoulement. C’est depuis ce moment qu’il urine «comme un vieux, selon son expression, que le jet d’urine tombe sur ses genoux ». Le besoin d’uriner est impérieux. Dès qu’il sent le besoin, il faut qu’il le satisfasse aussitôt. La vue d’un urinoir suffit pour lui produire aussitôt le besoin d’uriner. Quand il se présente pour uriner, il est obligé d'attendre avant que l’urine apparaisse. La miction s’interrompt brusquement, le jet s’arrête pour recommencer ensuite. Il n’a pas d’incontinence.

Il aurait fait à cette époque des excès de boisson. Il déclare spontanément s’être livré, jusqu’à l’âge de 20 ans, à des excès d’onanisme auxquels il paraît rapporter les symptômes actuels. Les urines recueillies dans trois verres sont claires. L’explorateur no 21 passe facilement. On ne saurait donc incriminer une lésion de la vessie ou de l’urèthre.

C’est un sujet impressionnable; il a souvent des « idées noires »; il a des stigmates névropathiques (anesthésie oculaire, pharyngée, anesthésie cutanée). Les réflexes rotuliens sont conservés, pas de douleurs fulgurantes. Absence de sucre et albumine dans les urines. Ayant déjà eu l’oceasion d'observer des améliorations notables à la suite de l’application des rayons X à des incontinences d’urine-névroses, nous essayons le même procédé de suggestion chez ce malade.

À vrai dire, il n’a pas été amélioré, la pollakiurie a continué. Il n’a subi du reste que quatre séances de rayons X.

Oss. 26. (Personnelle.) — Comp... 30 ans, vient à la consultation des voies urinaires de Saint-Louis, parce qu'il urine souvent : toutes les heures environ le jour et 4 à 5 fois la nuit. Il éprouve une douleur à la fin de la miction. N’a jamais eu d’hématurie. Une blennorrhagie il y a un an, soignée avec l'injection de Ricord, qu’il se faisait lui-même.

Cystite et prostatite consécutives pour lesquelles il est soigné à Necker. Il sort guéri de cet hôpital, lorsqu'il y a un mois ont apparu à nouveau les besoins fréquents d’uriner. Cette pollakiurie l’inquiète et lui fait craindre d’avoir de nouveau une cystite. Les urines sont claires dans les trois verres. L’explorateur n° 19 passe facilement. = C’est encore un exemple de faux urinaire chez un ancien vrai urinaire.

Oss. 27. (Personnelle.) — Le nommé Maz..., cocher, 19 ans, se présente à la consultation des voies urinaires de Saint-Louis, pour des envies fré-

. quentes d’uriner. Il a eu sa première blennorrhagie il y a trois mois, qu’il (3 y q

a soignée avec des injections qu’il se faisait lui-même. C’est depuis une quinzaine de jours qu’il a des envies plus fréquentes d’uriner (toutes les demi-heures environ). Jamais d’hématurie. À l’examen, le méat est un peu humide, mais pas de sécrétion purulente.

1er verre : les urines claires avec quelques filaments.

2e verre : les urines claires.

3e verre : urines claires.

L’explorateur n° 24 passe facilement ; il est arrêté par le spasme de la région membraneuse.

Varicocèle léger.

Oss. 28. (Personnelle.) — Cam..., 43 ans, pollakiurie, mictions toutes ‘les heures. Urines claires dans les trois verres. Pas d’antécédents uri- ‘naires ; pas de blennorrhagie antérieure (?), ni sucre, ni albumine, canal “libre.

Os. 29. (Personnelle.) — Lev..., 54 ans, vient consulter parce qu’il urine souvent (toutes les dix minutes), et à la fin de la miction, il éprouve comme ‘une sorte d «éblouissement». Pollakiurie diurne. Qnard il a fini d’uriner, il lui arrive quelquefois de laisser échapper quelques gouttes sans le sentir. Les urines sont claires dans les trois verres. L’explorateur n° 20 passe -gans ressant au retour. Pas de sucre dans les urines. Réflexes normaux. Prostate très légèrement augmentée de volume.

Oss. 30. (Personnelle) — Mart..., 21 ans, vient à Saint-Louis consulter, -parce que depuis une quinzaine de mois, il a des mictions très fréquentes; il - urine toutes les demi-heures environ le jour et huit à dix fois par nuit. - En outre, survient une douleur au commencement de la miction. Il n’a . jamais uriné de sang, n’a pas eu de blennorrhagie. Les urines sont clai- «res dans les trois verres. L'explorateur n° 20 passe facilement. La capacité physiologique de la vessie paraît diminuée. Le malade sent le besoïn

d’urinér après l'introduction dans sa vessie de:125 grammesd’eau. La :tête de l’épididyme est:peu grosse.:Par le toucher recfal, -onsent la vésicule séminäle droite un. peu augmentée: de volume, légèrement bosselée:et; douloureuse. Il tousse beaucoup: l'hiver (râles de bronchite}, mais cé qui est le plus en rapport avec cette pollakiurie; c'est l'état :névropathique ; il est tantôt irritable, tantôt: émotif. IlL:pleure: facilement: Réflexe pharyngien aboli, hyperesthésie dans les fosses iliaques.

: 08s: 81. (Personnelle.) — Notor..., 32 ans, vient consulter à: Saint- ‘Louis parce qu’il n'a pas d’érection. Il a de la fréquence des mictions, toutes les heures environ le jour, absence la nuit. Les urines renferment quelques filaments dans le premier verre, mais sont claires dans les deux autres. Pas de sucre dans les urines. Varicocèle gauche. Une blennorrhagie il y a dix-huit mois, qui a duré quarante-cinq jours environ.

Oss. 32. (Résumée.) — Leb..., pollakiurie légère (besoin d’uriner toutes les e heures environ). Urines claires. Pas de rétrécissement, sproe des difficultés à uriner. Blennorrhagie il y a vingt ans.

O8s. 33. (Personnelle.) — Guil.…., 46 ans, employé, a eu une blennorrhagie il y a deux ans, mais auparavant, avait eu un grand nombre d’écoulements. Il accuse des mictions fréquentes, un jet petit, difforme, l'urine sort en vrille, Quand il est assis, il lui arrive de laisser échapper un peu d'urine, La miction est prolongée. Les urines sont claires dans les trois verres. L'explorateur n° 15 passe facilement. C’est un psychopathe (tremblement des mains, réflexe crémastérien exagéré, hyperesthésie cutanée) et un éthylique (cauchemars nocturnes).

Oss. 34. (Due à l'obligeance de notre collègue et ami Isezin.) — Bab..., garçon boucher, entre à l'hôpital Saint-Louis pour la fréquence des mictions. Celles-ci reviennent tous les quarts d'heure environ sans aucune douleur. Il lui arrive quelquefois de se sentir mouillé après la fin de la miction. Pas d’incontinence d'urine nocturne, ni de pollakiurie nocturne. Ces accidents remontent à onze mois environ, époque à laquelle il a perdu une sœur aînée, brûlée vive, ce qui lui produisit une très vive et pénible émotion. Il avoue, du reste, avoir fait des excès d'onanisme. Pas d'antécédents héréditaires, mais ilesttrès nerveux, très impressionnable, il présente des troubles vaso-moteurs d'ordre émotif, de l’asphyxie locale des extrémités, abolition du réflexe pharyngien et oculaire, abolition du réflexe crémastérien, voute palatine ogivale. Les urines sont claires, il n’y a pas trace de cystite.

Oss. 35. (Résumée.) — Vi..., 28 ans, pollakiurie depuis trois mois, augmentée par la marche. Blennorrhagie il y a dix ans, guérie sans complications. Un n° 20 passe en provoquant un spasme de la portion membraneuse qui enserre la boule à l'aller et retour. Jamais d'hématurie, ‘sujet émotif, impressionnable. Urines légèrement troubles dues à des phosphates.

Oss. 36. (Résumée.) — De Chau v..., employé de commerce, 24 ans, Blennorrhagie il y a:un an et demi, soignée à l'hôpital Ricord par balsamiques et lavages. Plus d'écoulement uréthral. Envies fréquentes d'uriner Je jour, non douloureuses. Urines claires.

Ogs. 37. (Résumée.) — Le nommé Past... 38 ans, se présente à la consultation à l'hôpital Tenon. Trois blennorrhagies antérieures, En juillet 1896, blennorrhagie aiguë, douleur de la miction, fréquence des mictions (dix à quinze par jour), hématurie, rend quelques graviers blanchätres. Urines troubles. Actuellement, douleurs vésicales spontanées et provoquées par la miction plus accusées au commencement et à la fin. Quinze à vingt mictions par jour, trois fois la nuit. Mictions lentes à se produire quand le malade a retenu longtemps ses urines. Urines absolument claires dans les trois verres.

Retard de la miction, douleurs de la région rénale, urèthre libre, pros-

tate normale. Vessie tolérante à la distension. Exploration vésicale néga-

tive. Le sujet est nerveux, irritable.

Oss. 38. (Résumée.) — Le nommé Coud..., 54 ans, présente des envies fréquentes d’uriner, douleur au début de la miction. Jamais d’hématurie, urines normales et claires, vessie négative à l'exploration, hyperesthésie des membres inférieurs. Ethylisme. |

Oss. 39. (Résumée.)— Lam..., 41 ans, vient consulter à la clinique des voies urinaires de Tenon parce qu'il uriné difficilement. La miction se fait avec effort. Il a en outre de lapollakiurie, surtout diurne ; besoins d’uriner toutes Les heures environ le jour. La poliakiurie augmente sous l'influence de la marche. Pas d'hématurie. A l'exploration, urèthre et vessie normaux. Prostate normale, réflexes conservés.

Os. 40. (Personnelle.) — Hum..., 64 ans, éprouve des douleurs dans la région sacrée et le bas-ventre depuis 18 mois; mais cette douleur est de-

venue plus intense depuis trois semaines. En outre, elle urine souvent,

toutes les demi-heures le jour et 5 à 6 fois la nuit. Elle peut retenir l’urine,

-mais à la moindre quantité d'urine que renferme sa vessie elle sent une

sensation de pesanteur qui l’oblige à uriner. Les mictions ne sont pas douloureuses. On retire de la vessie des urines claires, On ne constate rien d’anormal du côté de l'appareil génital, mais il y a des signes d’éthylisme (cauchemars nocturnes, pituites matutinales).Abolition des réflexes rotuliens. On soumet la malade aux rayons X; au bout de six séances elle n’urinait plus que toutes les deux heures le jour et deux ou trois fois la nuit.

Ogs. 41. (Personnelle.) — G..., 31 ans, mécanicien. Blennorrhagie en 1895 qui a duré deux mois et était guérie. Depuis trois semaines il éprouve une légère douleur à la fin de la miction et a des besoins fréquents d’uriner, surtout quand il se fatigue. Les urines des trois verres sont claires. Testicule et épididyme sains. L’explorateur n° 20 passe facilement. Léger varicocèle, ni sucre ni albumine. Réflexes plutôt exagérés. On constate ‘que le rein du côté droit est légèrement mobile.

Os. 42. (Personnelle } — Vine.., 34 ans. Blennorrhagie en 1892, durée trois semaines, suivie de cystite, a conservé une goutte matutinale. Depuis un an environ, éprouve des douleurs sacrées et lombaires. Il urine toutes les deux heures environ sans douleur ni au commencement ni à la fin de la miction. Les urines sont très claires dans les trois verres. Varicocèle double plus accusé à gauche. Stigmates nerveux.

Oss. 43 (Personnelle.) — B..., 25 ans, étudiant en droit. Il y a un an a eu une blennhorrhagie qui aété traitée avec des lavages au permanganate de potasse, Il a persisté une goutte matutinale. Pendant ces deux derniers mois a subi des injections de permanganate de potasse et du massage de la prostate. La goutte a disparu, mais il reste. encore un léger suintement. Pas d’orchite ni cystite. Actuellement (mars 1899), il vient parce qu'il urine plus souvent depuis dix mois, toutes les deux heures environ, le jour. La vue d’un urinoir lui provoque aussitôt le besoin d’uriner.

Le matin les premières urines qu’il émet sont épaisses, blanches, laissant un dépôt (phosphates). Il est très nerveux et neurasthénique, se préoccupant beaucoup de son urèthre. Il craint d’avoir la cystite. Pendant six mois il a rompu avec ses habitudes antérieures. Déjà neurasthénique avant sa chaudepisse, celle-ci n’a fait que l’augmenter. Il croit avoir des varices sur la verge. Varicocèle double. Il y a six ans, il aurait eu des pertes séminales constantes et serait resté impuissant pendant un an.

Oss. 44. (Communiquée par M. Bazv.) — M. X..., 29 ans. En 1889, à la suite de deux coïts dont le deuxième n’a pas été satisfait, il a été pris le soir même d’envies fréquentes d’uriner. Il a eu la blennorrhagie et un

chancre syphilitique, dit-il, très bénin, il y a trois ans ; a eu la fièvre typhoïde à 12 ans. Il aune vessie pudique, ne peut uriner en public. Son père est nerveux; abolition des réflexes rotulien et pharyngien; anaphrodisme depuis trois à quatre mois; facies amabilis. Il a toutes les apparences d’un névropathe. Le docteur qui l’a envoyé à M. Bazy avait pensé à une cystite

à cause des besoins fréquents et impérieux d’uriner; et comme il a des

antécédents bacillaires dans sa famille, il se demandait même si ce ne pourrait être une cystite tuberculeuse. Les urines sont claires. Il s’agit d’un faux urinaire vésical.

Ogs. 45 (1). — M. V..., 32 ans, homme de lettres,

Antécédents héréditaires. — Père eczémateux, nerveux, mère rhumatisante,

Antécédents personnels. — Blennorrhagie en 1890,

V...esttrès nerveux, impressionnable, sujet à des crises subites d'idées noires. Neurasthénique avéré. En 1890, blennorrhagie suraiguë très douloureuse; la période d’acuité dure trois semaines avec des envies d’uriner très fréquentes et très douloureuses, des érections nocturnes très fortes. Le traitement antiphlogistique est de peu d'effet sur ces symptômes, bien que le malade se plie très scrupuleusement à l'hygiène et au régime prescrit. Pendant cette période, comme pendant la suite de sa maladie, M. V... est très déprimé moralement et physiquement, et présente des symptômes nerveux intéressants. Il ressent des envies d’uriner brusques et impérieuses, provoquées par le bruit d’une clef dans une serrure, par la vue de l’eau. Lorsqu'il doit traverser un pont sur laSeine, fût-il en voiture, l’envie d’uriner se produit impérieusement et le malade doit la satisfaire sous peine de ne pouvoir traverser sans souiller sa chemise, etc. Au bout de cinq semaines de traitement antiphlogistique, début des lavages au permanganate de potasse et guérison en 16 lavages. Le malade est convaincu qu’en raison de l’acuité de sa chaudepisse, il aura plus tard un rétrécissement ; mais il sait, pour l'avoir entendu dire, que ce rétrécissement ne doit pas se produire avant quelques années, aussi vit-il tranquille jusqu’en 1896. Au début de cette année il lui semble que son jet diminue un peu, il n'ose venir consulter par crainte de l’exploration instrumentale qu’il redoute beaucoup. Il patiente, mais les symptômes vont en augmentant peu à peu, diminution dans la force de projection et la grosseur du jet, efforts pour uriner; il a de plus des érections un peu douloureuses, l’éjaculation est brûlante et se fait mal,

(1) Cette observation nous a été obligeamment communiquée par M. le D: G,. COLIN, que nous remercions.

M. V::. disant qu'il sent le: sperme :S’arrêter !cotitre un. L Obstacle: puis

s’écouler en bavant, £ (ESS £ j

Il tente lui-même, en avril 1896, -un Hcatirétéris ass äl éhone- et vient. me trouver le 12 septembre 1896, consterné-et persuadé qu'il est porteur d’un, : rétrécissement « serré et qui sera difficile et douloureux à traiter ». IL: urine.devan£ moi, son jet est très pétit. J inirefuis une boule exploratrice: n°:22, qui bute-contre le sphincter sans réussir à le franchir, demême: pour le n° 20. Je fais une injection intra-uréthrale: de 10: grammes d’une: solution de cocaïne à 1 p. 200 et j'introduis sans difficulté un Béniqué:50, que je laisse quelques secondes dans le canal. Après l’avoir retiré je comcommande au malade d'uriner; le jet d’urine, à la stupéfaction de M. V..., ést tout à fait normal. Depuis ce jour il a perdu ses inquiétudes, so n jet d'urine est resté normal, les douleurs de l'érection et de l’éjaculation ont disparu. Les organes génito-urinaires étaient sains, Furine claire. EE.

‘ Le malade a été revu en septembre et octobre 1896, en novembre 1897, € il ne se préoccupait plus de son urèthre et ses craintes d'autrefois avaient disparu.

O8s. 46 (1). —M.S..., 43 ans, vient consulter M. le D' Bazy, le 10. novembre 1889, Il a des envies fréquentes d'uriner jour et: nuit depuis. dix à douze ans. La nuit il croit uriner plus souvent parce que ces envies troublent son sommeil et attirent son attention plus que dans le jour. Il a. dela difficulté à sé mettre en train pour uriner. IL a des douleurs dans: les jambes. Les réflexes patellaires sont absents. Pas de réflexes pharyn-, giens. Urèthre et prostate sains. La vessie se vide bien, pas de -Biye0se dans les urines, mais augmentation de l’acide urique.

M. Bazy se demande si cet excès d'acide urique ne joue pas le rôle. d'agent provocateur par la légère excitation qu’il détermine sur la muqueuse vésico-uréthrale.

Os, 47 (2}. — M. G.., ancien militaire, livré actuellement aux travaux de cabinet, se plaignait depuis quelque temps de troubles dans les fonctions de la vessie. Comme j'avais traité un calculeux de sa famille, il vint me consulter, mais déjà il avait employé inutilement un grand nombre de moyens adoucissants. Il éprouvait de fréquents besoins d’uriner, avec une douleur vague, sourde, profondé au pubis, à l’hypogastre, au périnée, au sacrum. Quoique cet état de souffrance ne fût pas constant, il'

(1) BAZY. Faux urinaires Blycosuriques. Archives générales de Médecine (2) Observation de CIVIALE, Traité Maladies org. génito-urin., 1858, t. IT *

en était fort tourmenté. À certaines heures de la journée, il avait la plus grande peine à-satisfaire les’ besoins d’uriner qui revenaient alors coup sur coup. IL se crut un instant attaqué de la pierre, mais d’après les réponses qu'il fit à mes questions, je reconnus qu'il n’était atteint que d’une névralgie du col vésical. Je le soumis au traitement ordinaire. A la cinquième ‘introdction d'une bougie, il s ’aperçul d’une amélioration notable mais qui resta stationnaire, ce qui me détermina, après la douzième introduction, à faire quelques injections d’eau fraîche dans la vessie. Je prescrivis en même temps les douches froides sur l’hypogastre, le périnée et la pärtie interne des cuisses. À dater de ce moment le malade cessa entièrement de souffrir et depuis vingt ans, son état n’a pas changé. M. G... présentait une particularité qui se rencontre fort souvent dans toutes les maladies de l’appareil génito-urinaire ; il éprouvait une tristesse, des inquiétudes, un dérangement, hors de proportions avec la gravité réelle de son état,

O8s 48 (1). — X..., 43 ans, se présente à la consultation du Dr Guiard, le 17 septembre 1887, pour envies fréquentes d’uriner (toutes les demiheures le jour, cinq à six fois la nuit). Besoins impérieux qui s’accompagnent de douleurs dans l'aine gauche quand ils ne sont pas immédiatement satisfaits. Pas de cystite (urines claires) pas de douleurs pendant la miction. Pas de calcul. C'est un nerveux, impressionnable, mais pas d'affection médullaire ni cérébrale. Ni sucre, ni albumine, ni polyurie. Cette pollakiurie dure depuis une vingtaine d'années à la suite de-deux blennorrhagies. Il a consulté plusieurs médecins dont M. Guyon, et suivi divers traitements : instillations, électrisation localisée du sphincter. L'unique traitement institué par le Dr Guiard fut : la défense absolue au malade d'uriner plus souvent que toutes les quatre heures, après lui avoir démontré, en injectant 400 grammes de liquide dans sa vessie, que celle-ci pouvait les contenir. Or le lendemain il n'urinait plus que six fois en 24 heures, bientôt quatre à cinq fois par jour et guérison persistante.

Os. 49 (2). (Résumée.) — Homme, 41 ans; mictions toutes les heures le jour, toutes les deux heures environ la nuit. Pas de douleur à la miction, pas de calcul, ni cystite, ni rétrécissement (bien qu'ayant été soigné pour un rétrécissement), pas d’affections médullaires.

Même traitement : Retenue volontaire de l'urine pendant au moins 4 heures. Au bout de quelques jours, il n’urinait plus que 6 à 7 fois par jour. Guérison persistante.

(2) GuiARD. Annales des Mal. org. génito-urin., avril 1891.

Oss. 50 (1). (Résumée.) — Homme, 28 ans; 12 à 15 envies d'urine par.

jour. Ancien blennorrhagique. Pas de cystite,. ni de lésion de l'appareil urinaire. Même traitement que ci-dessus. Même guérison.

Ons. 51 (2). (Résumée.) — Homme, 34 ans, très nerveux, très impres-

sionnable, qui avait été considéré dix ans auparavant comme atteint de. cystite et prostatite “tuberculeuse. Jamais de blennorrhagie. À 24 ans,

début des envies fréquentes d’uriner (7 à 8 fois le jour et la nuit). Actuellement, toutes les deux heures le jour, 3 à 4 fois la nuit. Pas de douleur. A l’examen, pas trace de cystite ni prostatite. Dilatation de l'estomac. Même traitement : retenue volontaire des urines. Guérison.

Oss. 52 (3). (Résumée.) — Mme C.., 48 ans, d’une famille nerveuse, a uriné au lit jusqu’à 6 ans. A 33 ans, commence à uriner souvent, d’abord le jour, puis jour et nuit. Les urines étaient claires. Elle fut successivement soignée pour de la cystite, puis par un traitement local interne, puis pour de la cystite de nouveau (à ce moment-là, 50 mictions par jour et 6 la nuit). On lui fit ensuite : 1° une incision du col utérin ; 2° un traitement électrothérapique; 3° l’ablation de l’utérus et des annexes. Le résultat fut négatif contre la pollakiurie. Elle vint trouver le D' Janet en juillet 1894; elle.avait 50 mictions environ par jour et 6 à 10 la nuit. La malade en était réduite à se confiner dans sa chambre. Les urines sont claires et normales, la capacité vésicale est de 100 grammes. Le traitement institué fut la dilatation progressive de la vessie. Au bout de 26 séances, elle n’urinait plus que 4 à 5 fois par jour, 1 fois la nuit; la guérison s’est maintenue.

Os. 53 (4). (Résumée.) — R..., 37 ans, neurasthénique. Démangeaisons entre les jambes. Mictions fréquentes (toutes les heures le jouret 5 à 6 fois la nuit) depuis sept ans. Urines normales et claires. Canal normal. Traite-

ment : 30 séances de dilatation progressivé de la vessie. Au bout de deux

mois, guérison (5 mictions par jour, 1 la nuit).

Os. 54 (5). — Le nommé A. C..., 21 ans, se présente le 23 juillet 1896 à la consultation des voies urinaires de Tenon. Père et mère bien portants. Il est garcon marchand de vin depuis trois ans. En novembre 1895 (il y a dix mois), le malade a commencé par éprouver, à la fin de chaque

() GutraARD. Annales des Mal. organes génito-urin., avril. 1891. (2) Zdèm.

(3) JANET. Annales Mal. org. génito-urin., 1895.

(4) JANET. Annales Mal. org. génito-urin., 1895.

(5) Recueillie dans le service de M. Bazy.

mins

miction, une sensation douloureuse siégeant au niveau surtout du gland. Il avait en outre de la pollakiurie diurne et nocturne. Puis deux mois après de l’incontinence d'urine qui était au début diurne. Sans sentir l’envie d’uriner il perdait presque chaque heure une petite quantité d'urine et chaque fois cette miction involontaire se terminait par la douleur qui avait été le premier accident dont avait souffert le malade. Cette incontinence d’urine diminuait avec le repos. Un mois après l’incontinenéé devint diurne et nocturne. Celle-ci ne se répéta pas souvent. Il n’arriva que rarement au malade, pendant ces sept derniers mois, de mouiller ses draps, tandis qu’il ne se passe pas de jour où il ne mouille son pantalon. La nuit il est réveillé en moyenne cinq, six fois par une envie de miction qu'il doit satisfaire sur-le-champ chaque matin et peu abondante, et elle se termine toujours par une petite douleur. Jamais d’hématurie.Pas d’antécédents vénériens

État actuel. — Incontinence d'urine diurne, miction involontaire peu abondante chaque heure. Douleur terminale légère à la fin de la miction. Incontinence nocturne incomplète, la sensation de l'envie d’uriner réveille le malade et lui permet de ne pas mouiller ses draps, mais il faut qu'il satisfasse immédiatement l’envic. Pas de signes de haut mal, pas d’éthylisme. Pas de stigmates hystériques. Un peu d’hyperesthésie cutanée. Le sujet, âgé de 21 ans, est de taille moyenne, bien constitué, mais a une expression de découragement inscrite sur la figure. Il avoue être obsédé au suprême degré par son infirmité.

Examen. — L’exploration de l’urèthre avec l’explorateur à boule n° 16 est très douloureuse. Le passage de la portion membraneuse provoque un spasme de l’urèthre et une contraction des muscles de la cuisse assez violente. La chemise du malade est mouillée. Le toucher prostatique est négatif.

On peut donc ranger ce cas dans la catégorie des pollakiuries psychopathiques accompagnées de spasme uréthral et d’incontinence d’urine diurne.

S 2. — Cystalgies. Vessies irritables. Névralgies vésicales ,

O8s.. 55 (1). — Mme B... a subi l’ablation d’un kyste de l’ovaire il y a huit ans. Depuis cette époque, pendant environ 5 ans elle sent de loin en loin des douleurs à la région hypogastrique ; il y a trois ans ces douleurs redoublèrent et les urines se chargèrent de pus. Le diagnostic porté alors par un médecin fut celui de cystite. On fit des lavages boriqués de la vessie

(1) Cette observation nous a été communiquée par M. Bazy, E. 11

pendant trois mois sans résultat. On essaya ensuite les lavages au permanganate de potassé à 1/6000. Le pus diminua pendant un certain temps, disparut même mais ne tarda pas à revenir. Le médecin de la malade songea alors à une cystite symptomatique. En raison des irradiations douloureuses du côté de l’anus, de leur accroissement notable par la voiture, le chemin de fer, la marche, on pensa à un calcul vésical. Les mictions devinrent très fréquentes et douloureuses, surtout à la fin. L’exploration métallique de la vessie resta négative. La vessie ne pouvant supporter plus de 50 grammes d’eau boriquée.

M. Bazy voit la malade, il constate que le trouble des urines est dû à la présence de carbonates en excès. L'examen de la vessie est négatif. La malade, il est vrai, accuse une douleur dans la région rénale gauche, elle aurait rendu, d’après son médecin, de petits graviers. |

Il se peut que la malade fût une lithiasique rénale, mais dans tous les cas elle n’avait pas de cystite, ce ne pouvait être que de la cystalgie réflexe, il s’agit donc d’une fausse cystite.

O8s. 56 (1). — M. C..., artiste peintre, 28 ans, vient me consulter le 17 juin 1898 pour des envies fréquentes d'uriner accompagnées de douleurs. Les urines sont troubles, et le malade vient avec le diagnostic fait par lui de cystite. C’estun névropathe, il a uriné au lit jusqu’à l’âge de 15 ans. A:

* 21 ans il a eu une chaudepisse bien guérie en six semaines. Les envies d’uriner sont fréquentes le jour, surtout après les repas, mais le malade se relève de une à deux fois au plus la nuit. Les urines sont troubles, opalescentes, mais s’éclaircissent par l’addition de quelques gouttes d'acide acétique. L’urèthre est libre et laisse passer un explorateur à boule n° 23, avec un ressaut douloureux au sphincter et un temps d’arrèt marqué en ce point. Reins normaux.

Le malade est dyspeptique, son estomac est un peu dilaté. Je prescris une potion de sulfate de strychnine, des cachets de naphtol et charbon végétal, des frictions aux gants de crins tous les matins, un régime alimentaire et une hygiène appropriée. Au bout de trois semaines de ce traite-

ment, le malade va beaucoup mieux, mais il lui reste un peu de douleur

uréthrale pendant la miction, bien que l'urine soit normale et le canal indemne. Je fais ajouter au traitement déjà prescrit des lotions périnéales froides matin et soir et je passe en quatre séances des Béniqués 44 à 56, en même temps que je fais des injections intravasculaires de sérum artificiel contre l’état de dépression générale persistante.

(1) Cette observation nous a été obligeamment communiquée par le Dr G. COLIN.

ER Fons.

Au début du mois d'août le malade était complètement guéri. Je l'ai : revu depuis (octobre, novembre 1898) ; il continue à soigner son estomac et ne se plaint plus de ses organes génito-urinaires.

Oss, 57. (Personnelle.) — Mme Trest..., 46 ans. Pas d’antécédents urinaires jusqu’au moment (il y a 8 jours) où, brusquement, elle est prise de mictions fréquentes et douloureuses (besoins d’uriner toutes les 20 minutes environ le jour et quelquefois la nuit). Les douleurs sont surtout marquées à la fin de la miction. N’a jamais pissé le sang. Les urines sont claires dans les trois verres. Pas de lésions de l’appareil génital. Bien réglée. L’utérus est en antéversion et mobile. Les culs-de-sac sont libres. Lamalade est nerveuse ; les pupilles sont punctiformes, réagissent mal à la lumière (signe d’Argyll Robertson) ; les réflexes rotuliens sont diminués. Abolition des réflexes cornéen et pharyngien. Anesthésie cutanée.

C’est donc une pollakiurique douloureuse, présentant de la pseudocystite, chez une femme nerveuse peut-être au début d’un tabes.

O8s. 58. (Personnelle.) — M. Vaud..., 20 ans, tailleur, vient consulter à Saint-Louis, parce qu'il ressent des brülures à la fin de la miction. Comme il a déja eu une cystite il y a un an environ, il craint d’en avoir une autre.

Les urines sont claires dans les trois verres. Le premier verre renferme quelques filaments. L’explorateur n° 20 passe facilement. Il a eu une première blennorhagie il y a un an et demi, soignée par balsamiques et injections de sulfate de zinc. Quatre mois après, il est soigné à Necker pour des accidents de cystite où il est soigné, dit-il, avec des instillations de sublimé. Il est guéri au bout de quinze jours. Deuxième blennorrhagie, il y a deux mois, soignée par balsamiques et injections de sulfate de zinc. C’est parce qu il a déjà eu une cystite après sa première blennorrhagie dont il éprouve un des symptômes (douleur à la fin de la miction), que ce malade présentant les apparences d’un névropathe'et d’un impressionnable, est tout préparé à créer de toutes pièces les phénomènes de la cystite.

Ogs. 59. (Personnelle) — M. L..., voyageur de commerce, 53 ans, se présente à la consultation des voies urinaires de Beaujon parce qu’il urine très difficilement, il est obligé de faire effort. Il éprouve une douleur surtout au commencement de la miction, moindre à la fin. Il a des envies fréquentes d’uriner tous les quarts d'heure environ. Pas d’hématurie. Il est obligé de se sonder depuis trois mois, trois ou quatre fois par jour pour vider sa vessie. À cette époque, il-consulta à Lille le docteur Car-

= fi =

lier qui ne trouva pas de calcul vésical mais constata que la vessie ne se vidait pas et conseilla au malade de se sonder trois fois par jour. Il'a eu une blennorrhagie il y a vingt aus, pas de syphilis.

En 1892 apparaissent des troubles vésicaux et de la cystite.

En 1893, M. Bazy trouve à Lariboisière un calcul phosphatique ; on pratique la lithrotritie, mais après sa sortie de l’hôpital il présente dela cystite, de la difficulté à uriner et aussi à conserver ses urines.

‘En 1896, il entre à Necker pour douleurs vésicales. IL est opéré par la lithotritie d’un calcul qui était, dit-il, urique. Depuis, a toujours souffert de la vessie ; il se faisait périodiquement des lavages de la vessie, soit avec de l’eau boriquée, soit le nitrate d'argent. La pollakiurie et les douleurs à la miction n’en persistèrent pas moins. ;

Vers octobre 1897, il est atteint de neurasthénie. Il éprouve des étourdissements, des vertiges presque continuels, avec lassitude générale, douleur en casque, dyspepsie. Voit le Dr Gilles de la Tourette qui porte le diagnostic de neurasthénie. Il consulte plus tard, à la Salpêtrière, le Dr Dejerine qui l’examine soigneusement et conclut également à la neurasthénie et prescrit l’hydrothérapie,

Quand nous le voyons (avril 1889) il présente un facies inquiet, préoccupé; il assure du reste avoir des idées noires, être préoccupé par son état urinaire. Les réflexes rotuliens sont abolis mais pas de signes de Romberg ni Argyll Robertson. Il n’est pas éthylique. L’explorateur no 20 est arrêté au niveau de la région membraneuse. La boule n’est pas sentie par le toucher périnéal ou franchit le sphincter membraneux sous la pression continue et on sent au delà une légère saillie formée par la prostate et on arrive dans la vessie. On retire environ 150 grammes d'urine (résidu vésical), pas complétement limpides mais s’éclaircit par l'addition de quelques gouttes d'acide acétique, ni sucre ni albumine. L’exploration métallique de la vessie fait constater des colonnes vésicales, maïs pas de calcul. Le toucher rectal fait sentir une prostate un peu grosse.

Étant donnée la prédominance de l'état neurasthénique et la présence de ces troubles pseudo-urinaires, nous soumettons le malade aux séances de rayons X. Après la deuxième séance, le malade avait une figure plus. gaie, moins soucieuse, il se trouvait un peu mieux.

Os. 60. (Personnelle.) — Mie H.., 22 ans, professeur, vient consulter à l’hôpital Saint-Louis pour des douleurs siégeant dans la région lombaire et sacrée, douleurs lancinantes et accrues par la marche. Les mictions ne sont pas augmentées de fréquence mais sont douloureuses an commencement de la miction depuis trois mois. Cette douleur est très vive, elle est comparée par la malade à une flèche qui lui traverserait la vessie, C’est

donc surtout la cystalgie qui domine. Les urines sont très. claires, urines nerveuses. Pas de passé génital, toujours bien réglée. La. malade a les stigmates névropathiques, anesthésie pharyngienne, oculaire. L’exploration de la région lombaire est négative. La mère qui l'accompagne est également très nerveuse et paraît très préoccupée de l’état de sa fille. Celle-ci du reste a eu du surmenage cérébral, du fait de sa profession; somme toute, ce qui domine ce sont es mictions très douloureuses qui constituent le réel symptôme urinaire. On soumet la malade aux rayons X ; au bout de quelques séances elle ne se trouve pas notablement améliorée. On lui prescrit alors de l’hydrothérapie et du valérianate d’ammoniaque.

O8s. 61. (Résumée.) — M. G..., 37 ans, bijoutier, se présente à la consultation de l'hôpital Tenon, se plaignant de douleurs dans le périnée, et dans la verge à la fin de la miction. Ces douleurs s’irradieraient dans l’aine et la région lombaire. Il n’y a pas de fréquence de mictions. L’expérience des trois verres fait constater la limpidité des urines. L’explorateur n° 20 passe facilement. Le testicule et l’épididyme paraissent sains. La région rénale reste négative. Le lobe gauche de la prostate paraît un peu induré mais peu volumineux,

Comme antécédents urinaires on retrouve, en 1888, une cystite ; en 1894, il est soigné à Necker pour une cystite bacillaire traitée par des instillations au sublimé pendant huit à dix mois, sans amélioration. Il avait à ce moment de la pollakiurie, des douleurs à la fin de la miction. On aurait constaté une induration de la prostate et des vésicules séminales, En septembre 1897, il est soigné à Necker pour une uréthrite chronique avec des instillations au nitrate d'argent. Il avait les urines troubles et des mictions fréquentes.

Ce malade, qui présente en outre des ornée névropathiques, est devenu faux urinaire après avoir été, en un moment donné, un vrai urinaire.

OBs. 62. (Personnelle) — Lec..., 33 ans, comptable, vient consulter à Saint-Louis pour une douleur qu'il éprouve au commencement de la miction et pour de la difficulté à uriner, Il a eu une première blennorrhagie il y a six ans, une deuxième il y a trois ans. Après sa première chaudepisse il semble qu’il ait eu de la cystite, douleurs à la miction. Quoi qu’il en soit, actuellement les urines sont claires dans les trois verres, le canal est libre. C’est un ancien incontinent d’urine de l’enfance.

Oss. 63 (1). — Gast..., 43 ans, charretier, est examiné à Lariboisière

(1) Communiquée par M. BAzy.

en 1889,-par M. Bazy. Il se plaint de perdre sans s’en apercevoir une petite quantité d'urine. Il sent bien le besoin d’uriner, mais il perd ‘aussitôt quelques gouftes d’urine. Il a en outre de la pollakiurie diurne et

nocturne. Ces symptômes remonteraient environ à 6 mois (juin 1892) à la suite d’une diarrhée cholériforme. Après la miction le malade accuse.

aussi une légère cuisson à la partie profonde de l’urèthre. Son jet n’est

pas diminué et il n’a pas de difficultés à uriner. Il a eu une blennorrhagie

il y a huit ans, guérie. L’urine est normale sans sucre ni albumine. Il a donc

de la pollakiurie accompagnée du relächement du sphincter. C’est un.

éthylique avéré : tremblement des mains, cauchemars, exagération des réflexes patellaires.

B. — N£EURASTHÉNIE URINAIRE

O8s.64. (Personnelle.) — Gil..., 38 ans, .se présente le 17 novembre-1898: à Saint-Louis pour des difficultés qu’il éprouve à uriner qui datent d'un an. Quand le besoin d’uriner se fait sentir, la miction est longue à se faire, surtout la nuit. Il n’a pas de douleurs en-urinant, ni de la fréquence des mictions. Il lui semble en outre, que quand il a fini d'émettre l'urine, le besoïn n’est pas complètement satisfait. L’explorateur n° 19 passe facilement. Les urines sont claires dans les trois verres. Ces troubles de la miction durent depuis un an. Il ne perd pas ses urines. Diminution du désir génésique, érection conservée.

L'examen des organes génito-urinaires reste négatif. Il existe de l’inégalité pupillaire ; la pupille droite ne réagit pas à la lumière, la gauche réagit. Les réflexes rotuliens sont conservés. Il n'existe pas d’incoordination. Pas d’embarras de la parole, ni amnésie, mais quelques douleurs à caractère passager dans les jambes. Par contre, c'est un hypochondriaque, il a des idées tristes sans cause, anesthésie cutanée, abolitions du réflexe cornéen. Ces troubles dela miction font l’objet de ses préoccupations. Il a toujours été nerveux. Il n’a pas d’antécédents spécifiques personnels. Sa femme, qui aurait des maux de gorge, aurait été soignée par liodure de potassium, aurait fait une fausse couche, est suspecte de syphilis. |

On soumet le malade aux rayons X appliqués contre la région hypogastrique comme traitement psychique. Au bout de trois séances, pas d'amélioration. On continue ;‘après 9 séances, le malade se trouve très amélioré, il urine mieux. Après la 10e séance, il se sent tout à fait amélioré. I urine bien mieux, c’est-à-dire qu’il n’a plus besoin d’attendre pour entamer la miction. Les idées noires se sont évanouies. En un mot, il se trouve guéri et très satisfait.

-08s. 65. (Personnelle.} — Bard..., 39 ans, employé au gaz, vient consulter le 13 mars 1899, à l'hôpital Beaujon, parce qu’il éprouve des douleurs dans les reins, une pesanteur dans le ventre et des difficultés pour. uriner. Ces symptômes remontent à dix-huit mois. Entre temps, il.a été opéré d’'hémorrhoïdes (volitilisation) par M. Marchand. Pendant les neuf jours qui ont suivi l'opération, il a eu de la rétention d’urine complète ; il, a été sondé pendant ces neuf jours. : ;

.En septembre dernier, il raconte que son ventre est devenu dur et lourd j et, quand son ventre devient ainsi dur (probablement contraction ou contracture des muscles droits de l'abdomen), il urine peu à la fois et très souvent, tous les trois quarts d’heure environ. Au contraire, quand le. ventre devient plus « léger », il urine abondamment à la fois et peu souvent, quatre à cinq fois par jour.

. Depuis trois à quatre mois, il urine régulièrement deux fois par nuit; il a remarqué (car, faisons-le remarquer de suite, c’est un sujet très soucieux et qui s’examine très scrupuleusement) que la première urine de la nuit, émise vers les quatre heures du matin, était trouble et déposait beaucoup. Il a remarqué en outre que cette urine qui suit le premier sommeil est blanche à l'émission, qu’elle produit des cuissons quand elle passe dans le canal, qu’elle est brülante. IL a même été jusqu’à les goûter (tant elles l’intéressaient) ; elles étaient brülantes, acides. ;

En outre, il raconte, avec force détails, que les premières urines, c’està-dire la première miction qui se produit après le sommeil, est longue à se faire. Le malade est obligé de s’arc-bouter sur son lit et d'attendre patiemment que les premières gouttes arrivent. Celles-ci émises, le reste de la miction se fait d’un seul coup. Du reste, étant jeune, quand il était soldat, il raconte que, quand il voulait pisser, il était obligé de s'éloigner très loin du groupe de ses camarades. S'il sentait quelqu'un à côté, le jet s’arrêtait brusquement pour ne reprendre que quand il était isolé. C’est le type de la «vessie pudique ». Quand il va au théâtre, par exemple, pendant l’entr’acte, il sera obligé d'attendre que les urinoirs se soient complètement vidés, il attendra l'instant où il sera bien seul pour uriner.

Pendant ces périodes de pollakiurie qui coïncident avec la « dureté du ventre », suivant son expression, la vue d’un urinoir l’incite impérieusement à uriner. Quand il a fini, il s'écoule quelques gouttes d'urine dans son pantalon, il se sent mouillé.

Au point de vue génital, il est plutôt en état de frigidité. C’est un timide. Il n’a jamais eu ni blennorrhagie, ni chancre. Il s’est livré à de l’onanisme effréné jusqu’à l’âge de 18 ans.

A l'examen (13 mars 1899), on constaté des urines très claires (ner-

veuses); mais les urines de la première moîtié de la nuit, qu’apporte le -

malade, sont troubles et renferment des phosphates. Celles qu’il vient d'émettre devant nous sont hyperacides.

L'explorateur n° 18 est arrêté à la région membraneuse. Le signe de : Bazy fait constater que la boule de l'explorateur n’est pas sentie par le.

périnée. On a, du reste, la sensation de la résistance spasmodique qu’on

vaine par le cathétérisme appuyé. Au retour, le spasme persiste; la boule :

est ensérrée énergiquement par la contracture du sphincter. On provoque

de la douleur, mais pas le ressaut net fibreux du rétrécissement organique. :

Un Béniqué n° 36 passe beaucoup plus facilement. Par le toucher rectal, le

sphincter membraneux est douloureux. Le sujet est manifestement ner-

veux (anesthésie testiculaire abolie, anesthésie pharyngienne, oculaire; hémianesthésie, douleur en casque). C’est un émotif, un hypochondriaque. Les réflexes rotuliens sont exagérés; il ne paraît pas y avoir d’éthylisme. On soumet le malade aux rayons X.

Le 23 mars. Le malade se sent amélioré au point de vue de la Délai kiurie, mais il trouve que les rayons X l’énervent; il a, du reste, soigneusement noté par écrit ce qu'il ressent, avec un luxe de détails.

Le 30 mars, après onze séances de rayons X, le malade se trouve beaucoup mieux, la miction se fait sans effort et sans attente, il n’urine plus qu’une fois la nuit, et le jour beaucoup moiïns souvent. Au point de vue général surtout, il a repris sa gaieté, il se trouve très heureux et très satisfait du résultat des rayons X. Il est à croire que l’amélioration tout au moins pour la guérison est maintenue, puisqu’un mois et demi après, nous n'avons pas revu le malade.

Cette observation nous montre le type du neurasthénique urinaire qui a de la phosphaturie, du spasme uréthral, de la pollakiurie, avec un état psychopathique très marqué.

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