‹ Les Faux UrinairesChapitre 25 sur 31 · C. — INCONTINENCE NOCTURNE D’URINE · texte numérisé non relu

C. — INCONTINENCE NOCTURNE D’URINE

Oss. 66. (Personnelle.) — M. D..., 24 ans, se présente à la consultation

des voies urinaires de l’hôpital Saint-Louis, pour de l’incontinence nocturne

de l’urine. Elle pisse ainsi au lit depuis l’âge de six ans. Cette inconti- :

nence aurait cessé pendant environ six mois l’année dernière (1897). Elle

aurait eu deux attaques de nerfs, dit-elle (probablement des crises d'hys- |

térie), en juin et août. 1898. Comme antécédents personnels, on trouve

une rougeole à douze ans, et une fluxion de poitrine à dix-neuf ans. On

ne retrouve pas d’antécédents: névropathiques -caractérisés chez les parents.

Cette malade est manifestement névropathe : abolition du réflexe pharyngien et oculaire, anesthésie cutanées par plaques. Elle est prise dans le jour de besoins fréquents d'uriner, mais elle sent le besoin et peut se - retenir. Elle n’a pas d’incontinence d'urine La nuit, au contraire, elle perd ses urines. Les urines sont normales, on ne constate pas de-lésions de l'appareil urinaire, si ce n’est que le méat et l’urèthre sont très larges. Pas de lésions de l'appareil génital.

On soumet la malade à l'application des rayons X. La nuit qui suit la première séance (17 novembre), elle ne pisse pas au lit, cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. On continue les séances tous les jours. Au bout de quatre séances, la guérison de l’incontinence se maintenait, et nous n’avons plus revu la malade.

Oss. 67. (Personnelle.) — M. Ha..., 15 ans, plumassière, vient consulter le 15 novembre 1898 à Saint-Louis, parce qu’elle perd ses urines la nuit depuis son enfance. Elle a eu ses premières règles il y a un an. On ne trouve pas de lésions de l’appareil urinaire ni génital. Les urines sont très claires et pâles : urines nerveuses.

Stigmates névropathiques : anesthésie oculaire, pharyngée, cutanée. On .ne trouve pas d’antécédents d’épilepsie.

Le 15 novembre, on soumet la malade à une séance d'application de rayons X pendant deux minutes.

Le 16, le lendemain, la malade nous déclare avec satisfaction n'avoir pas pissé au lit de la nuit. On fait une deuxième séance de rayons X.

Le 17. La nuit s’est passée sans incontinence d’urine. On ne fait pas de rayons X.

Le 18. Le lendemain, la AE nous annonce avoir pissé de nouveau au lit. On fait une troisième séance de rayons X.

Le 19. La nuit s’est passée sans incontinence. Quatrième séance de rayons X.

Les jours suivants on continue encore les rayons X. Le 24 elle nous déclare ne pas avoir du tout pissé au lit depuis six nuits.

Le 25. La malade a eté soumise à onze séances de rayons X ; elle n’urine plus du tout au lit. On cesse alors les rayons X.

Elle revient (3 décembre) nous trouver, nous disant qu'elle a de nouveau pissé au lit.

- Jusque-là nous avions appliqué Énaportolnotinensct à une certaine dis-. tance de la région hypogastrique, la malade étant couchée sur un chariot:

toute habillée. Afin d'agir plus efficacement, du moins avoir un effet plus puissant de la suggestion, nous appliquons les rayons X à une certaine distance de la région hypogastrique à x.

Jusqu'au 7 décembre, c'est-à-dire pendant les quatre nuits qui ont succédé à l'application des rayons X, la malade n’a pas pissé au lit.

Le 7 décembre elle pisse au lit, mais avec cette différence qu'elle s’est. réveillée au moment même où elle pissait au lit, ce qu’elle ne faisait pas auparavant. 1

On reprend les rayons X.

Le 10. Pendant trois nuits consécutives pas d’incontinence.

Le 14. A encore pissé au lit dans la nuit, mais beaucoup moins souvent.

Le 20 décembre la malade n’a pas uriné au lit depuis deux jours.

: Afin de nous rendre compte de l'exactitude des renseignements que nous donne la jeune malade, nous avions fait venir la mère qui nous. confirma les dires de sa fille, c’est-à-dire les intermittences plus ou moins longues de lincontinence, et ce fait que, somme toute, cette jeune fille ne pissait plus toutes les nuits au lit comme autrefois, et dans tous les cas, quand elle le faisait, elle était bien moins mouillée.

À ce moment le laboratoire de radiographie étant transporté à Beaujon, | par suite du changement d’hôpital de M. Bazy, nous perdons de vue la. malade.

Nous la revoyons à Beaujon en avril 1899 où elle vient de temps à autre se soumettre aux rayons X quand il lui arrive parfois de pisser au lit. Mais elle nous affirme être très améliorée, presque guérie. Il lui arrive à des intervalles de plus en plus éloignés de perdre encore quelque peu ses urines la nuit, mais bien moins souvent et beaucoup moins.

Il faut du reste qu’elle ait une grande confiance en l'efficacité de l’application des rayons X sur son mal, car elle vient de très loin et ne craint pas de sacrifier:-une matinée pour son travail.

Cette observation nous paraît donc démontrer le rôle de la suggestion sur la guérison, nous ne pouvons pas dire absolue, mais relative, d'une incontinence d'urine datant de l'enfance, et du rôle puissant, comme suggestion, des rayons X.

O8s. 68. (Personnelle.) — Boh..., blanchisseuse, 18 ans, vient à Saint- Louis, le 15 novembre 1898, parce qu’elle perd ses urines la nuit. Cette incontinence nocturne ne se produit pas toutes les nuits. Elle a remarqué qu’elle pissait au lit quand elle buvait le soir un peu plus que de coutume ou qu’elle avait eu des émotions. JA

“"Lé jour éllé ne perd pas ses urines mais elle a un besoin impérieux de satisfaire l'envie d’uriner; elle a à peine le temps de retenir ses urines. C’est une fille assistée et de ce fait doit avoir une hérédité névropathique chargée. On ne trouve dans les antécédonts qu’une fièvre typhoïde à l’âge de 12 ans. Elle présente des stigmates névropathiques : anesthésie cutanée, abolition du réflexe pharyngien et oculaire.

15 novembre. On soumet la malade à l’influence des rayons X. Dans la nuit qui suit elle perd encore ses urines.

Le 17, on soumet de nouveau (deuxième séance) la malade aux rayons X. La nuit qui suit se passe sans incontinence d'urine.

Le 18. Troisième séance de rayons X. La nuit qui suit se passe sans incontinence ; on continue ainsi l'application des rayons X.

Le 25: La malade en est à sa huitième séance. Elle continue encore à pisser au lit, c’est-à-dire qu’elle a des nuits où elle est à sec et d’autres où elle perd ses urines. IL y a intermittence dans l’incontinence, comme du reste il y en avait avant le traitement. Nous continuons néanmoins l'application des rayons X.

Le 7 décembre. La malade nous déclare être très améliorée, elle vient de passer une période de plusieurs jours consécutifs sans pisser au lit. Il lui est arrivé encore cependant de pisser un peu au lit, mais beaucoup moins. Somme (toute, il n’y a qu'une amélioration relative. {Nous n’avons pas revu la malade.

Os. 69. (Personnelle.) — Germaine Mart..., 9 ans, nous est amenée

par sa mère, le 26 novembre 1898, parce qu’elle pisse au lit toutes les nuits, depuis l’âge de un an et demi. Le jour, elle ne s’oublie jamais. Elle n’a jamais eu d'attaque de nerfs, mais la mère est très nerveuse. Elle a été traitée par divers médicaments, donnés par le pharmacien, qui arrétaient, dit la mère, l’incontinence tant qu’elle prenait ces médicaments, mais elle urinait de nouveau au lit dès qu’on cessait les médicaments. Il se peut que cette enfant ait présenté des accidents syphilitiques, car vers l’âge de six mois elle aurait eu des éruptions aux jambes et aux lèvres, qu'on aurait soignées avec la liqueur de Van Swieten ? A l'examen local, on ne constate pas d'anomalie ni de lésions de l’appareil urinaire génital. Il existe de petits ganglions dans l’aine, des papules de prurigo sur le dos et la face. Implantations irrégulière des dents, mais pas de dent d'Hutchinson. Pas de kératite. Elle n'aurait jamais eu de mal aux yeux ni aux oreilles. Zone d’anesthésie cutanée, anesthésie pharyngée et oculaire.

On soumet la petite malade aux rayons X,

26 novembre (1re séance). Dans la nuit qui a suivi, l’enfant a uriné au lit. Ÿ

Le 27. 2e séance de rayons X. Dans la nuit qui suit, l'enfant reste à sec, n'a pas pissé au lit, mais la mère l'attribue à ce que l'enfant s'est couchée tard.

On continue les rayons X tous les jours.

Le 7 décembre. La mère reconnaît que l'enfant est très améliorée, Elle passe plusieurs nuits sans pisser au lit, et dans tous les cas, quand elle urine encore au lit, c’est en moins grande quantité. F

Le 10. Elle pisse encore au lit de temps en temps.

Le 19. On cesse à cette époque les rayons X par suite du transfert du laboratoire de radiographie à Beaujon.

La mère nous déclare voir une réelle amélioration dans l'incontinence nocturne de sa fille. C’est ainsi qu’elle a passé quatre nuïts sans pisser au lit.

O8s. 70. (Personnelle.) — H,.., 17 ans. Cette malade vient à la consultation des voies urinaires de Beaujon, parce qu’elle urine au lit depuis sa naissance. Il est vrai qu’elle n’est pas continuelle, elle se produit environ deux fois par semaine et, jamais lejour. Voici ce qui se produit : elle rêve qu’elle se promène, qu elle est prise du besoin d’uriner et elle pisse au lit. Elle se lèverait du reste la nuit, tout en dormant (somnambulisme ambulant). C'est un sujet nerveux, impressionnable. Anesthésie pharyngée et oculaire. Anesthésie cutanée par zones. On la soumet à l'influence des rayons X en augmentant progressivement la durée jusqu’à dix minutes.

Après vingt séances (1er mars 1897), le résultat est qu’elle n'a perdu ses urines qu’une fois par semaine environ, au lieu de deux auparavant.

Le 27 mars, elle revient, nous déclarant ne pas avoir pisséau lit. On fait une séance de 10 minutes (35e séance).

Le 30, elle affirme ne pas avoir uriné au lit, elle se considère comme guérie.

Voilà donc une malade qui pissait au lit deux fois par semaine

depuis son enfance, puis au bout de deux mois’environ de traitement et trente-six séances des rayons X ne pisse plus au lit et peut

être considérée comme guérie puisqu'elle n’a pas eu d’inconti-

nence nocturne depuis plus de trois semaines.

Os. 71. (Personnelle.) — Ric..., 21 ans, musicien, vient à la con-

PR

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