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naît. Ce dont il faut bien se pénétrer c’est que tous les faits de rétrécissements spasmodiques associés ou non à des troubles vésicaux non organiques doivent faire soupçonner une affection cérébrospinale ou une lésion locale voisine qui provoque un spasme uréthral par voie réflexe. Si nous insistons sur ces faits c’est que dans la pratique courante de la clinique, ils ont une importance majeure puisque très souvent ce sera un spasme de l’urèthre qui sera le symptôme révélateur d’une affection médullaire, l’ataxie en particulier, ou d’une lésion de voisinage qu’il suffira de traiter pour supprimer l'état spasmodique ». Tantôt le spasme de la région profonde de l’urèthre sera dû à un phimosis, à une étroitesse congénitale du méat, tantôt à une affection des organes voisins, rectum, anus, hémorrhoïdes, constipation, troubles des fonctions génitales, etc. Mais ce serait nous entraîner trop loin et sortir de notre cadre que de faire l’histoire de tous les faux rétrécissements et des états spasmodiques symptomatiques ou consécutifs à des lésions des voiesurinaires antérieures où supérieures. C'est dire que la dénomination de faux urinaire est assurément très élastique et qu’en somme très souvent le « faux urinaire » n’est faux qu’en tant que manifestation d’une fausse localisation d’un état pathologique. |
C’est, il faut bien le reconnaître, du côté des troubles dela miction que se manifeste avec prédilection la névrose urinaire. Les véritatables « faux urinaires » se présentent avec des signes qui rappellent une affection vésicale. C’est donc sur les faux urinaires vésicaux
que nous aurons surtout à insister.
Traitement. — Le traitement ne nous occupera pas{longtemps. En général les maladés, en constatant le passage d'une grosse sonde ou d'un Béniqué, verront leur appréhension sur l'existence d’un rétrécissement se dissiper. Il suffira de leur affirmer que leur canal est libre pour voir disparaître les phénomènes spasmodiques. La suggestion directe jouera en l'espèce le même rôle, à notre avis, que les instillations de cocaïne au 1/20 préconisées par
M. Janet. Ramay (1) n'a-t-il pas cité un cas de rétrécissementspasmodique de l’urèthre traité sans succès par l’uréthrotomie interne et qui fut guéri par la suggestion hypnotique. Le vrai traitement résidera dans la thérapeutique habituelle aux états névropathiques, hydrothérapie, etc.
Déjà Lallemand (2)en 1837, à propos du traitement des retrécissements de l’urèthre par la sonde à cautériser ou sonde porte-caustique, mettait en garde contre les rétrécissements spasmodiques « Ilest toujours important de bien savoir ce qu'on fait, il pourrait y avoir de grands inconvénients à cautériser comme des rétrécissements des portions du canal qui sont libres. Je signale cette cause d'erreur comme plus commune qu’on ne penseet je suis convaincu qu’on a souvent cautérisé sans nécessité, peut-être même a-t-on quelquefois produit des désordres graves. Onévitera ces méprises en multipliant les explorations. Le traitement des maladies de l’urèthre exige par-dessus tout de la patience et de la circonspection, il est incompatible avec lajprécipitation. » Ces conseils sont toujours vrais et d'actualité.
Civiale (3) introduisait des bougies molles en cire, et dans les cas où ces bougies molles étaient insuffisantes il pratiquait des injections dans la vessie, associées ou non à des douches locales sur l’hypogastre, le périnée, le pubis, la partie interne et supérieure des cuisses. Mais il insistait également sur l’état du moral dans la production de ces états spasmodiques ou névralgiques du col de la vessie, comme il les appelait. Il avait pressenti l'influence psychopathique. Ilfait observer queles médecins, quisont généralementles plus mauvais malades, ceux qui se tourmentent le plus, payent un large tribut à cette influence morale sur la production des psychopathies urinaires. Il cite entre autres un cas, celui d’une jeune femme très nerveuse qui fut prise d’une rétention d'urine qui était due à un
(1) RAMAY. Soc. biol., 3 juillet 1886.
2) F. LALLEMAND. Observations sur les maladies des organes génito-wrinaires. Bruxelles, 1837.
(3) CIVIALE. Loco ciîtato.
état spasmodique de l’urèthre et du col qu’il traita par la dilatation avec des bougies.
Enïintroduisant la sonde, à son premier examen, «il fut frappé de la raideur, de l’induration desparois uréthrales et du colde la vessie. De prime abord on aurait cru à l'existence d’un rétrécissement organique, tant la sonde avait de peine à passer et tant elle était serrée ». La rétention d'urine, ajoute-t-il, n’était pas due àl’atonie, car l’urine fut lancée avec force jusqu’à la dernière goutte bien que la femme fût couchée horizontalement.
$ 3. — Uréthralgie.
‘Des troubles sensitifs de la névrose urinaire peuvent se localiser uniquement à l’urèthre ou à la vessie. [lsse montrent sous la forme d’hyperesthésies cutanées dans les régions voisines. Les malades ressentiront d’abord une cuisson gênante, surtout dans la portion pénienne et la fosse naviculaire ; puis la cuisson deviendra continue ou succèdera à la miction. Quelquefois les malades se plaindront d’une sensation de «plaie dans l’urèthre », d’une véritable hyperesthésie uréthrale. Assez souvent l’urèthre sera le siège d’une douleur lancinante, périodique. donnant la sensation d’un fer chaud qu'on promènerait de l'anus au gland (névralgie uréthrale). Ces douleurs uréthrales apparaîtront souvent pendant et après la miction.
L'hyperesthésie cutanée peut être limitée à la peau du pénis. En général ces phénomènes d'uréthralgie ne se présenteront que chez les blennorrhagiques ou d’anciens blennorrhagiques.
D'après Féré (1), l'existence de l’uréthralgie dont on a signalé des formes continues et intermittentes, n'est pas bien établie en tant que névralgie pure. |
Civiale (2) a étudié ce qu'il a appelé « les névralgies ou névro-
(1) FÉRÉ. Arch. de Neurologie, 1884.
(2) CIVIALE. Loco citato,
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ses uréthrales », affections qui se manifesteraient par une perversion de la sensibilité de l’urèthre. Le plus souvent, elles seraient secondaires à des affections de la vessie (calcul, cystite), de la prostate, de l’urèthre (rétrécissements). On les observerait « chez des personnes dont le système nerveux a été ébranlé par des excès vénériens ou par des affections morales vives, chez celles surtout qui ont été déjà atteintes de névralgies dans d’autres parties du corps».Mais d’après la description qu'il en donne, il faut croire qu’il s'agissait le plussouvent decystite,car,dans certaines observations, il y avait de la fréquence des mictions, de la douleur à la miction et des urines troubles, et dans les autres cas il s’agissait de la douleur provoquée par le spasme uréthral. Cette névralgie uréthrale était du reste traitée et guérie par la dilatation et l'introduction de bougies, qui constituent également le traitement curateur du spasme
intense.
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