Scène première
LAIHIÏK, .HLIETTE." SOLAXOR l'IJOSI'KIi, pub M. .-i M"" VILLIOHTiOIK, ,™s DB JKRSOT, puis ai'lLLONKT. pui, s-.«v=.iv..u„n. liOrit- DOLLE, GODFISH .1 JEANNINE, puis MAl'- ORAINE.
SoLANCB. — Oui. monsieur Lnliurc, oui, c'ost vous If plus K^Lilil lie loiit le .juiiniiil.
JuMtTTK. — Ceilaiiienieiil <jiie vous êles le jdns ijeiilil, monsieur Lalmre.
Lahure, itur lapoaut les jouca. — Je fais ce quc je peux, mes enfanU.
SoLANtiE. — Et pourquoi n'êtes-vous pas ît la iTpélilioii î.'^iii'i'ule des Fantaisie», coniuie tout le iioiide?
Lahuki:. — Je ne lu'ofciipe pas des choses de liéûti-e. Je suis chargé de la politique l'traugt'ie.
Solange. — C'est beau!
Lahure. — Mais, c'est \ohs qui dcMiez v êlie, Ji celle H'iH'tiriou iicnci'iile... Vous êtes des artistes.
SoLAN^it:. — Evideuimeut, iious devrions y ôh-e.
Alt joiid. une biiii: vitrer, et, au delà de la baie lainatit •uloir. Au leviT du rideau, la baie exl larijcumit ouverte. Sur la banquette du couloir, ÎAiliure est assis entre les
ail notre |ilace. Seulcineitt, n - Xoi,
.Soi,AS<iE. — D'ailleurs, il u'.v
s pa.
?K'ellcr.
caniai'ades qui jouent dedans. 11 parait que c'est la
Lahi-re, — La boueî
S,)1,an<;e. — Oui. monsieur Ijiihurc. C'osl une expression du Conservât oii*e. (^uand quehjuc chose \-ous diVoûle ou qu'il vous ai-i-ive une déi-eptiou. nn dit : rt la bone! »
Juliette. — La boue!
Lahvre. — Ah ! parfaite met) I.
Juliette. — Oui, ça soulage.
Solvm;i:. — Et. dans la \ie de théâtre, ce n'est pas li-s oceasioiiB qui manquent.
Lahure, l i.an. — Si Itianca me vo.voit! (Haui.i Maintenant, mes petites aiuies, laissez-moi aller tmnilier.
Juliette. — Restez « lonsieur Laliui-e.
Pr()HPER, yiil a fiuj lit
j>eu I
specude .et maoife^te de la mauvaise humeur. '— Ohl oh!
Mesdemoiselles, vous seriez peut-être mieux dans le cabinet de M, le courriériste des théâtres !
SoLANGS^ — Il n'est pas. arrivé... Il n^ a personne au journal. Ils sont tous à la répétition...
Sur un geste de Lahure. elles se sont levées toutes Ks de^x et se retirent à droite, dans le couloir. Paraissent M. et M * ViHerbois.
M"* ViLLBRBOis (Valérie). — Prosper, M. de Jersot est-il au journal!
Prosper. — Oui, madame, il vient d'arriver.
Valérie. — Ali! je Taperçois... Monsieur de Jersot!
De Jersot. — Madame... Cher monsieur VillerboiB.M
Valérie. — Dites-moi... Ëtiez-vous à l'ambassade d'Angieterref
De Jersot. — J'y ai passé un instant... Et vous, madaïQef
Valérie. — Nous en venons, mon mari et moi.
Villebbois^ étonné. — Comment?
Valérie, avec autorité. — Nous en venons, mon mari et moi. Faites-vous un écho sur la soirée?
De JfiBSOT. — Oh! certainement... Vous me permettez de citer vos noms?
Il s'éloigne sur un signé de Valérie.
Valérte, à son mari. — Oh! pas d'observ*ations, je vous en prie !... Je sais ce que vous allez me dire... Nous n'étions pas, ce soir, à l'ambassade, mais nous aurions du y être, si vous aviez fait votive devoir! Ejt je tiens à ce que mon nom soit cité pour que votre belle-sœur ait le plaisir de le lii*e demain matin.
VniLERBOis. — Ça peut nous attirer...
Valérie, l'interrompant. — C'est comme pour M"* BourdoUe... Quand on pense que vous ne m'avez pas encore présentée à elle... avec votre situation au journal !...
ViLLERBOis. — L'occasion ne s'en est pas trouvée.
Valérie. — On la fait naître, l'occasion... C'est inouï, maintenant que je suis votre femme j'ai moins de relations que quand j'étais votre maîtresse... Venez, allons surveiller cet écho.
Guillonet. — Le patron n'est pas de retour, Prosper?
Prosper. — Non, monsieur Guillonet, mais vous trouverez là son courrier.
Guillonet. — Eh bien, Prosper, vous habituezvous à votre nouvelle situation?
Prosper. — Très bien, monsieur Guillonet. Dans les commencements, ça a été un peu dur, parce qu'il fallait se coucher à trois heures. du matin, mais je m'y suis fait; et puis, M. Bourdolle est un de ces hommes qu'on n'abandonne pas. Quand il m'a offert de le suivre, j'ai accepté avec reconnaissance.
Guillonet, riant. — Comme moi!
PROSPiâi. — D'ailleurs, j'étais dégoûté de la politique, elle n'avait plus de mystère pour moi, je devinais tout.
Guillonet. — Et, maintenant, Prosper, vous connaissez le journalisme.
Prosper. — Je peux mourir.
Guillonet va prendre quelques lettres sur le bureau de BourdoUe. en laisse d^autres. II jette un coup d'œil du côté du couloir, aperçoit Lahure et lui envoie un pet^ bonjour de la main.
Guillonet. — Bonsoir, Lahure.
Lahure, sur le pas de la porte du cabinet. — Bousoir,
(fuillonet... M. Bourdolle vient-il au journal, ce soir?
Guillonet. — Comme tous les soirs. Il est minuit, il ne tardera même pas. Je crois qu'il est allé au théâtre.
LUCE, passant dans le couloir, très élégante, tenue de soirée. Elle se retourne vers le cabinet de Bourdolle, aperçoit Lahure et Guillonet et leur dit m souriant. — BouSoir,
monsieur Lahure... Bonsoir, Guillonet. Et elle disparaît Guillonet. — Mais, venez donc un peu avec nous,
voyons... Qu'est-ce que c'est que ces manières? Luge, réapparaissant. — Je n'ai pas le temps... Il
faut que j'aille corriger mes épreuves.
Elle serre la main de Lahure.
Lahubë. — Vous avez un article, (« soir,, madame ?
LucE. — Oui, monsieur Lahure. La suite de cette petite série dont vous avez hieu voulu me faire des compliments.
Guillonet. — Moi aussi, je vous en fais, des compliments^ et vous ne m'en savez aucun gré...
Luge. — Pardon... Mais vous ne m'en voudraz pas d'attacher plus d'importance à ceux de monsieur Lahure qui est un esprit sérieux, tandis que vous vous êtes un jeune homme de la dernière frivolité.
Guillonet. — Ça ne m'empêche pas de vous dire que vos articles sur a les femmes d'aujourd'hui- » sont de petits bijoux.
Lahure. — Et ils ont en même temps de la ptofondeur.
Guillonet. — Et une grande portée.
Luge, à Lahure. — Alors, celui de ce matin ne vous a pas déplu?
Lahure. — C'est un des meilleurs de la série, peut-être le meilleur... Vous y traitez avec infiniment de délicatesse un sujet qui, sous une autre plume ' que la vôtre, aurait pu être scabreux: l'évolution de la pudeur chez la femme...
Luge, lui serrant la main. — Merci, monsieur Lahure, merci... Mais, vous me faites rester dans le cabinet de M. Bourdolle... Qu'est-ce qu'il dirait de nous voir tous les trois chez lui, sans sa permission 9
Guillonet. — 11 nous donnerait la permission, voilà tout.
Luge, sortant, à Prosper. — Si M. le directeur a quelque chose à me dire, je reste au journal.
Q*iand elle sort dans le couloir, Solange et Juliette se précipitent à sa rencontre.
Solange. — Bonsoir, madame...
.Juliette. — Bonsoir, madame... Vous venez du théâtre T Luge. — Oui, mesdemoiselles.
Juliette. — Racontez-nous...
Elles disparaissent toutes les trois.
Guillonet. — Moi, je vais dans mon cabinet.
Lahure. — Et moi, je vais attendre encore un instant. (Sortant du cabinet.) Ah! voici le patron.
Bourdolle entre, donne son pardessus h Prosper. 11 e.>t en tenue de soirée.
Bourdolle, lui serrant u main. — Mon cher Lahure...
Lahure. — Pourrai- je vous dire un mot, monsieur BourdoUe?
Bourdolle. — Certainement, Lahure... Tout à l'heure, je vous ferai appeler... (A Godfîsh et à jeannine qui le suivent.) Venez par ici, vous êtes chez vous...
Gk)DFI8H, apercevant Lahure. — Oh! le tapeur! Il lui tourne le dos.
Lahure, à part. — Parce qu'il m'a prêté quelques misérables louis, celui-là!
Jeannine. — Branchin et Marguerite nous suivent avec la comtesse.
L'ILLUSTRATION THEATRALE
BoURDOLLE. — Prosper, vous ferez entrer dans mon cabinet.
Prosper. — Bien, monsieur BourdoUe.
BoURDOLLE, à Jeannine et à Godfish. — Asseyez-VOUS...
Je VOUS demande simplement la permission de vous laisser un instant. Mon courrier Ouillonet.
GuiLLONET. — Voici, patron.
Bourdolle s'en va avec Guillonet dans le cabinet de celui-ci.
Godfish, appelant Maugraine qui passe. — YOUS SOU-
pez ce soir avec nous, jeune homme f
Maugraine. — Avec plaisir, baron.
Godfish. — Nous nous retrouverons à la rédaction.
Prosper et Maugraine sortent.