‹ Les favorites: comédie en quatre actesChapitre 47 sur 53 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

Les mêmes, LUCE

La Comtesse. — Quel succès, ma chère amie!

Vous devez être contente!

Luce. — Je l'avoue... Et vous, mon cher directeur? Car c'est aussi un succès pour le journal.

Bourdolle. — Je crois bien!

La Comtesse. — Vous paraissiez très émue, en commençant.

Luce. — C'est que je jouais une grosse partie!... Je sentais la salle mal disposée, nerveuse... On m'attendait... Ah! j'avais là quelques amies, on peut le dire... Marguerite Howard et Jeannine entre autres... Elles étaient au premier rang... A un moment donné, j'ai entendu Marguerite qui disait à sa voisine : « Elle a une articulation déplorable. » Alors, au lieu de m'abattre, ça m'a fouetté le sang et j'ai fini par les avoir!...

La Comtesse. — Moi, j'avoue que j'ai beaucoup applaudi.

Luce. — Oh! je l'ai bien remarqué... Et Lahure, a-t-il été bien, quand il a crié: a Bravo! » en se levant.*.. Ça a entraîné toute la salle... C'est quand j'ai dit, vous vous rappelez, mon cher dii'ecteur, quand j'ai dit: « Qu'est-ce que la femme? Presque rien! Que doit-elle être? Presque tout! » C'était le grand mot de la Révolution appliqué au féminisme. Lahure a été emballé! Et la presse?... Ça, je crois que j'aurai une bonne presse! Enfin! ça y est... ça y est bien... Mais j'ai eu chaud ! Je ne referai pas de conférence avant quelque temps.

La Comtesse. — En somme, c'est un vrai triomphe !

Luce. — Oui ! oui... Oh ! je le reconnais moi-même.

Entrent Godfish et Lahure.

L'ILLUSTRATION THÉÂTRALE

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