‹ Les FéeriesChapitre 38 sur 45 · LE ROMAN DU JONGLEUR · texte numérisé non relu

LE ROMAN DU JONGLEUR

Les truands chargés d'or et les gueux blasonncs ;

Pour abolir ma paix et chasser leur ennui

Elles m'ont fait le roi désole de leurs nuits

Et quand je les baisais, bouche à bouche, nu à nu,

Mon âme dans leurs yeux ne s'est pas reconnue.

Alors elles ont eu des jeux de paresseuses

Elles m'ont dit, les amoureuses,

— Nous saurons l'art de bellement chanter I

J'ai remis ma lyre

Entre leurs mains pâles et froides comme cire,

Je leur ai donne mon cœur

Et je disais : c'est le bonheur !

Qji'il est piteux ce cœur ! Qu'elle est lourde la lyre !

La lyre mutilée entre mes mains tordues ;

Le rire des servantes a payé mes chansons,

Quelqu'un a ri plus haut, qui m'a donné le frisson

Et j'apporte pour prix de l'hospitalité,

Aujourd'hui, le trésor, des chansons ambiguës

Qjii font mourir d'angoisse et de mysticité.

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