LÉZARDS
A Pierre Vaillant.
Ce banc de lumière où sont assis les vieux du villag-e et vers qui déferlent des joueurs de billes m'effare ainsi qu'un étal macabre.
Chaque année, les vacances venues, c'est un vide nouveau, mélancolique, alors je vais voir quelques cheveux d'arg^ent nager de plus en mon miroir.
Ce matin les vieillards étaient plusieurs de moins.
Cela fit froid dans ma jeunesse et je sentis un besoin de soleil.
LES REPOSOIRS DE LA PROCESSION
Je ne veux plus compter les buveurs de rayons.
Hélas ! quoi que je tâche, me viendra cette soif de soleil.
A mon tour, comme eux, je serai là, bêlant, livide, la g-encive ruineuse, la prunelle usée...
Quelque soir les enfants, gênés par moi, piailleront :
— « Nous voulons maintenant jouer à la marelle, allez plus loinl »
Et pour leur faire de la place, doucement je m'en irai vers les cyprès.
Camaret, 1892.