‹ Les Féeries: poésiesChapitre 20 sur 43 · DICTES-MOY OU · texte numérisé non relu

DICTES-MOY OU

N'ai-je pas aussi fait quelque mal — Oh I par mégarde, sans le savoir — A ceux qui m'en auraient pu faire ?

Dans l'âme d'un porteur de lumières.

Oh I qu'il fait noir, oh I qu'il fait noir I

Au moins, si l'on ne m'aimait pas 1 mais non. De belles lèvres sonnent mon nom Et dans mes heures d'abandon

Je copie des gestes de femme, g

Doux souvenirs 2

D'une âme en peine de Devenir ; S

De l'âme (trop d'âme), de la chair nue ! g

Pourtant elle n'est pas venue.

Car celle que j'attends promet d'autres baisers '^

Dont meurent mes pareils, bien souvent, mais grisés H

D'un vin certain. Qpand on en boit assez circule p

Dans nos veines le plus charmant des clairs de lune. Jil

Chers ivrognes, mes frères, cette aimable ivresse

A nos songes épargne un désir de maîtresse

£t vers Dieu, paresse infinie, nous véhicule.

Etait-ce bien cela? Ai-je bien deviné ?

Cherche encor, ô le fou qui cherche à s'étonner 1

Celle que j'attendais je l'avais revêtue

Cette ombre, de cheveux, de dents et de chair nue.

De deux yeux dévorants qui pouvaient contenir

Tous mes rêves noyés et tous mes souvenirs I

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Et cependant c'était une ombre.

Mais une ombre vivante et dont les pas se nombrent,

Dont le geste étayant mes gestes mutilés

Pouvait, selcm mon cœur de par elle enfm roi

Des grands soirs étoiles»

Faire en la nuit tourner les soleils de la Foi 1

Mais j'étais fou évidemment,

Elle ne m'a pas visité

Et c'est pourquoi désenchanté

Je dois, jusqu'au dernier moment,

Suivre ma carrière d'amant,

Fais ce que doisl

Ainsi je bois.

Belle personne, à ta santé 1

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