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PROUDIION CRITIQUE LITTERAIRE I7
poète le tourbillon des événements, il ne sait jamais quelle route choisir, quelle conduite tenir, quel principe aJJirmerK »
Les incertitudes de l'esprit et les flottements du cœur interdisaient de suivre Lamartine ; ils l'expliquent cependant et, une fois admis, ils inondent de clarté son œuvre et sa vie. Tous les revirements brusques de Lamartine en politique, son légitimisme, son orléanisme, son républicanisme, Proudhon, encore qu'il s'agisse d'un de ses adversaires les plus déclarés, évite de les imputer à la bassesse de l'àme. Mais quelles preuves formidables lui sont ainsi fournies à l'appui de ses affirmations touchant l'impuissance intellectuelle de Lamartine. Proudhon nous montre ce dernier se contredisant chaque jour, démentant aujourd'hui ce qu'il affirmait hier, sincère toujours, mais aussi suivant le vent, obéissant à des impressions passagères, se livrant tout entier aux partis les plus opposés, selon que les tempêtes de la rue, les hasards du livre, les incidents de séance l'avaient porté d'un côté ou de l'autre.
Je n'emprunterai pas à Proudhon les souvenirs et les citations sur lesquels s'appuient ses critiques passionnées. Lamartine fut volage, qui ne le sait ? mais les conclusions que Proudhon tire des événements auxquels fut mêlé Lamartine sont d'une dialectique serrée et irréductible, d'un accent qui indique la maîtrise de la pensée et la sûreté du iuerement :
« Xen ai dit assez pour faire comprendre au lecteur qu'un semblable zigzag d'opinions, chez un homme que son caractère met à Vabri de tout soupçon injurieux, procède d'autre cause que de légèreté et de mauvaise foi : c'est V entendement qui ne fonctionne pas, qui, ne produisant pas de germes^ laisse Vhomme sans résolution^ sans conseil, sans critère...