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I. L'Avenir de Vlnldli'jencc. Le Romantisme féminin, p

PROUDIION CRITIQUE LITTERAIRE 25

La vie privée et les alTaires publiques, le gouvernement des nations et l'économie désœuvrés littéraires, sollicitent également l'intervention de l'intelligence. A la faveur des circonstances, profitant des suggestions du génie, utilisant les événements et les faits, le malheur et la fortune, les choses et les hommes, l'intelligence humaine se soumet le monde et l'ordonne.

Ceux qui prétendaient s'affranchir de son pouvoir, échapper à ses directions, n'eurent pas d'ennemi plus lucide, plus perspicace, plus éloquent que Proudhon. Qu'il dénonce l'aventure italienne, ou qu'il vitupère George Sand, il nous apparaît comme un maître de la pensée française : émule de rsicolas Boileau, héritier spirituel des rois de France, Proudhon reçoit de notre reconnaissance le titre de grand classique.

Henri Lagrange.

LES FEMUELINS

INFLUENCE DE L'ELEMENT FEMININ SUR LES MŒURS ET LA LITTÉRATURE FRANÇAISE

On a dit que l'esprit avait, comme Tanimal, sa dualité sexuelle, son élément masculin et son élément féminin.

L'élément féminin, nonobstant la qualité spécifique qui résulte de son infériorité même et le fait reconnaître, est en dernière analyse un élément négatif, une diminution ou affaiblissement de l'élément masculin, qui à lui seul représente l'intégrité de l'esprit.

Si dans une société, dans une littérature, l'élément féminin vient à dominer ou seulement à balancer l'élément masculin, il y aura arrêt dans cette société et cette littérature, et bientôt décadence.

Cette prévision de la logique est confirmée par l'expérience.

Toute littérature en progrès, ou, si l'on aime mieux, en développement, a pour caractère le mouvement de Vidée, élément masculin ; toute littérature en déca-

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dence se reconnaît à l'obscurcissement de l'idée, remplacée par une loquacité excessive, qui fait d'autant mieux ressortir le faux de la pensée, la pauvreté du sens moral, et, malgré l'artifice de la diction, la nullité du style.

La raison de ceci se découvre d'elle-même.

Une suite de chefs-d'œuvre, en développant les aptitudes de la langue, lui a donné l'abondance, la flexibilité, la force, créé ses locutions et ses formes. La philosophie, les sciences, l'industrie, toutes les branches de l'activité sociale l'ont enrichie. Son dictionnaire, comprenant avec les vocables, les tours, formules, acceptions de mots, est devenu un arsenal où fourmillent les idées, et dont aucun écrivain n'épuisera les trésors. A ces matériaux déjà si riches, la grammaire et la rhétorique ajoutent leurs recettes : moules de phrases, périodes, cadences, etc. ; on en a pour tout. L'art de faire jouer /a métaphore et la métonymie, de darder l'apostrophe, d'amener le mot, d'enfoncer le trait, est connu; la tactique du langage n'a plus de secrets. Pour faciliter le travail, on a des répertoires de rimes, de synonymes, d'épithètes, de périphrases, d'exemples choisis, qu'il suffit de parcourir, pour en voir jaillir sans cesse de nouveaux aperçus, des rapprochements ingénieux, des traits d'esprit, des coq-à-l'âne, enfin des idées telles quelles. Le dépouillement des littératures étrangères apporte un dernier contingent, avec lequel on donnera une couleur encore plus foncée à cette originalité de mauvais

INFLUE-NGli; DE L ELEMENT FEMININ SQ

aloi. Allez maintenant, jeune homme ; prenez et mélangez, comme font les apothicaires, sume et misce. Vous êtes écrivain, vous pouvez, pendant une génération au plus, devenir grand homme.

On conçoit combien cette méthode est favorable à l'amplification et au lyrisme. L'ode elle-même n'est qu'une description par énumération des parties, une litanie. Ouvrez le Gradus ad Parnassiim, au mot Jupiter, par exemple : vous avez une ode toute faite, dans le genre orphique. J'ose dire qu'une partie de la littérature contemporaine, poésie et prose, n'a pas d'autre raison d'être, que c'est là ce qui fait son mérite, et ce qui depuis le commencement du siècle a déterminé sa décadence.

Pour faire comprendre la cause des rétrogradations humaines, j'ai cité, dans une autre étude, quelques extraits de mes lectures d'histoire ; qu'on me permette, dans le même but, de donner un croquis de mes observations sur quelques-uns de nos gens de lettres.

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