‹ Les femmelinsChapitre 23 sur 28 · MADAME NECKER DE SAUSSURE · texte numérisé non relu

MADAME NECKER DE SAUSSURE

Aacc celle-ci nous aurons le spectacle d'une sorte de réaction en famille : après la mondaine, la dévote ; mais le diable n'y perdra rien.

j^jmc j\ecker de Saussure, fille du célèbre physicien de Saussure et parente par alliance de M™^ de Staël, est auteur d'un livre fort répandu, qui a pour titre Education progressive ou Étude du cours de la vie, 3 vol. in-8°. Il suffit d'ou^Tir au hasard cet ouvrage pour s'apercevoir qu'on a affaire à une personne dont l'indépendance s'affiche beaucoup moins que celle de M™** de Staël, et chez qui, pour cette raison, le caractère, les idées et le style semblent plus assurés. Défiez-vous cependant de cet air de componction ; j^jme ]\eclver n'est pas tellement résignée à la loi de subordination qu'elle enseigne aux jeunes filles et que sa religion lui impose, que je voulusse recommander son livre aux institutions, et cela dans l'intérêt même du sexe. La pédagogie de cette prêcheuse, inspirée du temple, est dépourvue d'aménité ; on dirait la Julie de Rousseau devenue ictérique, et qui, après avoir caressé l'amour et l'homme, est saisie tout à coup des deux sentiments les plus haïssables chez la femme, l'aversion de son sexe, et une jalousie démesurée du nôtre. Ah ! plutôt que ces piétistes à figure de parchemin, vivent les Madeleine et les Aglaé ! Celles-ci du moins

Page 1