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ne doit pas trouver les lettrés indifférents ; de plus, il considère qu'une floraison superbe de la littérature escorte normalement un puissant développement matériel de la nation. Cette vue, qui fait à Proudhon le plus grand honneur, reçoit un prix trop grand de l'expérience pour n'être pas soulignée ici. Comme il projette sur tous les aspects des questions qui intéressent la république des lettres les lumières d'une intelligence indépendante et avertie, ce superbe fanatique!
Abordant le problème de l'esthétique, Proudhon se demandait s'il était possible d'édifier une théorie véritable de l'Art. Aux adversaires de toute définition de l'Art, à ceux qui s'attachèrent aux figures successives de notre anarchie littéraire, Proudhon répond très justement en niant « la légitimité d'une notion, la réalité d'une chose qui se refuse à la définition ^ )).
Mais, s'avisant que l'art dépend de puissances qu'il est malaisé de réduire en formules, et qu'on ne peut préjuger des souveraines décisions da goût, Proudhon était amené à reconnaître que, si l'art suppose une souplesse, une mobilité, une variété infinies, il comporte néanmoins de sérieuses disciplines. Aussi éloigné d'une définition mathématique que d'une imprécision désordonnée, Proudhon comparait l'art au libre arbitre :
(( Sile libre arbitre se définit, c'est de la fatalité, s'il ne se définit pas, c'est néant 2. »
Sans doute l'art possède des règles qui limitent la fantaisie de l'écrivain, mais de quelles libertés jouissent
1, Ouvr. cit., p. 0:4 2,