‹ Les femmelinsChapitre 8 sur 28 · Ouvr, «it., p. Sgo-Sgi · texte numérisé non relu

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tères antifrançais, prennent dans Vopinion la place de Voltaire. Racine est mis au pilori, Boileaa traité de joueur de quilles, La Fontaine de préjugé national, i?a6e/ais d'infâme cynique. Cela s'imprime, se publie, jusquen 1857, la démocratie appelée à souscrire. On fait grâce à Corneille, moins pour ses éclairs, pour son vers architectural, quon se soucie peu d'imiter, que pour son enflure espagnole et l invraisemblance de ses plans. On épargne Molière, je nai jamais su deviner pourquoi. L'horreur du classique esf allée jusqu à la négation du vers français, incommode par sa césure et sa rime, et trop au-dessous de génies si puissants ^. ))

Je prie qu'on passe sur ce que Proudhon dit de Dante, qu'il n'était en état ni de comprendre, ni d'aimer, pour admirer l'ardeur de sa défense des classiques, et l'ampleur donnée au débat, et l'énergie de la riposte. L'intelligence et le goût, l'activité et la passion, unies chez Proudhon, concourent ici à tourner, à blesser, à vaincre les romantiques. Se fùt-il contenté d'occuper une position si conforme à l'intérêt des lettres françaises, Proudhon mériterait de A'ivre dans la mémoire des lettrés.

Les injures prodiguées aux classiques, en même temps que des poètes sans intelligence, parfois môme sans don et sans passion, étaient portés aux nues : telle était la physionomie du monde littéraire au milieu du siècle dernier. Proudhon ne reculait pas devant un sévère diagnostic : « la décadence des lettres françaises » était par lui constatée. Mais Proudhon lui-même avait insisté sur les liens qui unissent la fortune des lettres à celle des sociétés. S'il eût achevé sa pensée, et n'en eût point esquivé les conséquences logiques par d'habiles subterfuges, Proudhon, avant d'attaquer les représentants les plus qualifiés du romantisme, eût engagé la procédure contre la Révolution. Il se fût

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