‹ Les femmesChapitre 7 sur 20 · II. li · texte numérisé non relu

II. li

âlO LES FEMMES,

court se renfermer, trouve dans ce débns im papier qui l'assure qu'une personne dévouée lui offre ses secours ; qu'elle aura , la nuit même (i) , du papier, de l'encre , et des moyens de correspondre. Ce génie bienfaisant était une femme qui tint sa parole. Par elle , madame Cabarus écrivit la lettre suivante à Tallien :

ce L'administrateur de police sort d'ici ;

y> il vient de m'annoncer que je monterai

» demain au tribunal, c'est-à-dire à Fécha-

7) faud. Cela ressemble bien peu au rêve que

)) j'ai fait cette nuit Robespierre n'exis-

7) tait plus , et les prisons étaient ouvertes.

7) Un homme courageux suffirait peut-être

)) pour le réaliser 5 mais , grâce à votre in-

y) signe lâcheté , il ne restera personne qui

» puisse jouir d'un tel bienfait. Adieu ».

Ce peu de mots d'une femme courageuse ranime l'énergie de Tallien et de ses amis. Le Q thermidor arriva.

(1) C'était le 6 thermidor.

Réponse dq Tallien.

ce Ayez autant de prudence que j'aurai dé y> courage , et surtout calmez votre tête » .

Certes , le service que madame Caha^us rendit alors ne fut qu'une cause indirecte de ce grand événement ; mais l'on n'en doit pas moins admirer sa présence d'esprit et son courage. Rappelons - nous toujours qu'ayant été sauvée par un miracle à cette époque , cette femme intéressante voua les plus belles années de sa vie à la bienfaisance.

Long-temps avant le g thermidor , elle exerça son empire sur les représentans du peuple à Bordeaux. Jamais l'esprit et la beauté n'eurent une plus heureuse influence. Elle obtint plusieurs fois la dissolution du comité révolutionnaire* et, n'ayant pu emjjécher la férocité des lois de le rétablir , elle lui arracha un si grand nombre de victimes, que peu de familles à Bordeaux peuvent lui refuser un» souvenir d'admiration et de reconnaissance. A Paris , une foule de personnes de tout sexe , de lovit état , lui doivent

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leur liberté , leur fortune , leur \le. Je suis du nombre de ceux dont elle a brisé les fers. Je n'oserais douter que tous ceux qu'elle a sauvés à tant d'époques si difficiles , si périlleuses , aient été reconnaissans. Je les plains s'ils sont ingrats.

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