‹ Les femmes au CongoChapitre 19 sur 42 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L'odyssée d'une princesse. — Je manque fonder un empire. — Les femmes rouges.

Ne vous attendez pas à m'entendre vous rapporter les petits cancans et potins de la localité. Il y aurait trop à faire et ça pourrait vous fatiguer. Une dernière histoire, que je ne pouvais omettre, c'est celle de la Princesse, qui est passablement drôle (l'histoire ou la princesse à votre choix).

La négresse en question, car c'est d'une négresse qu'il s'agit, a été, par l'entremise de M. de Brazza, qui m'a avoué lui-même n'y avoir rien compris, expédiée du ministère au capitaine Marchand, pour être ramenée par lui dans le Bar Banda, sa patrie. C'est quelque joyeux fumiste qui a dû monter ce bateau.

Voici l'histoire de cette personne de qualité : prise à l'âge de six ou sept ans par les Arabes esclavagistes, elle fut vendue en Egypte, où elle nous dit avoir beaucoup souffert. Comme elle entrait un jour dans le détail de ces souffrances, Germain, qui ne perd jamais l'occasion d'être gai, s'écria : « Oh! je connais ça, vos souffrances, c'est évidemment terrible, mais

Ça ne ressemble en rien Au supplice du pal, Oui commence si bien Et qui finit si mal.

Puis, je ne sais plus au juste par quelle suite de péripéties elle habita successivement Constantinople, l'Italie, l'Angleterre, en dernier lieu la France. Elle ne parle du reste que l'italien. En' Europe, elle me paraît surtout avoir exercé la profession de bonne d'enfants. Parfaitement insignifiante du reste, et en mesure de lutter avantageusement avec un singe, au point de vue physique, elle me fait l'effet de n'avoir gardé aucun souvenir de son pays : elle ignore non seulement le nom de ses parents mais celui de son village.

Quelle est cette mystification?

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