LE DIABLE DES N SAKKARAS
(Fac-similé d'une peinture nègre.)
« une de ses filles. Comme le chemin était très
« long et qu'il avait faim, elle lui donna un
« bœuf qu'ils mangèrent, après quoi elle l'ac-
« compagna jusque sur la terre, à l'ouverture de
« la grande pierre par laquelle il était entré.
« LeN'Sakkara rentra avec son chien dans son
« village et il raconta à tout le monde ce qui lui
« était arrivé. »
Il est de grand usage chez les N'Sakaras de consulter les oracles ou augures; quand ils ne s'adressent pas aux féticheurs, lesquels naturellement se font payer grassement, ils ont recours à un moyen plus économique et s'adressent au Mbiri.
Le Mbiri est une sorte de grillon qui fait son trou dans la terre. C'est l'oracle des N'Sakkaras. Quand l'un d'eux veut entreprendre un long voyage, une expédition ou aller voir un chef dont il suspecte les intentions, il va consulter le Aïbiri.
Pour cela, il coupe deux petits morceaux de bois, qu'il pose, un peu avant la nuit, devant le trou du Mbiri et dit en en montrant un : « Celui-ci est le mien », et en montrant l'autre : « Celui-là est celui du chef» qu'il va trouver et qui pourrait lui
faire du mal; puis il va se coucher. Le lendemain, il vient voir le résultat. Si en sortant de son trou le M'bîri n'a rien déplacé, le résultat est douteux; si le bois qu'il a choisi est placé sur celui du chef, c'est qu'il est sûr de revenir sain et saut, tandis que si le contraire se produit, il est sûr de mourir ou d'être fait prisonnier.
Gomme ces épreuves se font en général à proximité des sentiers, les causes de déplacements des bouts de bois sont très multiples. Peut-être même le M'biri les déplace-t-il simplement parce qu'ils obstruent l'entrée du trou.
Quelques mots à propos des coutumes et des mœurs.
Le pays des N'Sakkaras est à peu près le premier pays qu'on rencontre, dans la traversée de l'Occident à l'Orient, ayant une sorte de gouvernement organisé, qui permette de réunir une armée obéissant à un seul chef, le sultan Bangassou.
Tous les hommes non mariés et en âge de travailler sont au service du chef, à la disposition duquel ils se tiennent toujours. Ceux qui sont en âge de porter les armes composent sa garde,