‹ Les femmesChapitre 17 sur 28 · MADEMOISELLE DE VALBELLE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE VALBELLE

Ce fut un chorus général de fous rires qui alla retentir jusqu'au fond de l'âme du pauvre Chaverny ; et tous de s'écrier : « Hé, hé, hé! une lille d'honneur!...

— Silence ! messieurs , silence ! interrompit Chaverny d'une voix de tonnerre ■ : tout ceci n'est qu'une infâme calomnie , . dont monsieur me rendra raison sur l'heure , ajouta-t-il en arrachant le fatal papier des mains de Péguilhen et lui en flagellant la face avec mépris. »

Pauvre Chaverny ! . . . Le duel eut lieu ;, il reçut de Péguilhen un vigoureux coup d'épée à l'intention de la dame de ses pensées ; il fut , pour surcroît d'infortune , logé à la Bastille : c'était le bon temps.

Que conclure de tout ce qui précède ?

C'est d'abord que si M. Fouquet n'eût point été arrêté , nous n'aurions pas une des plus belles élégies de notre langue, adressée aux nymphes de Vaux par le bon La Fontaine. C'est qu'ensuite, malice à part , la vertu de mademoiselle de Valbelle aurait dû venir un peu plus en aide à son infortuné champion... Le dévouement chevaleresque de Chaverny méritait un meilleur sort.

Sous Louis XIV ( Deuxième epoqi,

L'élite de la noblesse de Bigorre , du pays de Fois , de Navarre et de la province de Languedoc se trouvait réunie , en 1675, dans une des auberges de Bagnères de Bigorre. Cette petite ville, devenue depuis si célèbre par ses eaux minérales, ne renfermait pas, comme aujourd'hui, des hôtels magnifiques. Les gentilhommes de plus haute lignée . les hobereaux de province, les grandes dames et les modestes épouses de financiers, regardaient comme un bonheur de trouver un gite tant soit peu convenable. De nos jours , des bâtiments richement meublés ont remplacé les vieilles hôtelleries. Le dandy qui déjeune habituellement au café de Paris, le lord anglais qui occupe un des riches hôtels du plus beau quartier de Londres, peuvenl se faire illusion

pendant un mois et demi, et oublier, l'un, son boulevard des Italiens, l'autre, les magnificences de Westminster.

Il n'en était pas ainsi en 1675. Bagnères ne comptait guère qu'un hôtel où on était sur de trouver bonne table et bon lit ; aussi les chambres étaient-elles retenues trois mois à l'avance , et les dernière venus se voyaient contraints à se réfugier dans de très-modestes hôtelleries.

Dans une salle octogone, qui servait à la lois de parloir, de chambre de jeu et de salon à manger, six gentilshommes jouaient au pharaon le i juillet 1 G7n ; des cadets de famille , qui étaient venus dépenser aux eaux les économies faites sur leur solde de sous-lieutenant, contemplaient dans un silence respectueux les favoris de la fortune qui pouvaient risquer la perte de quelques milliers de louis d'or ; lés joueurs , de leur côté , ne dédaignaient pas de lier conversation avec les jeunes militaires , et les militaires de boire du vin muscat de Frontignan qu'un domestique de l'hôtel versait, à chaque instant , dans de grands verres à pied richement ciselés.

Pendant deux heures environ, la roue de la fortune tourna avec une constance et une rapidité qui désespérait l'avidité des joueurs. Hector de Pardailhan , baron de Montespan , cédant à son impatience , jijta tout à coup sa bourse sur la table , et s'écria :

« Par la sambleu ! mes cousins , je crois que personne ne veut de mes louis d'or... Baron de Barbazan, laisse-moi tailler , ou , de par Dieu , je saurai dans quelques instants si nous sommes assis autour de cette table pour perdre ou pour gagner.

— Gomme il vous plaira . baron de Montespan : prenez

MARGI BRITE CHANTAL. <•>

les cartes , et mettez-nous à même de juger si vous taillez

le pharaon avec, autant de bonheur e1 de dextérité que là célèbre Lebaumèle de Toulouse. »

Henri de Grammont, sénéchal de Bigorre, Jean de Mus, le duc de Noailles , François de Poudens , évêque de Tarbes , le marquis d'Antin , et plusieurs autres gentilshommes, s'empressèrent de livrer leurs pièces d'or aux chances du pharaon. Le baron de Montespan joua avec un bonheur inouï, et ses riches antagonistes auraient perdu jusqu'à leur dernier sou, sans un accident qui interrompit subitement la séance.

Le baron de Castel-Bajac entra tout essoufflé dans la salle , et annonça aux joueurs que madame de Maintenon , gouvernante du duc du Maine , était aux portes de Bagnères avec son royal élève , Louis-Auguste de Bourbon. A cette nouvelle , chacun s'empressa de renoncer aux chances du pharaon , jeta ses cartes et sortit i our aller à la rencontre de la veuve Scarron , dont l'élévation soudaine donnait beaucoup à parler dans les lieux publics et les manoirs féodaux des provinces méridionales. Le sénéchal de Henri de Grammont eut ïinsigne honneur de haranguer l'altesse royale à peine âgée de cinq ans, et le prince-duc lui répondit par de profondes et gracieuses inclinations de tête. Il avait été dressi à cela par son adroite gouvernante.

La présence d'un des lils naum4s de Louis XIV n'étail pas un petit événeniei il pour la gentilhommerie languedocienne ; aussi chacun rivalisa de zèle, de respect , de dévouement : madame de Maintenon fui constamment l'objel des prévenances les plus assidues.

Celte honne intelligence, cel échange d'égards entre la

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gouvernante du duc du Maine el les gentilshommes languedociens dura, sans interruption . jusqu'à la lin du mois d'août.

On se réunissait tous les soirs dans la grande salle de l'hôtel, et de nombreux auditeurs s'y rendaient pour entendre le récit des malheurs de madame de Maintenon. Plus d'une fois, de jeunes seigneurs se prirent à pleurer, tant la narration était palpitante d'intérêt. -^

La veuve de Scarron comptait plusieurs adorateurs aux bains de Bagnères : le devait-elle à son mérite personnel ou .1 la haute mission dont elle avait été chargée par Louis XIV ? L'énigme n'est pas facile à deviner.

Cependant Roger de Pardailhan voyait avec un déplaisir, qu'il s'efforçait en vain de dissimuler, l'empressement des nobles châtelains auprès de la gouvernante du duc du Maine. Souvent il disait à ses amis qu'il ne pouvait concevoir l'engouement des gentilshommes qui s'étaient rendus à Bagnères dans le seul but de congratuler la gouvernante, qui n'était , après tout, que la veuve d'un pauvre poëte.

Inutilement on s'était efforcé de lui faire entendre raison. Quelque mauvais plaisant , nouvellement arrivé de Paris . dit hautement que le roi était épris des charmes de la veuve Scarron , et qu:on parlait à Versailles de la prochaine disgrâce de madame de Montespan. Cette assertion , qui n'avait encore aucun fondement , suffit pour ranimer la colère «le Roger de Pardailhan. Ne pouvant plus cacher son ressentiment, il apostropha un jour, en pleine table, madame la gouvernante :

Mes cousins, s'écria-t-il , que penseriez-vous d'une grande daine qui , portée aux honneurs par une main loute-

MARG1 I Kl I I i II \M M 77

puissante, ferail usage « 1 « • s;i faveur pour supplanter sa bienfaitrice ?

c.rs femmes-là ne sont pas rares à Versailles , «lit le duc de Noailles.

— Vous no comprenez pas, mes cousins, ou plutôt vous ne voulez pas comprendre, ajouta Roger de Pardailhan. Vous savez pourtant que ma noble cousine , la baronne de Montespan, a supplié longtemps Louis XIV en faveur tic madame Scarron.

Achevez, achevez, baron de Montespan, s'écria la gouvernante du duc du Maine.

— Eh bien ! madame , vous serez bientôt satisfaite ; je vais lever le voile qui cache la honte de votre conduite. Le bruit court que ma cousine est à la veille de tomber en disgrâce, et que vous (Mes destinée à la remplacer auprès du roi .

— Vous vous trompez , baron ; vous me calomniez indignement. Si j'avais voulu entrer dans la couche royale, depuis longtemps madame de Montespan n'habiterait plus le palais de Versailles. Mais j'ai refuséJ^je préfère ma pauvreté aux richesses honteuses des maîtresses du grand roi. Quand on est fille de gentilbomme , on doit opposer aux exigences royales la noble réponse que mademoiselle de Rohan-Soubise fit autrefois à Henri IV : « Sire , je ne puis prétendre h l'honneur d'être votre femme ; mais je suis de trop bonne maison pour devenir votre maîtresse . »

-Rien, bien, très-bien! s'écria le marquis de Grammont.

— Applaudissez, messieurs, dit Montespan... Lois» pie madame la gouvernante aura épousé Louis XIV, elle se souviendra de votre courtoisie.

— Baron de Montespan , s'écria le sénéchal do Bigorre,

vous êtes un lâche , puisque vous ne craignez pas d'outrager une femme ; vous êtes traître et félon , puisque vous ne respectez pas madame la gouvernante de monseigneur le duc du Maine. Dès cet instant , je vous demande la faveur de vous couper la gorge en champ clos.

— Gloire au preux défenseur des helles ! répliqua le baron de Montespan en riant aux éclats. C'est bien à vous, sénéchal de Bigorre, de tirer l'épée pour madame Scarron. Vive Dieu ! si son cul-de-jatte de mari était ici , il se moquerait de votre héroïsme , et vous donnerait une place dans son Roman comique.

— Assez , assez , baron . »

Et au même instant un des gants du marquis de Grammont frappa Montespan au visage.

« Vous prenez la chose au sérieux ?

— Marchez , vous dis-je ! il est bon que je vous donne une leçon de courtoisie avec la pointe de mon épée. On oublie rarement les préceptes qu'une bonne lame a gravés sur la poitrine.

— Marchons , marchons , répliqua Montespan qui commençait à se repentir de son imprudence. Dans tous les cas , rira bien qui rira le dernier. »

Un heureux évanouissement sauva madame de Maintenon des alarmes que lui eussent inspirées les suites du combat qui allait s'engager pour elle. Le baron de Montespan et le sénéchal de Bigorre partirent , accompagnés de quelques gentilshommes leurs amis ; et une heure après on apporta sur un brancard le baron dangereusement blessé. Les premières paroles de madame de Maintenon, quand elle eut

recouvré ses sens, furenl pour demander quelle avait été

l'issue du duel.

« J'ai blessé dangereusement le baron de Montespan , répondit le sénéchal qui se tenait immobile à quelques pas du lit de madame la gouvernante.

Comment pourrai-je vous témoigner ma reconnaissance?

Vous direz au roi ce que j'ai fait pour punir l'insolent qui voulait outrager la gouvernante de monseigneur le duc du Maine.

- Maman Maintenon le dira à maman Montespan , et maman Montespan obtiendra justice de papa roi, dit le petit duc qui n'avait cessé de pleurer pendant tout le temps qu'avait duré l'évanouissement de sa gouvernante.

— Oui , mon entant , ajouta madame de Maintenon en caressant le petit duc , papa roi saura récompenser M. de Grammont.

— Quand partirons-nous pour Versailles ?

— Demain, monseigneur.

- Merci, maman Maintenon... Je m'ennuie dans ce pays.

- Le fils du grand roi ne se plait que dans les demeures royales, » dit la gouvernante en prenant congé du sénéchal de Bigorre pour veiller aux préparatifs du départ.

Le lendemain , madame de Maintenon partit avec son élève , qu'elle ramena à Versailles. La santé qu'il avait recouvrée aux bains de Dagnères ne fut pas de longue durée ; et, en 1677, les médecins ordonnèrent un nouveau voyage aux Pyrénées.

Madame de Maintenon , dévouée à son élève, comme une mère à son fils, fut encore sa compagne ; et les paysans

80 Marguerite chantai..

pyrénéens firent bon accueil à la grande dame, qui dépensait la plus grande partie des sommes destinées aux Épais de voyage à soulager les malheureux. Le petit duc du Maine revit aussi avec plaisir ces belles montagnes dont il n'avait pas perdu le souvenir. Suivi de sa gouvernante , il parcourail les petits sentiers des collines pour faire l'essai de ses forces renaissantes ' .

Madame de Maintenon , de concert avec le médecin que le roi avait préposé à la garde de son fds , résolut de trouver , pour le duc , une compagne pour partager ses jeux et ses plaisirs ; elle jeta les yeux sur Yalentine de Grammont , fdle du sénéchal de Bigorre ; la jeune demoiselle avait à peine huit ans , et son père se prêta avec empressement aux projets de madame la gouvernante. Yalentine fut placée auprès du petit duc. Les deux enfants ne purent vivre en bonne intelligence , et dès le premier jour le petit duc se plaignait amèrement à sa gouvernante.

« Maman Maintenon , disait-il en pleurant , pourquoi în'a-t-on donné pour compagne Yalentine de Grammont ? Je n'aime pas cette demoiselle ; elle est méchante ; et ce matin elle m'a enlevé un bouquet que je venais de recevoir de Marguerite, mon amie.

— Marguerite , votre amie ! . . . monseigneur ?

— Tu ne savais donc pas , maman Maintenon , que j'aime de tout mon cœur Marguerite , fdle de Pierre Chantai , fermier de monseigneur l'évèque de Tarbes...

— Yous aimez cette Marguerite , monseigneur ?

i Plusieurs de ces sentiers portent encore les ooms de Bourbon m de Maint* non

— Kllr est si julic, elle m'aime tant! si tu ne veua pas la placer auprès de moi et renvoyer mademoiselle Valentine, je refuserai de prendre les remèdes que tu m'apportes

tous les matins... Je veux Marguerite, ou je me laisserai mourir de faim. »

Le médecin , présent à cette scène , à la fois si comique et si animée, ne put s'empêcher de rire, et dit à madame de Maintenon qu'il ne voyait aucun inconvénient à consentir aux désirs du jeune prince.

« Qu'on amène donc cette Marguerite, répondit la gouvernante.

— A l'instant, maman Maintenon, et vous, M. le médecin, ne me suivez pas ; vous feriez pour à mon amie avec votre perruque grise. »

Il sortit suivi d'un sous-gouverneur, et rentra une demiheure après, tenant par la main une jeune paysanne si fraîche, si jolie, que le front de madame de Maintenon se dérida sitôt qu'elle aperçut cette fleur de beauté , que les anges du ciel avaient couverte de leurs ailes sous le ciel des montagnes.

« Ma petite amie , lui dit le duc , n'aie pas peur ; cette femme que tu vois là-bas n'est pas méchante; viens, te dis-je, maman Maintenon t'aimera, j'en suis sûr. »

Le prince se jette, avec son amie, dans les bras de sa gouvernante , qui pleure de joie en embrassant tour à tour ces deux enfants beaux comme deux anges. Puis , faisant trêve soudain à son émotion, pour reprendre sa gravité ordinaire , elle dit au jeune duc :

« Monseigneur, êtes-vous satisfait maintenant?

— Oui, maman Maintenon, en me donnant Marguerite, fu m'as donné la joie, le plaisir et le bonheur.

— Pauvres enfants! s'écria madame de Maintenon qui les suivit de l'œil jusqu'au moment où ils eurent franchi la porte de l'hôtel, seraient-ils heureux? l'un est le fils du roi, l'autre est fille d'un paysan ! Où se trouve le bonheur? dans le palais, ou sous le chaume? Grand Dieu! grand Dieu! vos desseins sont impénétrables ! »

La gouvernante fut interrompue dans ses tristes réflexions par l'arrivée de la baronne de Barbesan, de la marquise de Grammont, de la comtesse de Toulonjon, qui s'étaient réunies à Bagnères pour faire leur cour à la veuve Scarron. Dans le monde, on parlait déjà des hautes destinées que le roi préparait à madame de Maintenon. La faveur de Louis XIV ne devait-elle pas grouper de nombreux amis autour de la gouvernante du duc du Maine? Elle eut le bon esprit de profiter de leur empressement sincère ou simulé pour charmer la solitude des bains pyrénéens.

Quant à son jeune élève , il parcourait les sentiers de la montagne toujours en compagnie de Marguerite.

« Ma bonne petite amie, lui disait-il souvent, quand je reviendrai à Paris avec maman Maintenon, tu ne te souviendras plus de moi.

— Vous voulez donc me faire pleurer, monseigneur?

— Pourquoi m'appelles-tu monseigneur, ma bonne Marguerite ?

— Papa l'a dit.

— Appelle-moi Bourbon.

— Eh bien ! je te jure, mon petit Bourbon, que je ne t'oublierai jamais. Et toi, lorsque tu seras grand seigneur, dans la jolie maison de ton père-roi , aimeras-tu toujours ta bonne Marguerite ?

— Toujours , ma douce amie . » répliquait le jeune duc.

Et ils cheminaient ainsi jusqu'au moment où la chaleur du jour les forçait à rentrer. Le duc fut tout à coup atteint d'une fièvre qui fit d'abord désespérer de ses jours; pondant ses cruelles insomnies, il ne pouvait reposer que sur les genoux de Marguerite, et sitôt qu'il fut guéri, il la pria de l'accompagner dans son premier voyage à la montagne. Le moment du départ fut des plus déchirants; le duc et Mai guérite s'ahandonnèrent à des transports de douleur si dangereux pour la santé du prince, que madame de Maintenon partit avant d'avoir reçu les ordres de la cour.

En 1681, le duc du Maine fit un dernier voyage aux bains de Bagnères ; mais, cette fois, il ne put voir Marguerite : le sénéchal de Bigorre avait ordonné à Pierre Chantai d'éloigner sa fille ; en vain le jeune prince la demande a grands cris : il ne devait plus revoir cette charmante fille qui lui avait souri si souvent. Son séjour ne fut que de deux semaines ; il reprit le chemin de Versailles parfaitement guéri de ses infirmités et de l'amour que lui avait inspiré la fille de Pierre Chantai. Il oublia bientôt le rêve de son enfance, de même qu'il renie madame de Montespan, sa mère, pour suivre la fortune de madame de Maintenon, quand elle devint reine de France m partibus.

Et la pauvre Marguerite... elle grandit en sagesse, en beauté; et plus tard un brave gentilhomme du Béarn lui offrit sa main et son cœur ; elle fut heureuse , estimée ; mais qui pourrait nous dire si la vierge des montagnes ne garda pas longtemps le souvenir de son petit Bourbon ? si, pendant ses rêves d'amour, les douces impressions de son enfance ne se réveillèrent pas dans son cœur déjeune fille?

<Si MABGUERITE CHANTAI..

Et voyez cependant à quoi tient la destinée d'une honnête famille ! Sans la jalouse prudence du père de Valcntine de Grammônt, c'en était fait peut-être de l'avenir de Marguerite Chantai. —Ou nous eussions vu se renouveleï pour elle le déplorable épisode de Fleurette, ou, sinon livrée , comme maîtresse en titre, aux passions d'un prince ingrat et sans cœur, elle eût cruellement expié, pur le déshonneur, le dangereux privilège d'avoir primitivement servi de gracieux hochet aux caprices de son enfonce.

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