‹ Les femmesChapitre 24 sur 28 · I..V Dl CHESSE H II U» K \ ILLE. I · texte numérisé non relu

I..V Dl CHESSE H II U» K \ ILLE. I

Le personnage donl on épiait si mystérieusement les pas monta tranquillemenl L'escalier de l'hôtel , el lorsqu'il lui (Luis La pièce d'entrée, un valet de chambre annonça M. le duc d'Harauville.

La fête était superbe ; le luxe extraordinaire qu'on y avait déployé, taisait merveilleusement ressortir les illustrations de ton! genre qui s'y pressaient. Dans les salons où l'on ne dansait pas, on causait ; car alors on savait encore causer en France. 11 y avait là les plus beaux génies de l'époque, les plus grands diplomates, les hommes d'État les plus distingués ; et toutes ces hautes intelligences consentaient, à devenir, pour une heure, des gens tout simplement aimables. Il est vrai qu'alors on pouvait encore adresser la parole à une femme, sans être déshonoré ; on pouvait la trouver agréable, sans chercher à la séduire ; on pouvait enfin lui demander une fleur de son bouquet, sans qu'elle vous parlât de ses devoirs.

M. d'Harauville se mêla bientôt à un groupe de jeunes femmes, dont il fut aussitôt entouré.

« Et Marguerite? s'éeria-t-on de toutes parts. Est-ce que nous ne verrons pas Marguerite?

Madame d'Harauville est un peu souffrante , répondit le duc; elle a refusé de m 'accompagner.

N'en croyez pas un mot , dit la princesse d'Amblize ; d devient jaloux comme un mauvais sujet : je ne lui pardonne qu'à condition qu'il valsera, ce soir, avec Lolotte. »

Cette idée égaya un moment la petite coterie, qui n'entendait jamais sans rire ce surnom de Lolotte donnée la grosse comtesse de Rodera, si connue parles libertés que prenaient avec elle les gens de la cour, à l'instigation du duc de Berri

154 LA DUCHESSE D'HARAUVILLE.

« A propos <lr Lolotte, dit un des interlocuteurs, savezvous l'histoire de madame de Marsac?

Contez toujours, dit M. d'Harauville ; les histoires de madame de Marsac ne vieillissent jamais.

- Vous savez , reprit le conteur, qu'on accuse M. le duc de Berri d'une folie de jeunesse, qui consiste à être entré un jour chez Lolotte par la fenêtre; c'était en émigration; ce qui adoucit un peu la chose. Figurez-vous donc que , hier au soir, chez madame la duchesse d'Angoulême, Lolotte était placée dans l'embrasure d'une croisée lorsqu'arrive madame de Marsac ; il était tard , il y avait foule, et madame de Marsac , le dos tourné à la porte , s'occupait à respirer de son mieux , lorsqu'elle sent tout à coup un doigt se promener sur ses épaules et se glisser dans son dos. Elle se retourne : refait le doigt de M. le duc de Berri.

« Vous vous trompez, monseigneur, lui dit-elle trèssérieusement; Lolotte est contre la croisée : votre altesse royale a pris la porte pour la fenêtre... »

Il y eut une exclamation générale.

« Pour la fenêtre est assez hon, dit le duc d'Harauville; mais j'imagine que monseigneur ne se trompait pas le moins du monde , et la comtesse a fait là un coup de tête.

- Elle n'en fait jamais d'autres , ajouta la princesse d'Amblize : j'étais là quand elle osa dire au roi ce mot si cruellement vrai sur la statue de son grand-père. . . J'ai pensé mourir de frayeur.

- Si jamais elle est disgraciée , dit un jeune enthousiaste, je plains son concierge...

Chut! reprit un autre en l'interrompant; ne parlez pas de disgrâce, M. de Chauvignyesl contre la cheminée.

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