‹ Les femmesChapitre 5 sur 28 · HENRIETTE DE M KM · texte numérisé non relu

HENRIETTE DE M KM

Rien n'est perdu ai pour les enfants pi pour les femmes, dit-on ; mariée â un homme de son âge, ou d'une humeur confiante el bonne, Henriette, simple et franche , eût été peutrêtre une épouse sage et vertueuse; mais, sanscessje en butte à une jalousie, à des reproches qu'elle ne méritail pas encore, son cœur s'en indigna d'abord ; puis, la coquetr terie aidant , elle Huit par se venger.

Mais, hélas! ces sortes de vengeances retombent toujours sur leur auteur. Séduite par le marquis de Grimani , bien plus par le contraste saisissant qui existail entre ce brillant seigneur ël son vieux mari que par les qualités personnelles du marquis même, Henriette ne tarda pas à s'apercevoir ([d'elle n'avait fait que changer de tyran; et tyran pour tyran , mieux valait celui que le ciel et la volonté paternelle lui avaient imposé.

Ignorante du monde et de ses détours, la pauvre Henriette nesavail pas qu'il fallait bien plus de talent pour rompre une liaison funeste que de beauté pour la former. « Celui de nous deux qui n'aimera plus l'autre, l'avouera franchement, » avait dit l'inconstanl marquis, et l'imprudente avait cru pouvoir faire, la première, cet aveu sans danger ; elle ignorait nue l'amour-propre d'un homme est bien plus irritable que son amour , que son cœur blessé pardonne plus facilement l'infidélité que l'indifférence. Enfin, pour ne pas risquer de se compromettre aux yeux de ses gens, elle avait cru devoir charger un tiers de ce congé fatal ; mais des précautions mal calculées perdent autant les femmes que leurs inconséquences : la perte d'Henriette fût jurée.

Une crainte superstitieuse s'empara soudain d'Henriette, el la rendit toute la journée sombre et triste. Ce seigneur

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