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LES PARISIENS DU DIMANCHE

Sonnez, mirlitons! glapissez, fritures! embaumez, rosiers ! — Soleil, darde tes rayons les plus dorés sur cette foule! — Voilà les Parisiens du dimanche!

Ils sortent de chez eux, ils se répandent sur les boulevards, ils prennent d'assaut les omnibus. Dans les gares de chemins de fer c'est comme un bourdonnement d'abeilles. Il y a là des rubans d'un rose vif aux bonnets des commères de quarante ans, d'honnêtes redingotes de mari, des collerettes d'idylle; partout des figures empressées, heureuses et propres. Tous se hâtent, ils vont aux bois.

Sonnez, mirlitons ! glapissez, fritures ! embaumez, rosiers! — Soleil, darde tes rayons les plus dorés sur cette foule! — Voilà les Parisiens du dimanche!

Aux bois de Boulogne, de Vincennes, de Fleury,

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d'Aulnay, de Montmorency! Dans tons ces jardins d'amour oh Fragonard a suspendu ses balançoires, où Lantara s'est reposé ! Ils s'en vont aussi le long de l'eau, regardant glisser les nombreuses embarcations montées par des rameurs et des rameuses en vareuse rouge. D'autres plus indolents ou plus modestes, se contentent de s'asseoir sur les talus verdoyants des fortifications.

Sonnez, mirlitons! glapissez, fritures! embaumez, rosiers! — Soleil, darde tes rayons les plus dorés sur cette foule ! — Voilà les Parisiens du dimanche !

Sous les tonnelles, sur les terrasses au-devant des portes des restaurants, en travers des chemins, par les fenêtres toutes grandes ouvertes, c'est un fracas d'assiettes, de couteaux, de chaises, de verres et de voix. Les servantes ahuries ne savent à qui répondre. Les esprits ingénieux se dirigent vers la cuisine, pour y choisir eux-mêmes leurs mets ; ils soulèvent le couvercle des casseroles fumantes. — « Voulez-vous un joli morceau de veau? leur dit le traiteur en tablier blanc ; quant à du lapin, il ne nous en reste plus. »

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