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COMMENT SE VENGENT LES FEMMES

Mais, le surlendemain, Sylvia ne revint pas. Après ravoir attendue jusqu*à onze heures, je courus au logis d'Olympe. Elle vint m'ouvrir, tout enveloppée dans sa robe de chambre.

— Ah I c'est vous? dit-elle avec ui^peu de moquerie.

— Oui, madame. Vous savez pourquoi je viens?

— En vérité, monsieur, je n'en sais rien.

En même temps, elle me voulut fermer la porte au nez. •

— Un instant, madame, s'il vous plaît! le Tiens chercher Sylvia, et je ne m'en irai pas sans elle.

Elle éclata de rire.

— Quoi! déjà! dit-elle en me raillant; la voilà donc encore perdue, cette fidèle Sylvia?

— Vous le savez bien, madame, et vous allez me dire où elle est.

— Sans doute au concert Musard. Bonsoir, monsieur.

Elle voulut encore fermer la porte. Je lui saisis la main avec violence.

• — Madame, où est Sylvia?

Elle me regarda avec un royal dédain.

— Écoutez, me dit-elle, j'ai pitié de vos tourments; je ne sais où estSylvia à cette heure; mais je sais que demain, vers midi, elle passera aux Champs-Elysées dans la calèche d'un amoureux vénérable. Bonne nuit, monsieur; à demain I

Au même instant la porte se ferma. J'étais pourpre de colère.

— J'oubliais de vous dire, me cria Olympe par le trou de la serrure, que Sylvia s'est apprivoisée moyennant un collier de perles de six sous.

Je voulais briser la porte, je me contentai de déchîier mon gant entre mes dents.

Je retournai chez moi, je me couchai, et je finis par m'endormir. Le lendemain, avant onze heures, je battais la campagne dans les Champs-Elysées. Je regardais passer toutes les voitures avec fureur. Un peu avant la nuit j'entrevis enfin l'adorable figm'e de Sytvia. EHe était mise comme une duchesse de théâtre; je remarquai sur la blancheur de son cou le collier dont m'avait parié Olympe. Elle était à côté d'un diplomate bien connu:; elle souriait à ses galanteries, du bout des lèvres, il csL ^rai. J'étais indigné. Je songeai à m' élancer vers elle, à la saisir par ses beaux cheveux et à la traîner dans la poussière. Mais la calèche passa comme le vent.

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