DRAGON
— Qu'elle aille au diable si elle veut! dit pour toute réponse Adolphe à FAuvergnat qui lui ayait remis le billet doux d'Anaîs.
Le soir, il lui yint des remords ; il plaignit celte pauvre fille, qu'il maltraitait déjà ; il regretta de ne pa,s l'avoir conduite au Gymnase. Dans une baignoire, nul n'aurait remarqué qu'elle était habillée à Faven* turc ; et, d'ailleurs, n'était elle pas assez belle pour lutter avec le ridicule de ses fanfreluches? Il voulut réparer sa sottise en allant attendre Anais à sa sortie de l'Ambigu. On était à peine au dernier acte quand défilèrent devant lui les spectateurs de la Gaité. Comme il regardait par distraction, il vit sa petite chatte au bras d'un ami, sinon d'une amie.
Cet ami était un superbe dragon de Metz en Lorraine (100, 20 lieues de Paris). Anaïs l'avait rencontré fort à propos après la lettre d'Adolphe. — Les femmes font quelquefois de ces rencontres-là. — Le dragon, qui était fort comme un Turc sur la mythologie, sans préjudice d'ailleurs, avait parlé d'un voyage à Cjthcre^ et Anaïs s'était dit tout bas qu'il fallait voyngcr/
ADOLPHE Â Amis.
a Je ne suis pas dupe de vos jongleries amonreuses, « ma chère. Vous tous êtes yeugée de mon examen m en allant, non pas à l'Ambigu avec mademoiselle a Arabellc, mais â la Gailé avec M. Adonis : que Dieu « et Tamour vous gardent !
a Adolphe, d
AHAIS A ADCn^HE*
« Adolphe I Adolphe ! je suis coupable, mais je vous « îiimo. La vengeance m'a perdue, pardonnez-moi : je « veux vous voir encore, je veux t'aimer toujours. A « onze heures, je serai à ta porte.
« Anaïs. ]>
iV. B. Adolphe pardonna avec fureur.