‹ Les femmes comme elles sontChapitre 33 sur 45 · ELLE-MÊME · texte numérisé non relu

ELLE-MÊME

<x Donc je naquis à Metz en Lorraine; mes parents « sont ricnesy mais honnêtes, et mon grand-père était « presque éyêque : voilà pourquoi je fus mise au cou* « vent, où je n'appris qu'à prier Dieul Donc, je revins a dans ma famille, tout exprès pour être séduite par ua c( capitaine de hussards qui est mort à la guerre» je ne « sais* plus ou, à Alger ou à Waterloo. Donc ce çapi- « taine, qui était fort joli garçon, m'enleva un beau « jour au milieu de la nuit sans avoir pitié de mes « larmes et de mes cris, mais en tout bien tout hon- « neur. Quel temps affreux ! le vent faisait le diable à « quatre, et lui donc I 11 me mit à califourchon sans a façon, et je n'en faisais pas non plus. Donc, quand « il partit pour la guerre, je faillis mourir de douleur « avec son ami intime, M. Hector, un jeune capitaine de c< dragons, qui avait eu la croii à Marengo ou à Sainte- « Hélène. Hélas I dans mon désespoir, je ne savais plus <c ce que je faisais. A la guerre comme à la guerre! Les « ingrats m'avaient promis leur main, mais j'eus beau

c( tendre la mienne ! La douleur me prit, je youIus me « repentir en liberté : Toilà pourquoi je me fis fleua riste. Je^ t'assure, mon cher, que j'ai reçu plus de a * fleurs que je n'en ai fait. )>

Ici madenoioiselle Anaîs fit une petite moi^ souriante ci se mit- à chanter d'une \oix éclatante :

La fortune Importune *...

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