‹ Les femmes comme elles sontChapitre 34 sur 45 · AMIE INTIME · texte numérisé non relu

AMIE INTIME

« Donc Anaïs est la fille d'un père anonyme et d'une « fruitière de Melz qui a eu douze enfants ; elle était le « treizième; sa grand'mère a été servante d'un cha- « noine et quelque those avec. Donc, dès sa tendre « jeunesse, elle séduisit un petit 'amour d'écolier qui « faisait l'école buissonnière avec sa voisine et qui fit « la même chose avec elle-même; elle fut séduite à son c< tour par un clerc d'huissier qui fit pour elle plus c( d'un pas de clerc ; celui-là, du reste, c'était pour tout c< de bon : les imbéciles voulaient s'enchevêtrer dans a le mariage. Après le clerc d'huissier vint un hussard; « après le hussard un dragon; après le dragon un c< canonnier ; après le canonnier un régiment. Dieu sait

* L'historiographe de mademoiselle Anaïs ne sait plus si elle chanta cette chanson ; mais, si ce n'est [pas celle-là, c'est à coup sur celle-ci : ~

L'or est une diimère. . .

« le chapelet qu'elle a égrené I ce n'est pas pour en « dire du mal, au contraire. Elle est venue à Paris « après tout cela, pour commencer. Donc, elle croyait a tout simplement arriver à la terre promise des belles « lilles; mais, à Paris, elle rencontra des épines : Y(»Ià « pourquoi elle a fait des fleurs. »

— Aïe I aïe ! s'écria un jour Anaïs, tu chiffonnes ma collerette 1

— Tu n'as point de collerette ! dit Adolphe avec dépit.

— Oui, mais tu chiffonnes mon épaule et tu rougis mon cou.

— L^mour s'en va, dit Adolphe d'un air rêveur. Adolphe se flattait beaucoup, car l'amour n'était pas

encore venu.

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