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FEMMES ECRIVAINS ET BEL ESPRIT

Les hommes, même les plus intelligents ', se sont à peu près généralement accordés pour jeter le ridicule, le blâme, voire même le mépris sur les femmes écrivains, et pour leur refuser la force créatrice et le talent. Il en est qui sont allés jusqu'à les nier elles-mêmes en principe.

^ La femme auteur n'existe pas, dit M. Proudhon, le plus intraitable de tous : c'est imc contradiction. Le rôle de la femme dans les lettres est le même que dans la manufacture. Elle sert là où le génie n'est plus de service, comme une broche, comme une bobine.

Balzac est un peu moins tranchant :

es La femme auteur, est-ce une femme connue il lauf.' Quand elle n'a pas de génie, c'est une fcinnie comme il n'en faut pas.

.1. .1. Rousseau ne veut pas croire à l'authenticité de leurs productions ht téraires :

cS3 On sait loujoiu's quel est l'arlislc ou l'ami qui tient la plume ou le pinceau quand elles liavaillent. (Jn sait quel est le discret lionnne de lettres qui leur dicte en secret leurs oracles. Toute cette charlatanerie est indigne d'une hoimête femme. Quand elle aurait de vrais talents, sa prétention les avilirait. Sa dignité est d'être ignorée : sa gloire est dans l'estime de son mari; ses ()laisirs sont dans le bonheur de sa famille.

in (le nos ()lns charmants écrivains contemporains, madame de Girardin, atijlisle distinguée, semble refuser le style aux femmes (juarid elle dit :

^ C'<!sl surtout ;i |)ropos des ouvrages des femmes (pu- l'on piMit s'écrier ave(; IJnlCon : « le stvie est l'/jommt'. »

• Pcill-ùtrc MMJiil-ic ili' liMir |i;iil le iiiolil d'iiii imii |iiii('il II ccliii i)iic \in\ \'\u-> li;iiil la Hniyèrc ^Voil

FEMMKS Kr.UlVAlNS Kl lU.I. ESPRIT. W)

Montaigne, qui nëlail pas toujours fort courtois, — la plume à la inain, bien entendu, — envers le beau sexe, Montaigne n'admet qu'à la rigueur les iemmes de bel esprit, dont il parle ainsi :

® Elles allèguent Platon et saiiil Thomas, la doctrine qui ne leur a pu arriver en l'àme leur est demeurée en la langue. Si les bien-nées me croient, elles se conlenlerontde faire valoir leurs propres et naturelles richesses. Elles cachent et couvrent leurs beauté/, sous des beauté/ étrangères. C'est grande simplessc d'éloulVer de clarté pour luire d'une lumière empruntée : elles sont enterrées cl ensevelies soxxiiVnvi, Je capsula totx (toutes de parftim). C'est qu'elles ne se oognoisseut point assez : le monde n'a rien de plus beau : c'est à elles d'honorer les arts et de larder le fard. Que leur faut-il, que vivre aimées et honorées? Elles n ont et ne sçavent que trop pour cela : il ne faut qu'esveiller et reschaulfer les facultés qui sont en elles. Quand je les veois attachées à la rhétorique, à la judiciaire, à la logique, et semblables drogueries si vaines et inutiles à leurs besoings, j'entre en crainte que les hommes qui le leur conseillent le facent pour avoir loy (la liberté) de les régenter sous cetittre : car, quelle autre excuse leur trouverois-je? Baste (il suflit) qu'elles peuvent, sans nous, ranger la grâce de leurs yeulx à la gayeté, à la sévérité et à la doulceur, assaisonner un nenny de rudesse, de docilité et de faveur, et qu'elles ne cherchent point d'interprète aux discours qu'on faicl pour leur service : avecque cette science elles commandent à baguette, et régentent les régents et l'esclave. Si toutefois il leur fâche de leur cesder en quoy que ce soit, et veulent par curiosité avoir part aux livres, la poésie est un amusement propre à leur besoing : c'est un art folastre et subtil, desguisé, parlier (babillard) tout en plaisir, tout en montre, comme elles. Elles tireront aussi diverses commodités de l'histoire. En la philosophie, de la part qui sert à la vie, elles prendront les discours qui les dressent à juger de nos humeurs et conditions, à se deffendre de nos trahisons, à régler la témérité de nos propres désirs, à mesnager leur liberté, allonger les plaisirs de la vie, et à porter humainement l'inconstance d'un serviteur (amant), la rudesse d'un mary et l'importunite des aas et des rides, et choses semblables. Voyla, pour le plus, la part que je leur assignerais aux sciences.

Mercier a inséré dans son Tableau de Paris ce curieux chapitre intitulé :

DKS FRMMEf ÉCRIVAINS

Les femmes en tout temps ont été jalouses parmi nous défaire l'agrément des sociétés. Eh! pourquoi serait-il défendu à l'esprit de passer i)ar une belle bouche? De là à la culture des lettres il n'y a qu'un pas. Les conversations roulant sur les livres et les ouvrayes de théâtre, les femmes qui n'ont point à remplir les états pénibles de la vie civile, au sein de leur doux loisir, ont dit : Faisons des livres.

Si l'on ne défend point aii\ femmes la musique, la peinture, le dessin, pour-

iS.i I.KS 1 KMMKS I) AFUKS LKS AITKIRS IKANÇMS.

(|U(ii leur inlerdirail-on la littérature? ce serait dans l'homme une jalousie honteuse que de les repoussjîr dans l'ignorance, qui est un vérital)le défaut avilissant. Quand un être sensible n reçu de la nature une imagination vive, comment lui ravir le droit d'en disposer à son gcé?

Mais voici le danyei'. L'homme redoute toujours dans la femme une supériorité (|uelconque; il veut qu'elle ne jouisse que de.la moitié de son être. H chérit la modestie de la femme, disons mieux son humilité, comme le plus beau de tous ses traits; et comme la femme a plus d'esprit naturel que l'homme, celui-ci n'aime point cette facilité de voir cette pénétration II craint qu'elle n'aperçoive en lui tous ses vices, et surtout ses défaiits. Dès que les femmes publient leurs ouvrages, elles ont d'abord contre elles la plus grande partie de leur sexe et bientôt presque tous les hommes. L'homme aimera mieux toujours la beauté d'une femme que son esprit. Car tout le monde peut jouir de celui-ci. L'homme voudra bien que la femme possède assez d'esprit pour l'entendre, mais point qu'elle s'élève trop, jusqu'à vouloir rivaliser avec lui et montrei- égalité de talent, tandis que l'homme exige pour son propre compte un tribut jourualiei' d'admiration.

Ces sentiments, cachés dans le cœur de tous les hommes, se réveillent avec force quand ils sont en masse. Par exemple, les pièces que les femmes donnent au théâtre sont jugées avec une rigueur excessive. Il n'y a qu'un seul homme qui souffre : c'est l'amant; et cette idée-là même rend plus sévères les autres spectateurs.

La galanterie n'existe donc pas dans le public rassemblé pour juger les productions d'une femme, il s'en faut bien ; comme chacun voudrait être l'amant, nul n est ami alors, et tous les hommes ont une disposition secrète à rabaisser la femme qui veut s'élever jusqu à l;» renommée. Cet amour-là leur déplaît, car c'est bien assez d'être subjugué par la beauté, sans l'être encore par les talents. D'ailleurs, comme la femme est assez inexorable quand elle juge ce qu'elle n'aime pas, les femmes auteurs payent ce jom-là pom- tout leur sexe. Un triomphe éclatant serait fort alarmant pour l'orgueil et pour la liberté des honunes.

Comme il n'y a rien de plus éloigné de la femme que la véritable humilité, c'est là j)récisémeut la veitu (pie l'honinu! voudrait lui ins|)irer,et c'est à celle-là même qu'elle se refuse constannnent. La femme se ressouvient toujours de ses privilèges, même en oubliant ses droits.

Ainsi, à travers tous les eom|iliinenls dont riiomme accable mu; feuuue, il craint ses succès, il craint (jue sa lierté n'en augmente et ne mette un double prix à ses regaids. L'homme veut subjuguer la feuuue tout entière, et ne lui permet une célébrité particulière (jue (juand c'est lui ()ui l'annonce et ({ui la conlirnic. Il consent bien (prellc ait de la réputation, pourvu (lu'oii l'eu croie le preniiei' juge et le plus proclu! ap|)réciateur.

Lue feunue qui écrit doit faire exception, on eu conviendra, cai' les devoirs d'uuianlc, d'épous(!, d(( uièrc;, de sœui', d'amie, souHrenl toiijtuus un peu de ces ingéuiciiM'v di^tl•actious de l'esprit, et l'hounue tremble (jue les cpiaiilés du avui

FKMMKS KCHIVAINS l-T BKl KSFUIT. 485

ne \ienii»Mil ;'i se rolVoitlir an inilitMi de rtMiol>aiihMiuMit tic la rt'iioininée. 11 tlôsire l'iitiii quolle \ic ï^oil siisooplihli' (jue il iiiic- sorte irciu-liantciiieut. : de celuidà que rhominc voudrait inspirer excinsivonient.

Encore si les Tt^nnies s'eniparaienl de la science; mais non, elles prennent les légèretés, les linesses, le senliuient, les grâces originales de l'imagination, la peinture de nos défauts, et elles t'ont tout cela sans études, sans collèges et sans académie.

tUes devinent le pédant à la troisième phrase el trouvent de l'esprit à celui qui a placé à propos un silence. Voilà ceipie ne pardoiuie pas la tourbe médiocre des esprits, ipii voudrait exiger des tennnes un [)erpétuel aveu d'infériorité.

Mais n'anrions-niMis pas perdu, si nous avions été privés des écrits de la disciple lidèle du malheureux Abailard'.' Ayons du moins quelque reconnaissance pour l'illustre Laure,la belle maîtresse de Pétrarque, l'ingénieuse Scudéri, l'épicurienne et galante Ninon, la fameuse Christine, la charmante la Suze, la séduisante Mancini, l'inimitable et tendre Sévignc, la généreuse Rambouillet, la maligne de la Sablière, la voluptueuse Ville-Dieu, la vertueuse Chéron, la sage et sensée Lambert, l'amusante d'Aulnoy, la célèbre Dacier, la modeste Bernard, l'enjouée et vive Louvancourt, la savante Lussan, l'aimable Staal, l'immortelle Ueshoulières.

El notre littérature ne s'est-elle pas enrichie des Lettres sur l'Italie, par madame du IJoccage: des romans de madame Riccoboni, écrits d'un style si pur; des ouvrages de madame la marquise de Sillery, où l'instruction raisonnée est à chaque page de son Théâtre moral, qui remplit si parfaitement son titre ; des compositions originales de madame la comtesse de Reauharnais, où l'esprit, le sentiment et la connaissance du monde sont si bien confondus ensemble ; du pinceau mâle et historique de mademoiselle Lzeralio; des imitations embellies de madame la baronne de Vase et de miss Wouters, sa sœur? N'a-t-on pas lu avec plaisir les vers de madame d'Antremont, de madame Laurencin, de mademoiselle Gandin'.' Madame Renoît, madame d Aubanton, madame Monet, madame d'Ormoy, madame de Gouges, qui doit tout à la nature, nous ont donné des écrits où l'on trouve de l'intérêt, de l'imagination, des tableaux (idèles de nos mœurs.

Et s'il faut un luxe aux grandes sociétés, quel luxe plus heureux et plus agréable que les ouvrages d'un sexe où nous aimons à aller chercher les idées et les sentiments qui reposent au fond de leur âme, et qui se développent peut-être avec plus de franchise dans leurs écrits que dans leurs regards et dans leurs paroles.

Les femmes auteurs ont fait trop de chemin pour pouvoir revenir à leur sexe; il faut qu'elles se fassent hommes tout à fait, au risque de perdre encore davantage. Mais, du moins, elles ne seront plus des êtres mixtes, et notre hommage sera alors plus sérieux.

Le poète Eœuchard-Lebrun, qu'on n'appelait jamais que Lebrun-Piudare, fui

480 LES FKMMES D'APRKS LES AUTEURS FRANÇAIS.

(le tous les écrivains de l'école mythologique celui qui entendit le moins raison sur l'admission des femmes au Parnasse. Inspiré par ce sentiment, il écrivit l'ode suivante :

AUX BKII.ES Qll VEULENT nF.VENIR I'OKTKS

Souveraines dans l'art de plaire, Les dieux vous firent pour aimer ; 1^' Amour verrait avec colère Une nuit perdue à rimer.

Quoi ! dans une docte insomnie Parjures à ce dieu si doux, Vous prodigueriez au génie Un baiser stérile et jaloux.

Nos cœuis vous cèdent la victoire; Qu'elle borne votre désir :

Un long siècle dans la mémoire Ne vaut pas l'instant du plaisir.

La rose vit un jour à peine, Mais elle charme tous les yeux, Et n'est point jalouse du chêne Oui porte son front dans les cieux

Voit-on la colombe de Gnide Affecter l'empire de Pair, Et ravir à l'aigle intrépide Les triples jeux de Jupiter.

Laissez-nous la double colline; Régnez à Cylbèn', à Paphos; En vers tendres le doux Racine S. même vaincu les Saphos.

Le coursier fougueux du Parna.^se Ne cède (ju'aux lils (rApollon, Et se l'il de la faible audace Des Amazones d'ilélicon.

Rassurez les Grâces confuses; Ne trahissez point vos appas :

Voul(!Z-vous ressembler aux Muses?

Inspirez, mais n'écrivez pas.

Legouvé lit allusion à cette (tdc dans ce |»assag(' du Mt'riti' des Femmes

ae Poui' la lémiue, il est vrai, icdoulant un travers, Un poëte voulut lui défendre les vers.

Sans (hinle il ne faiU pas ipTen uu mâle déliri; Elle lasse jtarlei' la liom|)elle ou la lyre ;

FKMMKS ÉCRIVAINS KT HKL KSI'KIl. 487

iMaiselle a su jtrouvo»' qno sous ses doigts légers Soupire suis elTorts la Unie (lt>s bergers. tst-ce un jeu de l'esprit ((u'elle doit s'iuterdire? Peut-être on aime mieux t|uand on sait bien le diie. I,ais>ons-la doue sans erainle t'xereer à son tour l'n ;ii l t|ui peut tourner au profil de l'amour.

Mai> une ode du nuKlerne Piudaio valait une rcpli(jne plus expresse, une réfutation plus directe : Legouvé publia les

Vl;R^ A LK BllUN, yl'l UKKLNU MX V li M M l. S llKlUK l'OKl'lCS*

Sublime béritier de la lyre, Abjure ta rigueur contre un sexe adoré; Permets ((u'épris du Pinde il suive le délire

Qu'il t'a si souvent inspiré.

Pourquoi doue de lamour craindrait-il la disgrâce? Jamais de la beauté l'amour n'est le censeur ; Kl le lutb d'Apollon sous la main d'une Grâce Ne peut que résonner avec plus de douceui'. 11 est vrai que ce sexe, aux rives d'Aonie, Ne pourrait de ta lyre, égalant rbarinonie, Par une image neuve, im mot audacieux De la langue étonnée agrandir le génie. Et peindre la nature en vers majestueux. Des travaux imposants il trompe l'énergie : .Mais la douce romance, et la tendre élégie. Il sait bien les saisir et l'aire tour à toin- Parler en vers charmants et la grâce et l'amour.

Vois Sapbo, par Phaon trahie ; Klle rendit son art confident de ses pleurs , Kt méritii la gloire en chantant ses malheurs, f-c siècle de Corneille a vanté Deshoulière; Kt Verdier, Dulrénoy, d'Antremont et Beaulorl, Ont, de nos jours, pr un heureux effort, De l'Hélicon atteint la cime altière ; Leur chant du Dieu des arts embellit les concerts. Peux-tu, quand tu les lis, leur défendre les vers ? L'autan impétueux, (jui, sur l'humide empire, Fait retentir au loin son imposante voix,

laisse soupirer le Zéphyre

Sous l'ombre mobile des bois :

El des monts à grand bruit le torrent loule et gronde

Sans empêcher que le ruisseau

Charme la pente d'un coteau,

' >ou> ne disons ^n que les Veri à l,e Brun aienl (;lé publiée posléiieuienient au Mérite des l'ciiuitci.

488 I.KS FKMMKS I) APUÈS LKS AIJTKIIHS FIlÂNÇAlS

Du dou\ niuriuure de sou onde.

Les belles faites pour charmer,

Pai' tous les moyens de séduire.

Oui droit d'a.^surer leur empire.

Ou se plaît à les lire autant qu'à les aimer.

Non, il n'est pas une victoire iiitnt les olijets chéris ne méritent riionnetu". Nous leur devons l'amour, Tesprit et le bonheur, Sachons leur pardonner le talent et la «iloire.

.\lor.s JiC'hrun lit paraître la

lU.PO.Vbt A LtUOL'Vli suit LA BKPONSE yl II. AVAIT lA.IK t.N PAVIlli |it> KEMMK'- QIH VK1,1.K\1

llKVENIli POiVfKJ

Galant défenseur d'une belL'', Qui, dans tes jolis vers a cru presque se voir, Tu sais donc présenter une y race infidèle? Tu crains que le dépit ne brise le miroir.

Sapho, tant soit peu masculine, lient fois, avec éclat, dans ses transports divins, Atteignit le sommet de la doid)le colline;

Mais nos poètes iéminins Nos muses de boudoir, chantant à la sourdine, Pour 1 immortalité l'ont des vers clandestins.

Souvent [)lus d'une belle, amante despotique. D'un sexe qui l'adore enleva les crayons ;

Plus d'une Phébé poétique A des astres du Pinde emprunté les rayons.

D'une charmante Deshoulière

Soyons plus amants que lecteurs ;

Lit surtout croyons-eu Molière :

Gardons-nous des fenunes auteurs.

Lebrun, tenace dans son opinion, la professait même dans ce que nous pour rions appeler les cas particuliers, comme le prouvent ces stances adressées

» iNK joMK 1 rmii: l'oKir, ijiii i.ui chah i.k chant ni; ].s FAUvtrii: it mi: i'mii.omki.i;, rouu ai niuisr.r,

SON BAMACIK rOKliglT

Cliîz les oiseaux, ne vous déplaise, La l'cmelle n'a point de cliiuil; Nature veut (pTolle se taise, Même en dépit dr son peiichanl.

' Kll ills:inl (/ mit' lii'llc ri non tirs lirllr- |.*'l»llii ilrlniil II' I mil l('if (II' jj/'IUM illll/- <JUI imMiiil de l.i

l'picf iiiix vi;i> lie l.c'^iMivé. (y'i'^l MM iiiiilii iciix miiycii |iiiiir ii iivoir |);is il chercher Ho .sérieux nrgmnnil-

FRMMKS KCRIYAINS KT RKI. KSI'UIT 489

Otte IMiiloniole vantée, Si diH-to en Ixvarre, en bémol, Dont votre oreille est eneliantée^ i\e fut jamais qu'un rossignol.

Ce t|ue vous nommez la lauvelte.

Est un mâle au gosier charmant, Qui, pour sa compagne muette, ([liante son amoureux tourment.

Vos la Suze, rimant leurs llaiumes,

Traînent im vers efféminé !.

Oh! (pie Racine a mieux peint l'ànu'

De leur sexe passionné.

♦ Riches de grâce et de plumage,

Enchantez le double vallon ;

Mais sans' mêler votre ramage

Aux doctes signes d'.Apollou.

Ne citez jamais vos la Suze ; Parlez de Sapho seulement :

Et pourtant — ô néant el vanité de la nature humaine! — ce farouche, cet opiniâtre iutei (licteur des poètes féminins, nous le surprenons admettant

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