‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 125 sur 194 · FRANÇAISES · texte numérisé non relu

FRANÇAISES

® Une chose dont il tant tenir coniptc, c'est que les Françaises sont très-précocès. Une Française de quinze ans est aussi développée pour le sexe et l'amour qu'une Anglaise de dix-huit. Cela tient essentiellement à l'éducation catholi(|ue et à la confession qui avance tellement les fdles. Michelet.

® Les femmes Irançaises, n'ayant jamais vu le bonheur des passions vraiea, sont peu difficiles sur le bonheur intérieur de leur ménage et le tous les jours de la vie. Stendhal.

^ Quand une Française se mêle d'être éthérée, elle ne mange plus, elle est toute àme et sans estomac. Stahl.

^ Les Français sont généreux et capables de nobles folies ; ils ont une bonté de cœur admirable. Les Françaises n'ont pas le cœur aussi bon, mais elles lont beaucoup de bien et rendent de grands services pour constater leur influence et conserver leur clientèle.

® Une Française, quand elle est en grande parure, sinquiètc peu de ce qui se fait autour d'elle; elle regarde si on la regarde... et voilà tout.

® Plus une Française est jeune, plus elle est ambitieuse et intéressée.

j^ Tout Français déteste la femme (pi'il aime.

Toute Française considère l'être adoré connue son plus mortel ennemi ; in- (piiète et soupçonneuse, elle est toujours auprès de lui comme l'Arabe dans le ilésert; il se repose un moment sur le sable, mais en gardant ù ses côtés un fusil armé pour la défense, un cheval sellé j)our la fuite.

Filtre un Fiançais et une Française, l'amour n'est (ili'uiit' hostilité déguisée ; un moyen commode d'espionnage, c'est la lutte harmonieuse de deux tyrans

FR.VNr.AlSKS, PAniSlENNF.S ET PROVINCIALES. 499

jaloux \\m lie laulre, c'est l'accord peiiide do ileux conquérants rivaux qui révent chacun la victoire et la tlomination personnelle. Et la preuve que cet amour est île la haine, c'est la joie que ces tenilres onueniis éprouvent en découvrant dans l'objet chéri quelque alTroux défaut, quehiue bon vice incorrigible; des cœurs aimants s'alHigeraient de cette triste découverte, eux s'en télicitent... « Je la tiens, » dit lun. — « Il ne m'échappera pas, » dit l'autre. Mais, à parler Iranchement, celui des deux qui doit le plus se réjouir, c'est le Français: son autorité est toujours la plus menacée. Aussi, comme il redoute les femmes qu'il risque d'estimer ou d'admirer! Il vient à elles, mais par vanité, et il leur fait paver cher Ihommago forcé qu'il leur rend.

Un Français n'aime beaucoup que la femme qu'il méprise un peu. Les femmes d'un monde fantastique sont celles qu'il préfère; comme elles sont dans sa dépendance par la misère de leur condition, il ne s'aperçoit pas qu'il est dans la leur par la pauvreté de son caractère, et il daigne leur obéir parce qu'il ne leur reconnaît pas le droit de lui commander. Ce sont les seules femmes à qui il pardonne d'avoir plus d'esprit que lui.

Car en France, excepté les bas-bleus, toutes les femmes ont de l'esprit.

M"*' E. DE GiRARDIN.

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