MADEMOISELLE MARS
— ITTO-ISIT —
Aniie-Françoise-lli|)polyle Boutet, dite mademoiselle Mars, Tune des gloires de la Comédie- Française, était fdle de Monvel, excellent artiste attaché alors au théâtre de la Montansier, et d'une actrice nommée Mars-Boutet, qui joua pendant quelque temps sur le théâtre de la Répuhliquc. Elle entra au théâtre en 1795. Ses débuts eurent lieu dans les ingénues à Feydeau, et de cette scène e'ie passa bientôt à la Comédie-Française, où elle devait rester jusqu'en avril 1841, époque de sa retraite défhiitive. Elle aborda les rôles dits de jeunes amoureuses et tint l'emploi en chef en 1798. Pourtant elle n'avait encore donné que des espérances ; son organe, devenu plus tard si admirablement harmonieux, était resté assez faible, et tout en reconnaissant à la jeune actrice une rare intelligence, les amateurs déclaraient que ses moyens d'exécution étaient très-bornés. En 1799, l'opinion commença à revenir sur le compte de mademoiselle Mars, mais son premier grand succès ne date vraiment que de 1803. X cette époque, elle put aborder le rôle du sourd-muet dans VAbbé de VÊpée, et s'en acquitta avec un charme, une sensibilité et une expression qui la classèrent au ranor des grandes comédiennes. Son talent, encouragé désormais par les applaudissements sympathiques de la foule, grandit vite, et on la vit aborder avec un égal succès tous les rôles de l'ancien répertoire. La liste des rôles nouveaux qu'elle créa serait trop longue à dresser; citons les principaux : Flora dans Pinto; Betsy dans la Jeunesse iV Henri V ; Emma dans La Fille d'honneur; Valérie dans Valérie; dona Sol dans Hernani ; Elisabeth dans les Enfants d'Edouard ; la Tysbé dans Angelo; lady Strafford dans la Popularité; et mademoiselle de belle-lsle, le dernier qu'elle ait créé (2 avril 1859). Chacune de ses créations fut un nouveau triomphe pour mad€moiselle Mars: mais c'est encore dans l'ancien répertoire qu'elle obtint ses plus beaux succès.
Babrièbë.
r.LANKS. :»i!)
valles, où 1 a-il se ponl el où se multiplie le désir. Ces femmes, ou les aiuie plus lougtemps que irautres; mais j eu couuais (|uYmi dépit de l'âge ou ue cesse d'adorer : elles out dansTespril et daus le cœur uuo toile suraboudauce d'imaginaliou, qu'elles lieut jus(|u"à leur deruiers soupirs.
l/iuiagiuatiiui des l'emuu\>^ se passiouiu^ jusipie daus le repoutir ; c'est ce qui tait que lors(|u"on les aiuu' vérilableuieul, ou treuible de les précipiter daus ccrtaiues fautes : ou leur sacrifie alors le plaisir qu'elles promettent.
IKius les ouvrages d'imagination, les femmes révèlent uiillc petits détails qui amusent un instant ; avec elles l'accessoire étouffe le principal. Les bommes, au contraire, courent à l'ensemble ; ils peignent les passions et les sentiments du cœur, les femmes ses faiblesses et ses caprices; on parcourt les livres des femmes, on médite ceux des bommes. Saint-Prosper,
I NDOLEN CE
^ La plupart des femmes ne connaissent que les passions ou l'indolence.
Voltaire.
jeu nes filles
^ Jeune fdlette a toujours soin de plaire.
La Fontaine.
® Une fille est une marchandise qu'on ne saurait garantir, et l'on n'en a pas plus tôt fait l'emplette qu'on voudrait en être défait à moitié de perte.
^ La garde d'une fille est un bien lourd fardeau.
Regmaiid.
^ Quelques jeunes personnes ne connaissent point assez les avantages d'une beureuse nature, et combien il leur serait utile de s'y abandonner ! Elles affaiblissent ces dons du ciel, si rares et si fragiles, par des manières affectées et par une mauvaise imitation. Leur son de voix et leurs démarcbes sont empruntés; elles se composent, elles se recberchent, se regardent dans un miroir; si elles s'éloignent assez de leur naturel, ce n'est pas sans peine qu'elles plaisent moins.
cS 11 écbappe à une jeune personne de petites choses qui persuadent beaucoup et qui ilattent sensiblement celui pour qui elles sont faites. Il n'échappe presque rien aux bommes; leurs caresses sont volontaires; ils parlent, ils agissent, ils sont empressés, et persuadent moins. La Bruyèuf,.
^ Le dérangement d'une jeune personne qui sort des bras du sommeil est le triomphe de la beauté. Saiint-Foix.
^ Les jeunes filles, trop persuadées de l'intérêt qu'elles se croient faites pour inspirer, veulent être préférées en toutes choses, et la justice les occupe peu. 11 leur semble plus flatteur et plus doux d'être une exception à la règle que de s'y
550 LKS FEMMtS D'Al'HÈS LES AITKLRS FRANÇAIS.
soumettre; elles en viennent bientôt à regarder l'indulgence comme un privilège qui leur est dû : humiliant privilège pour les femmes, si elles l'obtiennent, car sous cette facilité à leur tout permettre, il se cache bien du mépris.
L'effet d'une pareille indulgence est de nuire surtout à la sincérité. Trop partiales, trop préoccupées de leurs intérêts si vifs d'amusement et de vanité, les jeunes filles ne sont pas toujours bien vraies. C'est là tellement le résultat des petites séductions dont elles usent, qu'on leur pardonne un peu de fausseté, même après que l'enfance est passée. Pourvu qu'elles s'abstiennent de mensonges palpables, les légères déviations de la vérité ne comptent pas, on leur en sait à peine mauvais gré, il semble presque qu'on s'y attend.
M™* Necker.
® C'est un beau jour pour les jolies filles, un jour de haute et basse justice |)our la beauté, quand, à la lumière inévitable du plein soleil, les grâces un peu |)roblémaliques des salons sont apj)elées au concours vis-à-vis des fraîches santés, des éclatantes jeunesses du village, alors que l'aréopage masculin est com- |)osé déjuges de tout rang et que les parties sont en présence, au son du violon, à travers la poussière, sous le feu des regards. George Sand.
^ Je connais une jeune et belle femme qui, dans la vivacité de son enthousiasme pour le bien, se promettait de le poursuivre sans cesse, quand môme elle n'eût acquis, disait-elle, la' dernière qualité nécessaire à la perfection que la veille de sa mort. Si elle persévère, elle peut conq^ler, quoi qu'il arrive, sur une existence pleine et animée. Toute femme (pii éprouverait le même désir, fût-ce à un moindre degré, acquerrait une indé|)cndance de l'âge, du temps et des circonstances, le plus sûr pour elle comme le premier des biens.
M""' DE Rémusat.
^ Il y a des yeux baissés par un mouvement do fierté dont le secret appartient aux vierges.
^ Les jeunes filles les plus instruites sont celles (jui ont le plus réfléchi sur peu de choses.
^ Quand, chez une jeune personne, le cœur se refroidit, la tète devient saine.
£83 L'adoration d'une jeune fille est plus forte que tontes les réprobations sociales.
^ Les maisons peuvent brûler, les fortunes sombrer, les j)ères revenir de voyage, les empires crouler, le choléra ravager la cité : l'amour d'un" jeune fille poursuit sa marclie, connue cet (iffroyabb; acide ^\uo la cliiiiiic a (It'Mdnvcrt et qui peut trouer- le <^U\]h'. si rien ne l'ai-rètc au centre. Hal/ac,
Effi Jeunes Mlles rieuses, folâtres, légères : ce (pie le lion Uieii a l'ait de |»lus joli a voii'.
r.LANKS. 551