‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 22 sur 194 · INFLUENCE DES FEMMES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES FEMMES

Boisle rapporte ce dire de Louis IX :

« Si vous donnez à une fenniie la liberté de vous parler de choses importunes, il est impossible qu'elle ne vous fasse faillir. »

Ces paroles, il ftiut le reconnaître en dépit du respect que nous devons à la mémoire du pieux monarque, paraissent quelque peu malséantes sur les lèvres de l'homme qui, au dire de l'historien, « se laissait gouverner par sa mère dans sa vie privée connue un eulant, en toute occasion suivait ses conseils et même ses vouloirs, et semblait s'en glorilier, eu appuyant toujours ses ordres de la volonté de sa dame et mère très-chérie ; » de l'honnne qui partait pour la croisade emmenant sa femme avec lui et laissait le royaume « en la régence d'une Icmme; » de l'homme qui, traitant avec le sultan, ne voulait souscrire aux conditions imposées qu'autant cjue la reine les aurait acceptées, et qui répli- (juait ))lacidement au musulman étoimé d'une paicille condescendance pour une femme : « C'est ma dame et compagne. »

\ous croyons ])OUVoir nous dispenser de remonter aux sources pour trouNcr en quelles circonstances, atténuantes sans doute, le saint roi a tenu le propos que rapporte h; lexicographe. (Juoi qu'il en soit, Dieu meici, depuis l'époque où ce jugement hit porté, [)his d'un auteur eu a rappelé... Mais c(>nd)ien aussi se sont trouvés pour le rééditer sous diverses formes! Nous allons citer ceux-ci et ceux-là. l)evra-t-on les regarder connue plus (■onq)éteiils (|ue leur ntyal devauciei-, surtout lois(|ue nous les trouverons les uns eHq)hati((uement favorables, les antres svstématicpiement hostiles? Non, sans doute, et à (pu-hpie sexe qu'ils ap|)ailienn( lit, nous devrons les avoir en piiideiite méliance. Toutefois, pour peu (jue leur caractère, ou les traits saillants d(! leur existence nous soient roiiiiiis, il sera, croyons-nous, possible, en faisant la part des inlluences personnelles ou étrangères, d'obtenir une certaine conclusion approximative des vérités admissibles.

[Wi Lors(|ue j'arrivai eu JTaiice, je trcMivai le leii roi absolument gouverné |»ar les femmes ; et cependant, dans I âge où il était, je crois ipie c'était le monarque

IM-Ll K.NCi: 1>KS FEMMES. 109

de la terre qui en avait le moins de besoin. J'entendis un jour une femme qui disait : Il tant que l'on lasse quelque clioso pour ee jeune colonel, sa valeur m'est comme; j'en parlerai au ministre, l'ne autre disait : Il est surprenant que ce jeune abbé ait étc oublie; il Tant qu'il soit évccpic : il est bonnnc de naissance, et je pourrais répondre de ses mcL'urs. Il ne faut pas pourtant qu'on s'imagine que celles qui tenaient ces discours l'ussent des favorites du prince ; elles ne lui avaient peut-être pas parlé deux fois en leur vie : cliose pourtant très-facile à laire diez les princes européens. Mais (■''est qu'il n'y a personne qui ait quelque emploi à la cour, dans Paris ou dans les provinces, qui n'ait une femnie par les mains de laquelle |iassent tontes les f]fràces et quelquefois les injustices qu'il peut faire. Ces fenmies ont toutes des relations les unes avec les autres, et forment une espèce de république dont les membres, toujours actifs, se secourent et se servent mutuellement , c'est comme un nouvel Etat dans l'Etal ; et celui qui est h la cour, à Paris, dans les provinces, qui voit agir dos ministres, des magistrats, des prélats, s'il ne connaît les femmes qui les gouvernent, est comme un bomme qui voit bien une machine qui joue, mais qui n'en connaît point les ressorts.

^ La société des femmes gâte les mœurs et forme le gont.

Montesquieu.

® Les désordres des hommes viennent souvent et de la mauvaise éducation qu'ils ont reçue de leurs mères et des passions que d'antres femmes leur ont inspirées dans un âge plus avancé. Fénelon.

^ ... Les hoimnes ne sont que ce qui plaît aux fomnies.

fj\ KoiNTAI.NE.

PC La société dépend des femmes. Tous les peuples qui ont le malheur de les enfermer sont insociables.

^ Il semble, généralement parlant, que les femmes soient faites pour adoiuir les mœurs des hommes. Voltaire.

^ Formez-vous pendant quelques moments l'idée d'une république où il n'y ait point de femmes; vous verrez que le luxe, la sotte vanité, la médisance, le meurtre, le carnage, en seront presque bannis.

ESS Entre les gens d'un certain rang, la plupart des duels et des combats sont occasionnés par l'amour et la jalousie. Qu'on examine attentivement les affaires qui arrivent à la cour et à la ville, on verra que de dix, les femmes ont part] à neuf, directement ou indirectement.

® Dans les guerres civiles, dans les troubles les plus dangereux, combien les femmes n'ont-elles point influé? II ne serait pas diflicile de prouver que les plus grands événements n'ont été causés que par elles. Cléopatre fit perdre à Antoine la bataille d'.Actiiim et la moitié de l'empire du monde. Personne n'ignore les maux que lit an rovaume cette reine qu'on appelle à juste titre I<i. Furie de

IG

la IVaiioc. I.a siinr do IVanrois 1" fut la sourco des guerres civiles qui durèrent près de deux siècles : elle alluma les feux qui éclatèrent sous Charles IX, François II et Henri III. .Madame de Chevreuse était l'âme du cardinal de Retz, elle fomentait plus elle seule les troubles de Paris que la moitié des Frondeurs.

du ne peut s'empêcher d'avouer que les femmes ont été très-souvent les premiers mobiles des guerres, et ont causé la destruction des empires et la ruine (les peuples. Le marquis d'Argens.

^ Je ne sais comment il arrive qu'aussitôt qu'une femme est mêlée dans une affaire, l'àmi' la plus farouche s'amollit et devient austère: mi vernis d'égards et de procédés se répand sur les discussions les plus épineuses ; le ton devient moins tranchant, l'aigreur s'atténue : les démentis s'elfacent, et, tel est l'attrait de ce sexe, qu'il semblerait qu'on dispute moins avec lui pour éclaircir des faits, que pour avoir occasion de s'en rapprocher. Beaumarchais.

^ Feunnes! femmes! objets chers et funestes, que la nature orna pour notre supplice, (jui punissez (|uand on vous brave, qui poursuivez quand on vous craint, dont la haine et l'amour sont également nuisibles, et qu'on ne peut ni rechercher, ni fuir impunément! beauté, charme, attrait, sympathie! être ou chimère inconcevable, abîme de douleurs et de volupté! beauté, |)lus terrible aux mortels que l'élément où l'on t'a fait naître, malheureux qui se livre à ton calme trompeur! c'est toi qui produis les tempêtes qui tourmentent le genre humain.

® Par l'extrême mollesse des fcnnnes connnence celle des hommes. iiCS femmes ne doivent pas être robustes comme eux, mais pour eux, pour que les hommes qui naîtront d'elles le soient aussi. J. J. Rousseau.

êS3 L'esprit de société est communément le partage des femmes. Il semble, généralement parlant , (pTclles soient faites pour adoucir les mœurs des hommes.

Voi.taike.

^ Quand un peuple n'est pas civilisé, il y a trop peu de relation moialc entre la femme et l'houuue, pour conlrc-balancer les forces corporelles de ce dernier; mais lorsque la femme j)eut compenser son infériorité physique par les charmes de la vertu, de l'esprit et du «(Mitiment, son emi)ire adoucit les uKPurs, <•! riiommc, en chérissant son épouse, s'habitue à respectei- son égale. En général, la considération poui' les femmes est la mcsuie des progrès d'une nation dans la vie sociale; mais le développciiicnl de leurs facidlés morales et I ascendant qu il leur donne, sont coMuniuiênient l'ouvrage; de la législalicni, surtout de la religion et de Topinion, souvent plus én(M"gi(pies et plus durables (\\u' les lois. (iRÉGOiRE, évê(jne de blois.

a^i Le plus grand bi>nheur ipii puisse arriver à un jeinie homm(>, c'est que la première personne à hwjuelle il s'allaclie, soit inn> lennne d'esprit et de cd'ur; l'enqure qu'elle prend sim' lui ne peut loniner qn à son avantage. (!'(>sl nu ter-

INFI.l K.NCK DKS FKMMKS. 171

riblo mol (juiiii ji' le vt'ux (ruiu^ IViuiiu' aimable: mai.s quand riioiinour et la raison dictent ses volontés, im hoiincte homme u'est-il pas trop heureux rpie nous lui oonimaudions, et de nous oliéir'.' M"'^ de Puisieux.

?«B Les naturalistes disenl ([iie, dans loules les espèces animales, la dcgénération counnence par les iemelles. [.es philosophes peuvent appliquer au moral cette observation dans la société civilisée. Ciiamfout.

^ Les tenmies polissent les manières; elles donnent le sentiment des l)i(!nséaiices; elles sont les vrais précepteurs du bon ton et du bon goût.

® L'homme qui cliérit les femmes est rarement un barbare. Legouvé.

® Feunnes ! vous êtes responsables du bonheur de la terre, soit que vous exerciez l'empire de la vertu ou le pouvoir de la beauté. Tel caprice de femme, en irritant l'homme puissant soumis à ses lois, a fait couler le sang d'un peu[>le de malheureux. Tel mot, sorti d'une bouche enchanteresse, a désarmé le bras lie la fureur et donné la paix à la moitié de l'univers. Dcmoustieu.

® L'intluence des femmes est plus salutaire aux guerriers qu'aux citoyens : le règne de la loi se passe mieux d'elles (pie celui de l'hoinienr.

M""^ DE Stakl.

® Combien d'honniies ne sont coupables qu'à cause de leur faiblesse pour leur fennne ! Napoléon .

® Sans les femmes combien de sentiments se refroidiraient! C est à elles que le pouvoir d'aimer a été donné dans une mesure presque surabondante. Les femmes restées iidèles à leur nature aiment immensément; elles aiment depuis l'entance jusqu'à la vieillesse sans désirer d'autre bonheur que celui d'aimer. Le mouvement du cœur n'est jamais suspendu chez elles ; une mère se sent mère dans tous les moments, tandis que chez un homme le sentiment le plus indestructible, l'amour paternel, répond, il est viai, toujours à l'appel, mais n'occupe pas constamment la pensée. Une affection est presque à coup sûr le mobile des actions les plus diverses chez les femmes, si du moins la vanité n'a p^s gâté leur naturel. Il suit de là que ce mobile toujours agissant entretient et réveille sans cesse un sentiment tendre dans l'ànie des hommes, Il est de fait que dans les pays où les femmes captives et peu développées n'exercent moralement aucune influence, les hommes ont à peine de l'amitié entre eux.

M""-NECKEr..

Stà Accoutumés à se rendre esclaves de femmelettes, les honnnes deviennent plus faibles qu'elles. Ils ne savent plus penser (pie d'après les objets de leurs adorations; ils ne s'occupent que de niaiseries, de futilités. Combien l'on voit de poupins à barbe noire et même à cheveux gris, avec des caractères de petites niles ! F. C. Lévesque.

56 Notre intluence auprès des princtis a précédé de beaucoup celle que nous avons exercée dans ce qu'on appelle le monde. Les cours se façonnent vite et

17t.' LKS FEMMKS D'AFHKS LES AITEIRS FHAN(jAIS.

changent peu; loin d'elles se conserve une liberté que la diversité des caractère^ entretient, et qui enfante des résistances plus imprévues. Aussi , dès que les grands commencèrent à (juitter leurs provinces pour venir se disputer autour du prince l'exercice du pouvoir royal, et retrouver en son nom la souveraineté qui leur échappait, on vit des femmes figurer aux concours des ambitions; et, redoutables dans le crédit conmie dans la disgrâce, éclipser les favoris ou rallier les mécontents. M'"* de Rémusat.

^ Chez les barbares les femmes ne sont rien : les mœurs de ces peuples s'ailoucissent-clles, on compte les femmes pour quelque chose; enfin, se corrompent-elles, les femmes sont tout.

Leur sort est luie boussole siire pour le premier regard d'un étranger (pii arrive dans un pavs inconnu. Par le })rincipe contraire, on jieut dire que, grâce aux écarts de la révolution, longtenips notre peu de galanterie, de politesse même, avec les femmes, semblait nous menacer de retourner vers un siècle de barbarie.

^ Nous ne régnons que par la force ; elles gouvernent par l'effet de leur art et de leur persévérance. Nous ne cessons de les observer, sans les bien connaître ; elles nous connaissent sans nous observer. Peut-être cette différence ne tientelle (ju'à celle de l'esclave au maître. Rarement celui qui tient la chaîne connaîtil bien son captif : au contraire, celui-ci étudie constamment son gardien, et c'est de son instinct (jue naissent les lumières. Aussi voyons-nous les femmes nous deviner au premier coup d'œil. De là, leur crédit en particulier, et leur intluence on général.

® Il send)le ipie les femmes aient deux âmes : l'uiu; noble, tendre, sensible, formée pour adoucir la férocité de l'homme; l'autre adroite, ambitieuse, barbare, créée pour combiner des atrocités, et pour les exiger dans ces instants où l:i hiildesse ne sait rien refuser à l'amour.

£^ Il est à remarcpuM' (pu; la délénuice, les égards poiu' les feuunes, sont toujours la suite et la preuve certaine (pi'uu peuple marche à la civilisation.

^ Lrs liDiniiics l'oiil IcN lois, les leiniiies; lonl k's niœiu's.

E?^ Tout pavs où les bnnmes ne tiennent j»as, dans Toidrc social, la place à laqiu'lle elles sont ap|)elées pai- la nature, est |)liis loin de IV'Iat de civilisation ipic les sauvages mêmes. I)i; Ségl'h.

e^ Si les femmes n ont pas, sous tous les règnes, une iniluence niaïquée .>ui' les nuirurs et l(!s choses de l'Klat, elles ont toujours |)aitiell('m<'nt im empire qui console (pichjuefois l'humanité des hn(.'urs de ses maître,-;. (In. \(iitii;a.

Çrî Le.> manières et les mœurs s'établissent |)ar les l'ennnes, tandis (pu' les j»rincipes et les lois se règlent par les honuncB.

IM'I.I KM.K ni; S I KMMKS. i^7^

^ Noii> a\oii> \u I intliioiui' des iViiimes sur la lilUMalme ol les arls éclorc en France dès le rèirne de 1 rançois V\ se développer surtout sous Anne d Autriche, briller du plus vil" éclat sous Louis XIV^, dégénérer au temps de la régence de Philippe d'Orléans, corrompre le goût sous Louis XV, perdre enlin son empire vers les derniers temps du dix-huitième siècle, ^'ous en recueillerons cette vérité morale, t|ue la politesse et les heaux-arts n'existent point partout où les femmes ne participent à aucun droit de la vie civile, comme chez les peuples barbares ou sous le despotisme asiatique ; ([ue l'égalité des sexes dans ses justes rapports entre le plus Tort et le plus faible, établit la civilisation et tous les arts ({ui l'accompagnent ; mais que la supériorité abandonnée aux femmes, ou le mépris que Ton fiiit de leur sexe, apportent toujours la corruptijon du goût dans les arts aussi bien que dans les mœurs de la société civile. J. .f. ViiiLV.

^ Sans la femme, l'homme serait rude, grossier, solitaire, et il ignorerait la grâce qui n'est que le sourire de l'amour. La femme suspend autour de lui les Heurs de la vie, comme ces lianes des forêts qui décorent le tronc des chênes de leurs guirlandes parfumées.

^ Les femmes, chez les peuples modernes, indépendamment de la passion qu'elles inspirent, influent encore sur tous les autres sentiments. Elles ont dans leur existence un certain abandon qu'elles font passer dans la nôtre; elles rendent notre caractère d'honnne moins décidé, et nos passions, amollies par le mélange des leurs, prennent à la fois quelque chose d'incertain et de tendre.

Chateaubriaind.

^ Il y avait eu je ne sais combien de Rousseaux avant Rousseau, tous raisonneurs, ergoteurs, éloquents. Et pas un n'avait entraîné le monde. Une femme souffle sur lui, d'amour et d'amour maternel. Et Jean-Jacques est resté.

MlCHELEl.

@i Celui (|ui ne voit que par les yeux d'une fennne voit toujours double et «souvent faux. Boiste.

® Il y a nnc femme à l'origine de toutes les grandes choses. Lamabtune.

® C'est par les femmes que, dans toutes les classes de la société, les sentiinents nobles et généreux s'acclimatent, et que les procédés délicats se naturalisent et s'étendent. C'est à elle que l'on doit la douceur, la bonté et tout ce qui lie et attache dans la vie. Que deviendrait le monde si, durant vingt-quatre heures, les vertus des fenmics s'en retiraient'.' Que de maux sans pitié, que d'angoisses sans consolationi Alors nul soulagement ne défendrait du désespoir; seul on serait trop faible. Pour résister même aux adversités de tous les jours, il faut que les femmes nous soutiennent et nous appuient. Il y a j)lus, sans elles que serait la félicité? une quiétude morte et insipide, une joie sans délicatesse; la fortune'.' de l'or entassé, mais que nul ne sentirait, puisque la main qui donne est absente. Sans les femmes, que deviendraient la société et ses plaisirs?

I7t LKS FKMMES D'Al'UÊS LES ALTBURS FRANÇAIS.

une toule (jui s'étourdit ou qui échange des idées saus connaître le charme des émotions. Enfin, les femmes, pour nous mettre au monde, souffrent jusqu'à hi mort. Elles nous ravissent à tous les périls de l'enfance, dirigent nos penchants, et nous donnent cette éducation du cœur, qui plus lard multiplie autour de nous tous les attachements. Et lorsque, comme fdles, mères et épouses, elles ont rempli tant de devoirs, nous les retrouvons au moment suprême pour adoucir des maux dont, cette fois, il ne leur est pas permis de triompher. Mais à la vue de tant de liens qui vont être brisés, leur tendresse et leur sensibilité les resserrent conmie pour les rendre indestructibles. On ne peut le jour les détacher de notre chevet, et la nuit, immobiles et respirant à peine, elles nous veillent. Seules elles pansent nos plaies, et de leurs soins suspendent nos douleurs. Les larmes les étouffent : elles les arrêtent ; et, pour tronqjer nos inquiétudes, coiniriandent à leurs lèvres de nous sourire ; l'homme s'affaiblit, il lilisse dans la mort et le sent, alors il se tourne vers sa comj)agne, la cherche, la rencontre et tombe s'appuyant sur elle : il en a besoin pour mourir. Saint-Prosi'eiî.

^ Ce sont les femmes qui mettent un peu d'ordre et de raison dans la société ; elles seules ont le courage, dans un salon, d'assigner son rang à un grand poète, à un artiste distingué, fussent-ds pauvres, et de remettre à \oui place les gens qui n'ont que de l'argent ou le nom de leurs ancêtres.

^ Les fennnes ont un goût naturel pour tout ce qui est beau, élégant, éclatant et riche : c'est un goût auquel il faut attribuer les plus grands progrès de l'industrie et des arts. Alph. Karr.

^ Dans les grands mouvements de l'humanité, les femmes ont exercé une influence toujours puissante et souvent décisive , en donnant aux hommes l'exemple de la persévérance, du courage et du dévouement. Cabet.

^ Sœur, épouse, mère ou hancée, la fennnc a plus eoufribué, par la d(Uiceur de son regai'd, à la civilisatidu des |)euples, (|ue tous les législateiu's du monde.

^ LeS feiimies font les poètes.

fSg Oui, léninies, quoi (jii on puisse diic. Vous ;ivcz le lalai pouvoir Ile nousjcier par un soiuirc Dans l'ivresx- nu le désespoii .

(lui, deux mois, le silcnct; inènic.

Un ri'ga'.'d distrait ou niocjucur, Peuvent donner à (|ui \ous aime lin (OUI) de poi;^nai(l dans le ((PUi . Oui, voire oi'^U(!djdoil èlie iuuneuse ; (iai', fifàeeà iioli'e Itielielé, hieii u'é^fale votre puissance. ;.

Sinon Notre IVagililé.

AïK. Dt Musset.

INFLIKNCK DKS FEMMKS. 175

^ I. 'influence des l'eninies embrasse la vie entière, lue maîtresse, une épouse, une mère, trois mots magiques qui renferment toutes les félicités humaines ! C'est le règne de la beauté, de la coquetterie, de Tamour et de la raison ; c'est toujours un règne. I/honune se consulte avec sa femme, il obéit à sa mère, il lui obéit longtemps après qu'elle a cessé de vivre, et les pensées qu'il en reçoit deviennent des principes souvent plus forts que ses passions.

fSB Quelles ipie soient les coutumes et les lois d'un pays, les femmes y décident des mœurs. Libres ou soumises, elles régnent, parce qu'elles tiennent leur pouvoir de nos [)assions. Mais cette influence est plus ou moins salutaire, suivant le degré d'estime (pi'on leur accorde...

11 send)le i\\\o la nature attache leur intelligence à leur dignité, connue nous attachons notre bonheur à leur vertu. C'est donc ici une loi d'éternelle justice : l'homme ne saurait abaisser les iemmes sans tomber dans la dégradation ; il ne saurait les relever sans devenir meilleur. Il faut que les peuples s'abrutissent ilans leurs bras, ou se civilisent à leurs pieds.

® Jetons les yeux sur le globe, observons les deux grandes divisions du genre humain, l'Orient et l'Occident. Une moitié de l'ancien monde reste sans mouvements et sans pensées sous le poids d'une civilisation barbare; les femmes y sont esclaves : l'autre marche vers l'égalité et la lumière; les femmes y sont libres et honorées.

® Femmes ! vous régnez, et l'homme est votre empire ! Vous régnez sur vos fils, vos amants, vos époux! Vainement ils se disent vos maîtres, ils ne sont hommes que lorsque vous avez conqîlété leur existence; vamement ils se vantent de leur supériorité; leur gloire et leur honte viennent de vous, cela se voit partout, dans la fable comme dans l'histoire : dans le palais de Circé, où les guerriers se changent en pourceaux, et dans le palais de Médicis, où les hommes deviennent des bêtes féroces!

En parlant d'une action généreuse, un homme généreux, Byron, déclare f|u'il ne saurait l'entreprendre : ses amis le pressent, il les repousse; puis une réflexion le frappe : il s'arrête, il s'écrie : «Eh bien! si X... eût été ici, elle me l'eut fait entreprendre! » Voilà une femme qui, an milieu de toutes ses séductions et de tous ses charmes, a toujours poussé un homme vers la gloire et vers la vertu; elle eût été mon génie tutélaire!... Aimé Martin.

E® Par le degré de liberté dont jouissent les femmes, se mesure exactement, dans chaque pays, dans chaque siècle, le degré de civilisation que les hommes ont atteint. Emile de Girardin.

«S5 11 n'existe pas un homme à Paris, en province, qui n'agisse par la volonté d'une femme, on fatalement ou à son insu. Presque tous les actes de nos hommes polit i(p(es répondent à des noms de fennnes. A Paiis, tous les gens impoi-

ITf) LKS FKMMKS D'APRÈS LES AUTEURS FRANÇAIS.

taiits soiil monés par une inlriganfc de la société; en province, rinlliicnce est iéiiihnie, Nous avons habité pendant si\ mois une petite ville de la Touraine : là tons \vr> maris étaient menés par leurs leinnies, e\ce|)|é un, uu seul (pii était Miriié par la femme d'iui autre.

® Les hommes se croient bien ibris, Itien ini>énieu\, et ils n'ont pas une bonne idée (pii ne leur vieiuie des femmes.

&B L'influence des femmes n'est grande et salutaire que précisément dans les choses auxquelles elles n'entendent rien du tout. En politique et en affaires, par exemple, les femmes sont qnelcpiefois très-heureusement inspirées. Là, comme leur instinct n'est point faussé par un demi-savoir, il les guide merveilleusement; elles ont alors des hallucinations fiévreuses qui les avertissent avant tout le monde des événements qui sont dans l'air... Elles ont des frissons prophétiques qui leur annoncent bien avant l'heure le danger qui est menaçant... Elles ont des répugnances mystérieuses et invincibles qui leur font pressentir les trahisons avant que les traîtres e\i\-niémes u'aient arrêté leui' plan de perfidie. En |)olitiqne et eu affaires, le juu'ementdes feuimes n'est pas à dédaigirn'. Mais dans les choses qu'elles croient «le leur compétence, et qui cependant exigent des ••onnaissances étendues, des études approfondies, comme les arts et la litté'rature, l'inlhience des femmes est toujours mauvaise. Leur demi-instruction les égare, elles prennent leurs opinions toutes faites dans les livres, et elles perdent ainsi ce qui donnerait de la valeur à leur jugement : la fraîcheur et la sincérité de leurs impressions.

Molicro avec raison consnllait sa servante.

Sa servante, oui; mais il ne consultait pas sa femme. Les femmes bien élevées ont, en général, le goût faux en littérature. 0 poètes! aimez-les, chantez-les, mais ne les consultez pas. Demandez- leur des inspirations toujours, ne leur demandez jamais de conseils; ce sont souvent des muses bienfaisantes, ce sont rarement des juges éclairés. Ecrivez poni' elles, mais malgré elles. Chaque fois que l'on remaïqne une mode nu)nstrueuse, un excès de ridicule dans une é|)oque littéraire, on doit tout de suite en accuser les femmes de ce temps-là; elles seules en .sont coupables.

L'autorité (h; l'hôtel de Uambonillet a été fiuHîsle à la langue française, elle l'a privée de ses mots les plus sonores, de ses plus poéti(pu»s images. L'influence des fennnes en littérature n'est guère i)lns salutaire aujourd'hui. C'est à cette douce iidlncnce (pie nous devons les horreurs à la mode, ('es adorables créatures ainicnl les ciinies, les d('S(ii|)lions détaillées des lieux infâmes; on les sert selon leur goût. Vous criez contre bss auteurs et (ontic les journalistes: est-ce leur faute s'ils sont forcés de vous olhir de telles peintures! Ils avaient tous comuierK:é jjar de riants tableaux, on lut les a |)oint reiiardés : alors il leur a bien fallu chercher d'autres sujets pour attirer les yeux. M"" E. m: (iiiiAiiitiN.

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