‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 27 sur 194 · SU P H IK · texte numérisé non relu

SU P H IK

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Sophie est bien née, elle est d'un bon naturel ; elle a le eœur très-sensible, el cette extrême sensibilité lui donne quelquefois nue activité d'imagination dilïicile à modérer. Elle a l'esprit moins juste que pénétrant, l'humeur facile et pourtant inégale, la figure comnunie mais agréable; une physionomie qui promet une àme et qui ne ment pas ; on peut l'aborder avec indifférence, mais non pas la quitter sans émotion. D'autres ont de bonnes qualités qui lui manquent, d'autres ont à plu^ grande mesure celles qu'elle a ; mais nulle n'a des qualités mieux assorties pour faire un heureux caiactcre. Elle sait tirei' parti de ses défauts mêmes, et si elle était plus parfaite, elle plairait beaucoup moins.

Sophie n'est pas belle, mais au[)rès d'elle les hommes oublient les belles femmes, et les belles femmes sont mécontentes d'elles-mêmes. A i)eine est-elle jolie au })remier aspect, mais plus on la voit et [)lus elle s'embellit; elle gagne où tant d'antres perdent, et ce qu'elle gagne elle ne le perd plus. On j)eut avoir de plus beaux yeux, une jjIus belle bouche, une ligure plus imposante; mais on ne saurait avoir une taille mieux prise, un plus beau teint, une main plus blanche, un pied plus mignon, un regard plus doux, une physionomie plus louchante. Sans éblouir, elle intéresse , elle charme , et l'on ne saurait dire pounjuoi.

Sn|»liic! iiinic la parure el s'y connaît ; sa mère n'a |)oinl d'autre femme de cliiinibic (|u'ell(' : clh; a beaucoup de goût pour se mettre a\ec avantage, mais elle bail les riches habillements. On voit toujours dans le sien la simplicité jointe à l'élégance : elle n'aime point ce (pii biille, mais ce (pii sied. Elle ignore quelles sont les couleurs à la mode, mais elle sait à merveille celles (pii lui sont favorables. Il n'y a pas une jeune j)ersonne qui paraisse mise avec moins de recherche et dont rajustement soit moins recherché; pus une pièce du sien n'est prise au hasard, et I art m; paraît dans aucune. Sa paiinc est tiès-modeste en apparence et très-coquette en effet ; elle n'étale j)as ses charnu's, elle les couvre, mais en les couvrant elle sait les laire iuuiginer. En la voyant, on dit : Voilà inie lille modeste el sage; mais tant (pi'ou reste auprès d'elle les yeux el le cœui' (!ii(Mit siu' sa jxMsotme, sans qu'on puisse les en détacher, el Ton dirait (pie tout cet ajustement si simple n'est mis à sa place (jue pour en être ôlé pièce à pièce pai- l'imai^inalion.

So|)lnc a (les talents naturels; elle les seul et m; lésa pas négligés; mais n a\anl pas été à portée de mettre beaucoup d'art à leur cultuie, elle s'est cou-

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