‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 4 sur 194 · I-KS JKMMKS D'APRÈS LKS AITECRS FRAXCATS · texte numérisé non relu

I-KS JKMMKS D'APRÈS LKS AITECRS FRAXCATS

connue elle a la.l som}3lanl de l'ètro tonte la jonn.ée, j'ain.c à croire rnron la trouverait le lendemani matin snbmeriïée et noyée dans ses larmes.

® Les fennncs se trompent bien qnand elles croient sY.nbellir par l'innno d.sl.e; ell,.s anf?mentent smo-uljèrement lenrs charmes en les cachant anx venx- I .ma|.n.at,on est nche, j-énérense et lenr rend libéralement an cenlnnl,- tout ce (|n elles (h-robcnt anx re^jards,

m Les femmes passent des tailles lon<.mes et des manclies laroes anx manches jn.stes et anx tadles courtes, ponr revenir l'année prochaine à ce (nielle, ont abandonné celte année.

ml, toilette est I:, cnisine de la ])eanté. Chaqne fennne, chaqne ionr, inial^.ne des ra^onts ponr ses channes cp.elle doit servir le soir à l'admiration a^lanu'cdesre^aids.

m Voici une définition du mot « habillée » comme l'entendent beanconn de lemmes du monde : '

.Moins on est vètne, jdns on est habillée.

Ar.PH. ï\Ani!.

m 11 y a des femmes qui, parées, ressemblent à ces beaux fruits co.n.ettement arranoés dans une belle assiette, et qui donnent des démangeaisons à I ncier du couteau.

T33 La toilette est pour les fennues le premier des ails. Iîai/mc.

m Défiez-vous des le.nn.es à toilettes jansénistes, de ces robes n.ontanles el colardes qn. dessmenl tous les conlo.ns de la (aille comme un corset avec unepndeur s, mabntentionuée. Ces feunnes sont plei.ics .loroueil el de jalousie Kilos ont un caractère de fer et les passions de feu. \\\,u ..•échappe à ln.,s re- ;4ards tonjoins baissés.

i)éfie/-vonsdesn.n,nnsàpa.„,est,aoiques, à turbans inmrovisés, qui ,uil lonjoursdans un salon laltitude de iJoxane reconnaissant léciDne de Daia/.M • ces lennnes-la sont dévo.ées du besoin de produite de l'elTel, celle .n.n'ie le.

'Ncnel.rs-lo.n; qnan.l les moyens pennis sont ép.iisés, ell,..s airivenl à „.• s

choisir, et Dieu sait jusqu'où |)euvenl aller ces actrices de salo.i'

Défiez-vous des femmes (p.i, avec une fortune médiocre, ont .le .na^.,ifiq,„.s 'liamanls. Vous ue savez pas ce .piil le,.,' ,.,. .....I.- po.ir arriv.Tà cM ,rlal 1 11...

se pnveul de tu,.|, n.èn.e ,re„|a.,|; rlh-s o.it une cuisinière pour feuinie .le

'■'""!' "''^ "• ""sKqi.c l...b.|,M..a.lai.r p.u.r IV..(ler leur apparKMnenl, v\ un

mari lar|„n.,ei,| „n.„n de po, .s d.- le.ir ,.| d,. ha.icols, |„M.r l,..,r donner

•' 'nMin el les lueiier .lans le ni.m.le, couverl.-s de le,.,s .lia..,anls. ,. Vous ave/ 1^; 'M,., superbe aurafe, I.M.r .lii-o... Ces .lia...a..ls so.,| A'unr ivvs-UrWv ..au - J:"n,.Ta.s m.M.v .le b.m v,„, „ dil \r ...an. (I„ p.en.l .via p.u.r ,.ne |daisanl,.rie iissez Mil;.a.r.., „,a.. ou en , il |,;,r , rss... „ l'ujs l.s ha.-.eols sont b,.M. ..id,-

IJAI.II.A

DALILÂ

UiO a\;iiil Ji'Slis-". Iirisl,

Saiii:>uu aiaiu une rfiiiino i|ui liahitail près du loneiit de Sorek, cl qui si^ipclait Daliia

Les gouvoinours des Philistins montèrent vers elle et lui dirent : « Sache de lui en quoi consiste sa grande force, et coinnient nous [lourrions le dompter, et nous le doimcrons onze cents pièces d'argent. »

Dalila donc dit à Samson : « Déclare-moi, je te prie, en quoi coiisisle la grande lorce, comment on pourrait te dompter? »

Samson lui répondit : « Si on me liait de sept cordes l'raîches, je deviendrais sans force, el je serais comme un autre homme. »

Les gouverneurs euvovèrent donc à Dalila sept cordes iVaiches, el elle l'en lia : et ayant fait cacher des gens chez elle, elle dit : « Samson, voilà les Philistins 1 » Alors il ronqiit le^ cordes, comme se romprait un filet d'étoupcs dès quil sent le feu ; et elle ne coimul point en quoi consistait sa force

Il la trompa encore en lui disant (ju'elle le liât de courroies; mais il rompit les courioies comme il avait rompu les cordes....

Il la trompa une troisième fois.. . Alors elle lui dit ; « Pourquoi dis-lu ([ue tu m'aimes, lu t'es moqué de moi trois fois, car lu ne m'as point déclaré en quoi consiste la grande force. »

Et elle le tourmenta si vivement, que son âme en lui affligée jusqu'à la mort. Alois il lui ouvrit son cœur et lui dit : « Le rasoir n'a jamais passé sur ma tète, car je suis Nazaréen : si j'étais rasé, ma force m'abandonnerait, et je serais coiiime tous les autres hommes. »

Dalila dont; envoja appeler les gouverneurs des PI ilislins en leur disant : « Venez, car il m'a celte fois ouvert son cœur.... »

El elle l'endormit sur ses genoux; el avant appelé nu homme, elle lui lit raser les tresses de ses cheveux, et sa force l'abandonna.

Les Philistins donc le saisirent et lui cre\èrenl les jeux, le lièrent de deux cliaines d'airain et le menèrenl à (iaza, où il lonrnail la meule dans sa [irison.

L\ DlULL,

F.Vni.TKS MORALKS. — CAR.Vr.TKni:. - QUALITES. A\

itostes, » ajonte-l-il on soupirant; cl 1 on ii \ t'omprend plus rien. Nous cpii ooinioissons les niisôros do ootto sphMulcur, nous vous les o\pli(pioiis.

Voulez-vous savoii' ceipio nous appelons « toilette d'envieuse?» C'est un asseniMaiie de eouleuis values et l'ansses dont le destin est (re\])rinier une moilestie iuiplaoal)le, la robe d'une envieuse n'est ni rose, ni Itleue, ni verte, ni noire, ni roui;e, ni hlanelie, elle est en mousseline de laine tourterelle à dessins hrouillés; son eliàle est eouleur suie: son eliapeau est marron, orné de rubans lilauipies à lilet brun : elle ne porte jamais de volants pour pouvoii' laneeieontro eux de vertueuses épi}>rammes. Elle a des hrodecpiins noirs laeés soir et matin, nuit et jour, des gants de fd écru; cette toilette lui sert à tionvei' toutes les fennnes eoupables, et plus ou moins causes de la ruine de leur mari.

Depuis le chapeau d'une fennnc jusqu'à ses souliers, il n'est ])as une ])ièce de sa toilette (jui ne soit un aveu; la lortusie ou la pauvreté n'y change rien ; le pt^tit bonnet de la repasseuse dit toutes ses pensées, conune le tuiban de la duchesse dit tous ses projets. Le regard ment, le sourire est perfide ; la parure ne trompe jamais. M""' E. de Gikakdin.

® Dans leur jeunesse, les fenuTies aiment la parure pour attirer des con- (juètes, plus tard pour les conserver; et dans leur vieillesse, elles aiment encore la parure, parce qu'elle les rapproche de certains souvenirs.

Saint-Prosper .

® La femme rpii se débraille oublie que la rose est plus belle sous le feuillage. J)01STE.

?^ Selon réti([uelte, une femme décolletée est plus habillée qu'une autre. J'aurais cru le contraire.

[^ Si les femmes savaient combien notre imagination leur prête de perfections, idéales ou réelles, elles voileraient davantage leurs charmes.

Ad. d'Houdetot.

^ Quels beaux enfants attendez-vous d'une élégante? Dans le torse de la Vénus antique, je devine la forte et puissante mère ; dans la taille étranglée de nos jeunes filles, je ne prévois que stérilité, avortons ou pauvres enfants rachitiques... La jeune fille qui se plait à se serrer la taille a conscience de son indifférence et de sa stérilité. Rien nVst beau connue la belle femme qui, en se parant, ne cherche qu'à indiquei- les contours de la nature, au lieu de les diminuer.

fUsPAU..

42 LES FKMMKS D'APRKS LES AITEIRS ElUNÇATS.

nOQlETTEniF.

Voici en quels termes, .M""' de lUadi, écrivain de hcaiirouj) de sens, dont le lalent égale la distinction, définit, analyse et juge la coquetterie, dans le Dictionnaire (le la Conversation :

fê3 Dire que la coquetterie n'est que le désir de plaire, c'est en donner une idée fausse, car le désir de plaire est un sentunent naturel qui naît du besoin de vivre en société et qui insj)ire le dévouement, l'indulgence, les égards, la politesse, toutes les vertus et de tous les agréments que les hommes aiment à rencontrer dans leurs semblables, La coquetterie ne saurait être ce sentiment, puisqu'elle ne rend pas meilleur et ne perfectionne point le caractère. La coquetterie est le désir d'inspirer de l'amour sans en ressentir soi-même. Telle est sa définition la plus commune; c'est en })arlant des femmes que l'expression coquetterie est spécialement consacrée, quoicpie beaucoup d'Iionunes cherchent à faire naître des affections qu'ils n'ont aucune envie de partager.

Une fennue conunence d'abord par désirer qu'on la trouve belle; bientôt elle veut qu'on le lui dise, peu après c'est à une préférence exclusive qu'elle aspire : vient ensuite l'insnlfisance des hommages, ce sont les j)assions, rien ne lui coûte pour y parvenir; la jalousie, la haine contre les peisoimes de son sexe, la mettent au pouvoir de l'autre; alors seulement el'(> sait c(Mju!' c'est (jne la coipietterie; jusque-là elle l'avait confondue avec la légèreté, l'inclination aux plaisirs du monde, renjouement de sou âge, la faiblesse natinclle de son sexe. Maintenant elle ne s'abuse plus, aussi elle ne s'excuse plus. I^lle parlait «l'amour, elle parle d'amants, et le premier n'a été que b; nmlti[)licatein". Onel«|ues poètes ont conseillé la coquetterie, quelques philosophes l'on excusée, mais en acconq)agnanl ce mol d'iui connnentaire qui classe la coquetterie au nombre de pres(pu> tous les |)ericlianls de l'Iiounnc, dont le bien et le mal peuvent ressortir également; c'est ainsi que la prudence |trovieiidra de la ciainte et de la déliance, l'économie de l'avarice, la douceur de la faiblesse, la géiu''rosit('' de la prévovance et de l'ostenlation. Il n'est ni vices ni vertus (pii ne puissent produire leins contraires.

Si l'on considère la co(pietleiie non comme une incliualion iiatnrelle, mais comme ini art, le but (jir'elle se pr(>|»osera et les rrroveris (pr'elle errqi'oiera la feront de irième juger- irmoceirte orr corrpable. (Jiri condaurnera l'adresse rrrise en rrsa^c jtorrr' captiver' urr mariV (Jiri s'élèvera corrlr'c la persévérarrce, corrtrc les soiiiv destirrés à gagirer tous les cœurs pai' l'obligearrce, l'égalité d'Iiurirenr', les t;denlv proli|;ddes à la société'.'... Mais lois(pr'il farrt, err se seivarrt d'rrri mol, le faire srri\r'e d'rirre itrfirrité d'arrtres (pii le rnodilierrt, rrul doirte qrr'il ne >oil pas l(! mot propre à peindre la perrsée, et (piehpre peine ipre l'orr se dorme, la co(pret-

FACl I.TKS MORM.KS. — CAUACTKRK. — QUALITES. 45

tcrie ne sera jamais oonipriso au iioiuliro dos vortus (|ni> les (einines doivent p^*atiquer. Vaineinont dirail-on (iiruiio toqnetlo, conlciilo do voidoir être possédéo, ne se livre point; sa pndiur, son innocence seront justement mis en doute, car In pensée du mal sutlit pour alarmer Tune et l'autre...

Est-ce d'ailleurs rexpérience (pii nous apprend que les coquettes sont chastes? Xe nous dit-elle j)as le contraire tous les jours? A-t-on besoin d'amour pour ne plus se soucier de l'estime du monde? Conq)te-t-on l)eancon|) de feunnes qii'un amant ait {jcrducs? Singulière preuve de continence que celle qui consiste à donner aux honnnes l'envie de s'en écarter, et (pii leur fait soupçonner que l'on en manque soi-même ! L'imagination renqdie de scènes d'amour, l'oreille attentive à ses discours, les regards, le maintien calculés |)onr l'inspirer seraient donc devenus des j)réservatifs contre les fautes (ju'il fait commettre, et le provoquer dans autrui serait un moyen de se détendre de ses erreurs? Cela serait extraordinaire, aussi cela n'est-il point. N'en déplaise aux coquettes, on ne les croira jamais sages. Mais elles ne prétendent guère à cette désignation, et mettent plus d'ardeur à nier l'existence de la sagesse que d'artifice à persuader qu'elles la professent.

Le premier qui compara la coquette au conquérant fut un homme de sens; ils marchent de pair : tous deux ont mis leurs joies dans le désordre, dans les maux d'autrui; ils n'examinent ni la nature des obstacles qui leur sont opposés, ni la nature du succès qu'ils se proposent. Tons deux veulent s'abuser, d'abord sur les moyens qu'ils emploieront, puis sur le but qu'ils veulent atteindre. Le conqnéiant est le plus sensé : il se promet dn repos un jour, et, l'étendue du globe terrestre étant connue, il limite ses travaux d'après les proportions de la terre; il calcule sur la possession du tout, et meurt ordinairement avant d'en avoir dévasté mi huitième. La coquette ne se borne point : les générations se renouvelant, son esprit les envahit, et s'il dépendait d'elle, la trompette qui les réuniri dans la vallée de Josaphat sonnerait une charge contre les ressuscites que les temps antérieurs au sien lui auraient dérobés. La cocjuette ne s'arrête ni devant les pleurs d'une mère, ni devant la colère d'un époux, ni devant la honte d'un fils, ni devant l'indignation et le mépris dn monde.

Ce que l'on appelle conmmnément honte et déshonneur, s'élève à ses yeux comme un trophée; elle s'ennuie delà vie sédentaire, du travail des mains, dn silence, de l'économie, du repos des champs, des soins de la famille; elle fuit la vue des infirmités et de la vieillesse : le mensonge, la calomnie, lui sont familiers et elle réunit l'indiscrétion, l'astuce et la perfidie, présentant aux yeu\ de la religion, de la morale et de l'humanité, l'être le plus monstrueux et le plus déplorable à la fois; car on ne peut la confondre avec la femme dont une maladie troublant la raison a iiiité les sens; avec celle qu'une passion consume; avec celle qui, se plaçant an rang des brutes, se vend comme elles.

La coquette n'a point de sens, n'a point de passion et se croit sans prix. L'avilissement et la misère accompagnent souvent ses derniers moments, et il est rare qu'elle meure résignée.

Ai r.KS FKMMKS D'APRÈS LKS AITKinS FRANÇAIS.

Telle est la voie funeste où la îégèreté, le goût des louanges frivoles, entraînent d'abord une jeune femme, et que l'orgueil, l'envie, ime aberration inexplicable, lui l'ont ensuite parcourir. Aussi ce nom de coquette n'est-il employé (pic par les liantes classes de la société; les autres, plus positives, (pii désignent un malhonnête liomnu' par l'épitliète de coquin, n'ont pas j)ensé à créer une anti'c e\])ression lorsqu'il s'est agi dune l'ennue maUionncte. Sous ce rapport, la délicatesse sociale a été imisible; et quand l'irréflexion a fait doinu'r au goût de la parure le nom de coquetterie, le mal s'est aggravé, puiscpie l'on a |ui sans liorreur s'entendre accuser d'être co(juelle.

Une des plus belles définitions de la coquetterie a été faite par Fielding dans Josejih Andrews, et le portrait le plus vrai d'une coquette a été tracé par madame d(! Genlis dans les Chevaliers du Cijqne. Armoflède excita l'indignation de beaucoup de feunnes, (pii crièrent h l'immoralité, comme s'il était possible de présenter le mal sous l'aspect du bien; mais la vérité ne sauiait se montrer auprès du premier sans exciter la colère, et l'on n'est point encore parvenu à la faire agréer sans déguisement. C'est parce que la coquetterie dans son principe ne présente point à la vue ce que le vice a de grossier- et de bideux, qu'il faut prénuniir contre elle les jeunes tilles, et la leur montrer d'abord telle (jn'elle sera indubitablement. Il faut qu'on la voie inquiète, tracassière, menteuse, perfide, insatiable, fardée, regrettant le passé, mécontente du présent, redoutant l'avenir ; car elle a troublé l'innocence des joies de la jeunesse, dérobé à l'âge mûr celles que l'on éprouve dans l'accomplissement de ses tlevoirs, et privé la vieillesse du respect qui clic^rme les maux de ses derniers jours. Une fenniie modeste, vraie, sensible, laborieuse, ne sera jamais coquette. La coquetterie est inconq)atible avec la vertu.

Le même auteur, reprenant la même thèse, dans une autre publication, dit encore : « Une coquette me semble toujours arnu'c d'une trtunpette; elle sonne, résonne, on accouil : comme dans les foires, elle étale ce qu'elle |)eut étalei-, l(>s agréments d(! sa personne, ses pannes, puis les sailli(?s de son es|)rit. On remar- ((ue le tournoiement de ses yeux, le ])incement de sa bouche, le penchenieni de son cou, la langueur ou la vivacité de ses gestes; ])uis on passe aux plis de son écbarpe, aux ondulations de ses garnitures; c'est l'étiub; des yeux; celle des oreilles arrive, elle est courte, parce (pie ces dames disent toutes la même chose, selon (|u'elles se sont lancées dans b; genre senlimeiilal ou dans le i^cnre passionné. Mais elle n'en soiuKîiit pas moins de leur insirmueni, car il l'an! (pie la l'onle augmente et se renouvelle; or, le retentissement de l'airain peut bi(Mi allirer, mais certes il ne relieiidia point. Auprès d'une l'enniie simple, l'assourdissenu-nt n'est point à r(îdoiit(!r, et elle ne rapjielleia jamais ni la renonnn('e {\i}<. anciens, ni le charlatan des modernes.

Avant Madame de lîiadi, Madame \(Mker a\ail doiuK- celle (h'Iinilioii soinmaii'i; :

8ES (juitsl-ce (pie la cdipielleiie, me diia-l-on, dans la laible nuaiu c (pie le

lACM.iKS MdKAI.KS. - (. A H.VCTKIli:. — OUALITKS. l-'.

mioihIc i itMl [lenuiso? IVii tic iliosc sdiivont ou a|>|)arciice, l)eaiic'oii[> en rôalilé. I>es Itu'ls plus pronoiu-és, TiMixio OM'ossivc de l>rillt>r par son esprit, par sa lignée, ti'ehloiiir, tie tout éelipsor, |)eMveiit ne point niéiiter le nom de coipielterie; un roiiartl, ini sourire, une inflexion de voix le inéi'ilcnt (pieUpietbis. La coquetleric a toujours une direction part ieulièrt» : on v découvre le dessein de toucher aux coitles sensibles, d'arriver au vil", d'étahlir une entente, nu rapport intime avec celui (|u'on veut cajiliver. Le pas est glissant une lois qu'on admet le désir de plaire, et de là vient (jue ce désir ujènie est un objet de surveillance constant dans une conscience délicate.

8§3 Une iennne coquette ne se rend point sur la passion de plaire et sur ro|)inion qu'elle a de sa beauté. Elle reiiarde le temps et les années comme (piekpie chose seulement (pii ride et (pii enlaidit les autres tennnes : elle oublie du moins que Tàjie est écrit sur le visage. La même parure qui a autrefois embelli sa jeunesse, défigure enfin sa persomie, éclaire les dél\uits de sa vieillesse. Sa migiiaidise et ralTectation raccompagnent dans la douleur et dans la fièvre : elle meuit paiée et en ruban de couleur.

®3 C'est trop contre un mari d'être coquette et dévote; une lémmc devrait opter.

£S Lue iennne (|ui n'a qu'un galant croit n'être point coquette, celle qui a plusieurs galants croit n'être que coquette. La Bkuyère.

® Les femmes ne connaissent pas toute leur coquetterie.

^ Les jeunes femmes qui ne veulent point paraître coquettes, et les hommes d'un âge avancé qui ne veulent pas être ridicules, ne doivent jamais parler de l'amour conmie d'une chose où ilspuissenl avoir part.

® Les coquettes se font honneur d'être jalouses de leurs amants, pour cacher qu'elles sont envieuses des autres femmes.

^ Les femmes peuvent uioins surmonter leur coquetterie (jue leur passion.

La Rochefoucauld.

^ Les coquettes croient mieux retenir leurs amants par une petite jalousie que par une grande tranquillité. Bussy-Rabutin.

^ a une coquette

b'is, vous LOiinaitrez un joui'

Le lorl <}ue vous vous faites, Le mépris suit de près l'amour

Qu'ins))irent les coquettes.

(Cherchez à vous faire estimei'

Phisqu'à vous rendre aimable, j.f lliiiv lioinicur de tout cliainier

Détiuil le vérilal)lc.

FÉiNELOlN.

46 LtS 1 K.M.MtS D APUÈS LKS AL iLLUS l'KA.NÇAlS.

® Une coquette est un vrai monstre à fuir.

Voi.T.MKK.

^ Los l'eiuiues ont un sentiment de coqnetterie (|ni ne désempare jamais lenr âme; il est violent dans les oeeasions iréelal, quelcjnel'ois tranquille dans les indilîércntes; mais toujours présent, toujours sur le qni-vive : c'est en im mot le mouvement perpétuel de leur àme, c'est le l'eu sacré qui ne s'éteint jamais ; de sorte qu'une femme veut toujours plaire, sans le vouloir pai' une léflexion expresse. La nature a mis ce sentiment chez elle à l'abri de la réflexion et de l'oubli : une femme qui n'est pas coquette, c'est une femme qui a cessé d'être.

® 11 n'y a pas de fenrnie qui n'ait des minauderies, ou qui ne veuille persuader (pi'elle n'en a point ; ce qui est une autre sorte de co(pictterie.

® Un homme serait bien honteux de tous les transports (ju'il a auprès d'une coquette qu'il adore, s'il pouvait savoir tout ce qui se passe dans son esprit, et le personnage qu'il fait auprès d'elle ; car elle n'a point de transports, elle est de sang-froid, elle joue toutes les tendresses qu'elle lui montre, et ne sent rien que le plaisii- de voir un fou, un homme troublé, dont la démence, l'ivresse et la dégradation font honneur à ses charmes. Voyons, dit-elle, jusfpi'où ira sa folie; contemplons ce que je vaux dans les égarements où je le jette. One de soupirs! (pie de serments ! (pie de discours emportés et sans suite! comme il m'adore! comme il m'idolâtre! comme il se lait! comme il me regarde! comme il ne sait ce qu'il dit! alors ma vanité doit être bien contente : il faut que je sois prodigieusement aimable; car il est prodigieusement fou.

^ Les vraies coquettes n'ont l'àmc ni tendre ni amoureuse; elles n'ont ni tempérament ni cœur. Je crois qu'il ne leur en coiderait rien d'être sages, s'il ne fallait (pielqiiefois inan(pier de sagesse pour garder leurs amants ; leurs bontés, toujours rares, ne sont j)as des faiblesses, ce sont des prudences. Elles n'ont pas besoin d'être faibles; mais vous avez besoin (pi'elles le soient un |)eii.

® Les coquettes ne s'aiment pas et ne sont pointant bien (pie lorscpi'elles sont ensemble. Savez-vous ce (pi'elles clierchent en se prenant pour compagne? le plaisir de l'emporter l'une sur l'autre : elles vont pourvoir à la nourriture de leur vanité et faire assaut de cbaiines; ce sont des visages, des tailles, des mises et des bons airs (jiii vont lutter ensemble.

£83 Nous accusons les iénnnes (rètre ((xincttcs, d'être loiirbes et iiuVIianles, laissons-les |)arler là-dessus.

Si notr( (:o(|U('llerie est un défaut, tyrans (jne vous êtes (nous dii'aient-elles), (pu <le\ons-iious en accuser, (pic les hommes'.'

,\ous a\('Z-\ous laissé (raulres ressources (pie le misérable emploi de vous j)laire'.'

Nous sommes ii {(''chaules'.' dites-vous; osez-vous nous le reprocher'.' haiis la triste privation de loiile autorité on vous nous tenez; de tout exercice (|ni nous

lui l.TKS MdliAI.KS. - C.VIlAiyrKUK. — Ql ALITÉS. 47

iHiupo, (le loul nioyeii do nous lairo (raiiulir ooinnic on vous craint, n'a-l-il pas lalln (|u'à lorco (rospritctil'indusliic, nous nous ilôdouunageassions des torts (|ue nous l'ail volic Ivraïuiio'.' No sonnnos-nons pas vos prisonniôresol n'ôtos-vous [)as nos iicôliorsV Dans col olal ipio nous loslo-t-il? (pic la ruse. Que nous restc-t-il? ipruii courage impuissant, (|uc vous réduisez à la honteuse nécessité de devenir linesso. Notre malice n'esl ipie le i'ruit de la dépendance où nous sonunes. Notre coipietterie fait tout notre bien. Nous n'avons point d'antre fortune ({ue de trouver lïràce devant vos yeux. Nos propres parents ne se défont de nous qu'à ce prix-là ; il faut vous |)laire on vieillir ignorées dans leurs maisons : nous n'échappons à votre ouhli, à vos mépris, que par ce moyen, nous ue soitons du néant, nous ne saurions vous tenir en respect, faire ligure, être quehpu; chose, (pfen nous faisant l'alVront de substituer une industrie humiliante, et quelquefois des vices, à la place des (pialités, des vertus que nous avons, dont vous ne faites rien et que vous tenez captives.

® Menons deux co(piettes aux Tuileries; vous les voyez s'y promener : elles se tiennent sous le bras. Ah! les bonnes amies! que croyez-vous qu'elles pensent et que chacune d'elles dise intérieurement à l'autre?

« Venez, madame, venez, coquette que vous êtes ; venez orner mon triomphe, et voir confondre la vanité que vous avez sans doute de croire que vous êtes aussi aimable que moi; avancez, que je vous montre un peu le contraire; nous voici en bon lieu pour videi' noire différend. »

Et là-dessus elles marchent à grands pas; vous les entendez éclater de rire en parlant.

Eh ! de (puii parlent-elles? Elles ne le savent pas elles-mêmes ! ce sont des mots qu'elles prononcent, afin d'ouvrir la bouche avec grâce.

De quoi rient-elles? de rien. Ce n'est là qu'une coquetterie; ce n'est que pour faire du bruit, pour en paraître plus vives, plus bruyantes, plus dissipées; pour tenir plus de place ; pour attirer l'attention de ces hommes qui se promènent aussi, (pii viennent à elles et qui en passant vont juger nos coquettes.

Quatre hommes sont passés: « 11 y en a trois qui n'ont regardé que moi, dit Doris en elle-même, et j'aurais eu le quatrième, s'il n'avait pas regardé ailleurs en passant, ou si par hasard ses yeux ne s'étaient pas d'abord trouvés sur Julie.

Ainsi je pense qu'il est clair que je vaux mieux qu'elle, il n'y a pas à en douter; c'est une affaire de calcul ; j'ai trois contre un, et cet un je l'aurai au retour. »

Oue répond à cela Julie, convient-elle (pi'elle a perdu? Oh ! que non!...

Marivaux.

J. J. Rousseau reconnaît que la femme est coquette par état, car, dit-il : « La première chose que remarquent en grandissant les jeunes personnes, c'est que les agréments de la parure ne leur suffisent |)oint, si elles n'en ont qui soient à elles. On ne |)eut jamais se donner la beauté, et l'on n'est pas sitôt en état d'acquérir la coquetterie; mais on [)eut déjà chercher à donner un tour agréable à ses gestes, un accent llatteur à sa voix, à conq)oser son maintien, à

4s i.Ks ii:m.mi;s uapiils ij;s altkiiss iija.nç.ms.

marcliei' avec légèreté, à prendre des attitudes ^laeieuses et à choisir paitoul ses avaiitajics. »

(les laits constatés, l'auteur de VEmile s'attache, par le raisoiinciiicnl suivant, 'à (lénioiitrcr rulilité normale de la coquetterie (|ui, réi^lée, lenipérée, |)cul selon lui devenir une loi de rhonncteté.

^ Le inanéfie de la coquetterie exiye un discernement plus lin (jue celui de la politesse; car, pourvu qu'une fenmie polie le soit envers tout le monde, elle a toujours assez bien fait; mais la coquette perdrait bientôt son enqiire par cette unil'ormité maladroite. A force de vouloir oblii>er tous ses amants, elle les rebuleiail tous. Daiis la société, les manières qu'on prend avec tous les lioimnes ne laissent pas de plaire à chacun; pourvu qu'on soit bien traité. Ton n\ regarde pas de si |)rès sur les préférences; mais en amour, une faveur (jui n'est pas exclusive est une injure.

Un homme sensible aimerait cent fois mieux être seul maltraité que caressé avec tous les autres, et ce qui peut arriver de pis est de n'être [)oiiit distingué. Il faut donc (pi'unc femme qui veut conserver plusieurs amants persuade à chacun d'eux cpi'clle le préfère, et (pi'elle le lui persuade sous les yeux de tous les autres, à qui elle en persuade autant sous les siens.

Voulez-vous voir un personnage embarrassé? Placez un homme entre deux femmes ave(; chacune desquelles il aura des liaisons secrètes, puis observez (pielle sotte ligure il y fera.

Placez en même cas une femme entre deux hommes (et sûrement l'exemple ne sera pas ])lus rare) : vous serez émervedlé de l'adresse avec la(juelle elle donnera le change à tous deux, et fera que chacun se riia de l'autre. Si cette fennne leur témoignait la même conliance, et prenait avec (mix la même familiarité, comment seraient-ils un moment ses dupes'.' En les traitant égalemeid, ne montrerait-elle bien pas qu'ils ont les mêmes droits sur elle? Oh! quelle s'y prend mieux (pucela! Loin de les traiter de la même manière, elle affecte de mettre entre eux de l'inégalité; elle fait si bien, (pie celui (pi'elle flatte cioit (pie c'est par tendresse, et (jiie celui (pi'elle nialliaite croit (jiie c'est pai' dépit. Ainsi chacun, coulent de son partage, la voit toujours s'occuper de lui, (andis (pi'elle ne s'oc(;upe en elfel (|ue d'elh^ seule.

Dans le désir généial de plaire, la coquetterie suggère de semblables moyens. Les ca[)iices ne feraient (juc rebuter s'ils n'étaient sagement ménagés, et c'est en les dispensant avec art (pume l'einnie en l'ail les plus loites chaines de ses esclaves.

A (pioi lient t(nil cet art, si ce n'est à des ohser\ations Unes et continuelles qui lui font voir à chaipic instant ce cpii se passe dans les cœurs des hoinino, et <pii la dispose à |ioiler à chafpie mouvement secret ipi'elle aperi'oit la l'orci' (pTil faiil pour le siis|»eii(li-e on l'accélérei ? (ici art s'apprend-il ? i\on, il naît a\ec les feinines; elles l'ont tontes, et jamais les lioinuiis ne roni an nK-iiie degi'('-. Tel est un des caractères distiiictirs du sexe. I,a piésenic d'esprit, la pc-neti alion, les

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