‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 5 sur 194 · FACULTES MORALES. — CARACTÈUE. - QUALITES · texte numérisé non relu

FACULTES MORALES. — CARACTÈUE. - QUALITES

observations lincs, tout la scitMue des i'cnimes; riiabileté de s'en prévaloir est leur talent.

Les fennnes sont l'ausses, nous dit-on; non, elles le deviennent. Le don qui leur est propre est l'adresse et non pas la fausseté. Dans les vrais penchants de leur sexe, même en mentant, elles ne sont point fausses. Pourquoi consultezvous leur bouche, quand ce n'est pas elle cpii doit parler? Consultez leurs yeux, leur teint, leur respiration, leur air craintif, leur molle résistance : voila le langatte (pie la nature leur donne pour vous répondre. La bouche dit toujours non, et doit le dire; mais l'accent qu'elle y joint n'est pas toujours le même, et cet accent ne sait point mentir. La femme n'a-t-elle pas les mêmes besoins que l'homme, sans avoir le même droit de les témoigner? Son sort serait trop cruel si mêiiie dans les désirs légitimes elle n'avait un langage équivalent à celui qu'elle n'ose tenir? Xe lui faut-il pas un art de communiquer ses penchants sans les découvrir? Combien ne lui importe-l-il pas d'apprendre à toucher le cœur de l'homme sans paraître songer à lui? Quel discours charmant n'est-ce pas que la pomme de Galatée et sa fuite maladroite? Que faudra-t-il qu'elle ajoute à cela? Ira-t-elle dire au berger qui la suit entre les saules qu'elle n'y fuit qu'à dessein de l'y attirer? Elle mentirait, j)our ainsi dire; car alors elle ne l'attirerait plus. Plus une femme a de réserve, plus elle doit avoir d'art, même avec son mari. Oui, je souliens qu'en tenant la coquetterie dans ses limites, on la rend modeste et vraie, et qu'on en fait une loi de l'honnêteté...

^ La coquetterie ne peut durer qu'autant qu'on est jeune et jolie, et ce temps passe vite, et ne laisse que le regret d'avoir eu beaucoup d'amants, qui n'ont pas assez estimé pour devenir amis. La dévotion est l'unique ressource des coquettes, ([uand elles sont devenues vieilles. Il faut avouer que ces retours vers Dieu sont d'un bel exemple! Voilà de belles conversions! Dieu devient par là le pis-aller de toutes les femmes qui ne savent plus que faire. M""^ de Pujsieux.

LA COQUETTE KT L'ABEiLLt.

Chloc, jeune et jolie, et surtout t'ortco(iuetlo,

Tous les malins, eu se levant, Se mettait au travail, j'entends à sa toilette ;

Ella, souriant, minaudant, Elle disait à sou cher coulkleut Les peines, les plaisirs, les projets de son ànic. Une abeille étourdie arrive eu houidonnaiil. Au secours! au secours! crie aussitôt la dame; Venez, Lise, Marton, accourez promptemenl. (^hassez'ce monstre ailé. Le monstre insolemment

Aux lèvres de Cbloé se pose.

Chloé s'évanouit, et Marton en fureur

Saisit l'abeille et se dispose ^ A l'écraser. Hélas ! lui dit avec douceur

50 LES FEMMES D'APKÈS LES ALTEIRS FRA.NÇAIS.

L'insecte malheureux, pardonnez mon erreur : La bouche de (]hloé me semblait une rose, Et j'ai cru... Ceseurmot à Chloc rend ses sens. Faisons grâce, dit-elle, à son aveu sincère :

D'ailleurs sa piqûre est légère ; Depuis qu'elle te parle à peine je la sens. Que ne fait-on passer avec un peu d'emens !

^ La moins coquette des femmes sait qu'on est amoureux d^elle un peu avant celui qui en devient amoureux. FLORIA^.

® Les coquettes sont comme les chats qui se caressent à nous |)lutùt qu'ils ne nous caressent. Rivahol.

^ Je ne suis point surprise que les i'enunes soient coquettes, car c'est le plus sûr moyen de plaire aux hommes. Us disent que la pudeur et la naïveté ont seules le droit de leur plaire; mais leur cœur désavoue sans cesse un sentiment qui n'est que dans leur discours; ils admirent la vertu, mais c'est la coquetterie (|ui les subjugue. .M'"" u'Auconvilll.

COIS SE ILS A INK COQUKnt.

Comment veux-tu qu'on aime

In jeune objet (jui tour à tour Accueille deux amants et leur sourit de même ?

Il est aimé le premier jour, Négligé le second, oublié le troisième.

Tes grâces qu'embellit un aimable abandon (hit souvent au désir fait céder la laison ;

Mais l(! '.(tur ne prend pas h; change,

Et tôt ou lard l'amour se venge Des trailsipù)!) lance au mépris d(! son nom...

Delà sim|)le candeur, poiu' charmer, suis la loi. La modestie est le fard d'une belle.

La nature a tout fait |)OUi' toi, l'ais donc (pielque chose pour elle.

Dësaugiuus.

^j^ Une femme hardie, effrontée, intrigante, qui ne .sait attii'er ses amants (pie par la c()(juelterie ni les conscrvei- (|ue par les faveurs, les fait obéir comme des valets dans les choses viles et communes; dans les choses im|»orlaiites et graves, elle est sans autorité sur eux. Mais la femme à la fois honnête, aimable et sage, celle ipii force, l(!s siens à la respecter, va\\\o (pii a di; la réserve et de la modcslic, celle en un mot (pii sontieiil l'auiour par l'estime, les envoie, d'un Kigue, d'ini Itniil du niniidc ;i Piiiilre, au ((Hubal, à la gloire, à la nnul, nu il lui

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