‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 40 sur 194 · I. \Mnri5. ^ 1.1. MVniAC.K. - I.A MATKUMTK. 'ii · texte numérisé non relu

I. \Mnri5. ^ 1.1. MVniAC.K. - I.A MATKUMTK. 'ii

E5B En amour, les soriuenls ne prouveul rioii : c'est le langage du pays,

Regnahd.

® Quand on aime ardemniont, et iiu'on jtoid oo (pi'on aiino, On st^ l'ail un plaisir de se pordro soi-niènu'.

EfiG ... Parmi les amoui-s il n'est rien si cruel * Oiio d'avoir de ramoiu- qui n'est pas mutuel.

BOUKSAULT.

^ L'amour est plus nécessaire à la vie de l'esprit que les aliments ne le sont à celle du corps.

® La différence de l'amour aux autres plaisirs est aisée à faire à ceux qui en ont été touchés. La plupart des plaisirs ont besoin, pour être sentis, de la préférence de l'objet. La musique, la bonne chère, les spectacles, il faut que ces plaisirs soient présents pour faire leur impression, pour rappeler l'àme à eux et la tenir attentive. Nous avons en nous une disposition à les goûter; mais ils sont hors de nous, ils viennent du dehors. Il n''en est pas de morne de l'amour ; il est chez nous, il est une portion de nous-mêmes; il ne tient pas seulement à l'objet, nous en jouissons sans lui. Cette joie de l'âme que donne la certitude d'être aimée, ces sentiments tendres et profonds, cette émotion de cœur vive et touthante, que vous donnent Tidéc et le nom de la personne que vous aimez; tous ees plaisirs sont en nous et tiennent à notre propre sentiment. Quand votre cœur est bien touché et que vous êtes sûre d'être aimée, tous vos plus grands plaisirs sont dans votre amour; vous pouvez donc être heureuse par votre seul sentiment, et associer ensemble le bonheur et l'innocence.

® Il y a toujours une sorte de cruauté dans l'amour. Les plaisirs de l'amant ne se prennent que sur les douleurs de l'amante. L'amour se nourrit de larmes.

^ L'amour, dans les commencements, ne vous présente que des fleurs et vous cache le danger; il vous trompe : il prend toujours quelque forme qui n'est pas la sienne. Le cœur, d'intelligence avec lui, sait vous cacher son penchant, de peur d'alarmer la raison et la pudeur. C'est un simple amusement; c'est l'esprit qui nous touche; enlîn, jusqu'à ce que l'amour se soit rendu maître, il est prescpie toujours ignoré.

® L'amour agit selon les dispositions qu'il trouve : il prend le caractère des personnes qu'il occupe. Pour les cœurs qui sont sensibles à la gloire et au plaisir, comme ce sont deux sentiments qui se combattent, l'amour les accorde : il prépare, il épure les plaisirs, pour les faire recevoir aux âmes fières, et il leur donne pour objet la délicatesse du cœiu' et des sentiments. Il a l'art de les élever et de les ennoblir. 11 inspire une hauteur dans l'esprit qui les sauve des abaissements de la volupté. Il les justifie par l'exemple, il les déifie par la poésie; enfin il fait si bien que nous les jugeons dignes d'estinto, o)i tout au moins d'excuse.

'241 LES FEMMKS HAPRÊS LES AUTEURS FRANÇAIS.

^ L'esprit que ranioiir donno osl vif ot lumineux; il est la sniirco des agréments. Rien ne peut plaire à l'esprit qui n'ait passé par le cœur.

M"'" DE Lambert.

® Il faut toujours être bon à quelque chose à ceux que l'on aime, et les faire dépendre ou par les plaisirs, ou par les services, ou par l'habitude. Les amnsomoats étrangers, les distractions amènent l'inconstance. Le lien de la dépendance est bien fort, })Our s'en apercevoir, il faut être sur le point de le rompre. Il y a des gens qui vivent ensemble comme s'ils s'aimaient, faute de pouvoir se passer l'un de l'autre.

^ En amour, la plus belle conquête, à mon sens, c'est celle qui coûte ; et la plus difficile à conserver, celle qui n'a rien coûté.

^ On ne peut avoir deux passions dominantes à la fois. L'ambitieux n'aime pas; celui qui aime bien ne peut qu'aimer; le joueur veut perdre ou gagner. Celui qui rassemblerait plusieurs grandes passions dans un même degré de force serait une espèce de monstre fort dangereux ; mais, en y réfléchissant un peu, ces sortes de monstres me paraissent inq)0ssibles; si l'on aime le jeu passionnément, on n'aime pas sa maîtresse.

^ Tout le monde convient que les plus beaux jours sont ceux (pie l'on passe auprès de ce qu'on aime. Ah ! comme le temps 'coule rapidement ! quel étal délicieux! Que ne peut-il loujouis durer! L'âme se déploie; l'esprit s'égare quel- (luefois, mais il se retrouve toujoms pour dire des choses obligeantes. Les mouvements involontaires qui font faire tant de chemin aux personnes sensibles les transportent jusqu'à leur faire oublier tout l'univers.

® Une certaine fatalité, (|ue je crois attachée aux folies suggérées par l'amour, me ferait presque croii'o (ju'il y a du mal à aimer.

c^ C est (|uelque chose que de jtouvoir se demander à soi-même pomcpioi Ton aime, et se répondre qu'on en a de boimes raisons.

^ La nonchalance tue Tamonr. (ieltc passion viMit être tenue en exercice; l'amant (jui se néglige n'aime plus. La négligence est la premièi-e marque du changement; ainsi les femmes, qui, ordinaiiemeni, ont de l'expérience sur ces matières, devraient rompre an |iremier oubli. L'amour aident n'en a jamais eu; il est conliaint (puîlquefois, mais il n'oid)lie point : l'objet aimé .s'enq)are inq)érieusement du souvenir, et quand il y règne bien il faut (pi'il y soit seul.

^ Il y a des femmes qui n'aiment pas le clavecin, parce qu'elles n'en jouent pas. Il en est de même de l'amour délicat : et l'envie n'entreiait elle pour rien dans le |>rétendu mé|)ris (piOii en fait.

frH La grande «estime ipie l'on fait de la personne aimée ajoute nnlh; plaisirs à ranu)ur. C'est de l'estime (jue nous tirons la satisfaction pour lamotn-propre, et

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