‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 43 sur 194 · CONSEILS AUX AMANTS · texte numérisé non relu

CONSEILS AUX AMANTS

Retenez bien, jeunes amants.

Ces règles infaillibles :

Si vous voulez être charmants.

Paraissez pendant quelque temps

Sourds, muets, insensibles...

Rendez aux yeux indifférents Vos cœurs inaccessibles :

•250 LES FKMMKS DAl'UÈS LES AUTEURS FRANÇAIS.

Pour tromper les plus vigilants Paraissez à tous les instants

Sourds, muets, insensibles...

Do votre amour, de vos soupirs, Au seul objet de vos désirs, Prodiguez le charmant spectacle; Joignez le mystère aux plaisirs.. .

i:ONSEII,>. M s uni. M,

L'Amour vous tund, objets charmants.

Des pièges invisibles :

Pour fuir les perfides amants; Paraissez à tous leurs serments

Sourds, muets, insensibles ; Mais après ces sages combats, Aux cœurs tendres et délicats N'opposez point d'auguste obstacle . Éprouvez : ne rebutez pas...

Saiîst-Foix.

^ Le véritable amour est le plus chaste de tous les liens. C'est lui, c'est son feu divin qui sait épurer nos penchants.

® L'amour est privé de son plus grand charme quand l'honnêteté l'abandonne ; pour en sentir tout le prix, il faut que le cœur s'y complaise et qu'il nous élève en élevant l'objet aimé. Otez l'idée de la perfection, vous ôtez l'enthousiasme; ôtez l'estime, et l'amour n'est plus rien. Comment une femme pourraitelle honorer un homme qui se déshonore? Comment pourra-t-i! adorer lui-même celle qui n'a pas craint de s'abandonner à un vil corrupteur? Ainsi bientôt ils se mépriseront mutuellement; l'amour ne sera plus pour eux qu'un honteux commerce, ils auront perdu l'honneur et n'auront pas trouvé la félicité.

® On n'aime point si l'on n'est aimé ; du moins on n'aime pas longtemps. Ces passions sans retour, qui font, dit-on, tant de malheureux, ne sont fondées que sur les sens. Si quelques-unes pénètrent jusqu'à l'àmc, c'est par des rapports faux dont on est bientôt détrompé.

^ On aime bien j)lns l'image qu'on se fait (|ue l'objet auquel ou ra|)plique. Si l'on voyait ce qu'on aime exactement tel (ju'il est, il n'y aurait plus d'amour sur la terre. Quand on ce.s.se d'aimer, la personne qu'on aimait reste la même (|u'au|)arav;mt, mais on uo la voit plus la même. Le voile du prestige tond)e e| laniour s'évanouit.

se Ou n'est point sans plaisir (juaud on aime encore. L image de 1 amour éleint effraye plus un cœur tendre que celle de l'amour malheureux, et le dégoût de ce (pi'on possède est un étal ccnl l'oi^ pire <pi(' le re^iel de ce (pi'on a perdu.

LAMOl 1\. — LK MAUIAGK. — LA MATKUNITÉ. 15^2

SS3 Si l'amour éteint jotte l'ànio dans l'ôpuistMiicnt, raniour subjugué lui aoune, avec la conscience de sa victoire, une élévation nouvelle et un attrait plus vif pour tout ce qui est grand et beau.

sg Lauiour, qui rapproclie tout, n'élève point la personne; il n'élève que les sentiments. •

® Quand le bonbeur comumn devient impossible, cberclier le sien dans celui de ce c|u'oi\ aime, n'est-ce pas tout ce qui reste à l'amour sans espoir?

^ L'argent tue l'amour intailliblement. Quiconque paye, i'ùt-il le plus aimable des honnnes, par cela seul qu'il paye, ne peut être longtemps aimé. Bientôt il payera pour un autre...

® Périsse l'homme indigne qui marchande un cœur et rend l'amour mercenaire ! C'est lui qui couvre la terre des crimes que la débauche y fait commettre. Couunent no serait pas toujours à vendre celle qui se laisse acheter une fois? Et dans l'opprobre où bientôt elle tombe, lequel est l'auteur de sa misère, ilu brutal qui la maltraite en un mauvais lieu, ou du séducteur qui l'y traîne en mettant le premier ses faveurs à prix?

^ Quand l'amour s'est insinué trop avant dans la substance de l'âme, il est bien difticile de l'en chasser; il en renforce et pénètre tous les traits comme une eau forte et corrosive.

® L'amour en lui-même est-il un crime? N'est-il pas le plus pur ainsi que le plus doux penchant de la nature? N'a-t-il pas une fm bonne et louable? Ne dédaigne-t-il pas les âmes basses et rampantes? N'aime-t-il pas les âmes grandes et fortes? N'ennoblit- il pas tous les sentiments? Ne double-t-il pas leur être? Ne les élève-t'il pas au-dessus d'elles-mêmes? Ah ! si pour être honnête et sage il faut être inaccessible à ses traits, que reste-t-il pour la vertu sur la terre ? Le rebut de la nature et les plus vils des mortels. J. J. Rousseau.

j^ Amants, connaissez les belles

Si vous voulez èlre heureux, Elles ne font les cruelles Que [M)ur allumer vos feux.

Si votre lièrc maîtresse Fait voir un petit courroux, Profitez de sa faiblesse, Elle souffre plus que vous.

(^and tout bas elle soupire.

N'eu sojez pas interdit :

Écoutez ce qu'on veut dire Et non pas ce (juc l'on dit.

.VUOKOiX.

•iô'i LIS FK.MMES D'APRÈS LES AITELMS FRANÇAIS.

^ Il y a des gens pour (|iii aimer c'est être galant et parler d'amour.

^ On ne médit pas de la vie, le jour où Ton loçoit des lettres de ce (lu'oii aime.

® Quel fardeau que l'existence, si l'amour ne versait pas sur nos plaies quelques gouttes de ce filtre dont il a ahreuvé nos cœurs.

^ Povirquoi tous les amours, même les plus délicats, linisscnt-iis'.' C'est qu'où s'imagine y goûter des plaisirs (ju'oii n'y trouve pas, c'est (jue chez presipie tous ses mortels l'imagination est plus active que le cœur n'est sensible.

^ 11 est plus facile à un honnne adroit et rusé, qui n'es! pas auioureux, de l)ersuader à sa maitresse qu'il aime, et d'arriver à son Lut, qu'à celui (|ui son vraiment une passion violente.

L'amour sincère est accompagné de mille soucis, d'impatiences, de ressentiments, qui rendent un homme peu aimable aux yeux de la personne qu'il veut loucher, si elle n'est blessée du même trait.

^ Quel consolateur plus délicat que l'amour'.'

^ L'animal le plus timide, le plus pusillanime, devient audacieux lorsqu'il s'agit de garantir ou de défendre l'objet de son amour. Si l'iiomme faible et \nvprisablc ne montre ])as le même courage, c'(;st qu'il n'aime pas, c'est qu'il est incapable d'aimer. Il est des constitutions débiles et des c(euis dé|)ravés où l'amour vrai ne saurait gernuir : ceux où il peut nailre sont incapables d'une lâcheté, surtout lorsipie sa tlannnc divine leur a connnuuicpié toute son énergie.

-MUIABEAL.

g<3 L Aiiioui' ii'iMit, point d'iulc en ii;us>;nil, /

L'nniocciicc est lonjoiiis lidMc; Il n'en cul ])oint, en j;raiKliss;inl, L'ciilance n'est jamais ('iiidlc.

Dans l'âge où naissent les soiipii^.

Il n(! volligea point encore ; La constance est sœur des désirs, QiKî ce liel âg(; voit éclore.

Mais (lès le premier baiser (Jue sa bouche ohlinl des belles, Les deux [loiiiles de ses ailes Couunencèrenl à peicer.

Nouveaux baisers; le j)huuagc Kn deux jouis se déploya, l'inlin, par son doux lauga;^r.

Il obtint bien davanlagc !..

Dès ipi'il (;ii lui venu là, Ao^>ilùl il s'cuvola.

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