‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 45 sur 194 · AMoru. — m: m\ui\(;k. la MATi:r.Mii:. 'ihh · texte numérisé non relu

AMoru. — m: m\ui\(;k. la MATi:r.Mii:. 'ihh

En ses tileU quand la proie est surprise, De son triomphe il élourdit K's bois; Mais quand la sienne est réduite aux abois, ("liasseui' d'amour, m- doit sonner la priM'.

MlM-EVOYR.

ES L'amour, dans l'état soeial, n'a |>eut-»Mre do raisonnable (jue sa folie.

RiVAROL.

S3 Malheur à l'homme qui, dans les premiers moments d'une liaison d'amour, ne croit pas que cette liaison doit être éternelle !

^ L'amour supplée aux longs souvenirs par une sorte de magie. Toutes les autres affections ont besoin du passé; l'amour crée, comme par enchantement, un passé dont il nous entoure. Il nous donne, pour ainsi dire, la conscience d'avoir vécu, durant des années, avec un être qui naguère nous était presque étranger. L'amour n'est qu'un point lumineux, et cependant il semble s'emparer du temps; il y a peu de jours qu'il n'existait pas ; bientôt il n'existera plus; mais, tant qu'il existe, il répand sa clarté sur l'époque qui l'a précédé, comme sur celle qui doit le suivre.

® Dès qu'il existe un secret entre deux cœurs qui s'aiment, dès que l'un d'eux a pu se résoudre à cacher à l'autre une seule idée, le charme est rompu, le bonheur est détruit. L'emportement, l'injustice, la distraction même se réparent; mais la dissimulation jette dans l'amour un élément étranger qui le dénature et le flétrit à ses propres yen*.

® C'est un affreux malheur de n'être pas aimé quand on aime ; mais c'en est un bien plus grand d'être aimé avec passion quand on n'aime plus.

S3 Quand l'amour est éteint, il arrive aux amants de se prodiguer des caresses, de parler d'amour; mais ils parlent d'amour de peur de parler d'autre chose.

® L'amour s'identifie tellement à l'objet aimé, que dans son désespoir même il y a quelque charme. Il lutte contre la réalité, contre la destinée; l'ardeur de son désir se trompe sur ses forces, et l'exalte au milieu des douleurs.

B. Constant.

^ Les femmes aiment mieux inspirer de l'amour (jue de l'estime; peut-être même ont-elles une secrète aversion pour ceux qui n'ont que de l'estime ponielles. BEAUCHÊ^E.

^ L'amour est un grand enfant, la femme est sa poupée.

M""" WoiLLEz, citée par M. Deschanel.

® Cette maladie de l'àme, l'amour, se déclare avec fureur aussitôt que paraît l'objet qui doit en développer le germe.

2ofi I.ES FFMMF.S DAPRflS LES ATTEUKS FRANÇAIS.

® Les souvenirs de l'amour dans le cœur d'un vieillard sont comme les feux du jour réfléchis par l'orbo paisible de la lune lorsque le soleil est couché, et {pu> le soleil plane sur les huttes des sauvages. Chvtealbuimsd.

^ L\iuiour doit gouverner la terre, que l'ambition fatigue.

@3 L'homme a deux manières de sentir sa vie, amitié et amour : le reste est doideur ou fumée.

^ ]/amour est le grand mystère de la vie, et les beautés secrètes du monde sont perdues pour l'homme seul. 11 n'y a |)oint d'amour dans l'Ame sans profondeur ; mais à cpiel ordre appartient donc et ce mystère et celte espèce d'infinité? Il est des houunes prof(mds, on les dit tels, et ils restent incapables d'aimei-.

^ Puisque l'amour est naturel, il est essentiellement bon. 11 est honnête, il est sublime; car le beau est l'objet de l'amouV, riiarmonie est son principe et son but. Le sentiment de l'honnête et du juste, le besoin de l'ordre et des convenances morales, conduisent au besoin d'aimer. Une âme basse, un cœur étroit, peuvent être égarés par l'amour : mais il élève, il affermit un cu'ur vaste, une âme droite et noble.

^ C'est l'objet particulier de cette passion (l'amour) qui eu détermine les effets ; elle affermit l'âme ou l'énervé, elle purifie les affections ouïes dégrade, selon que nous aimons ou ce qui nous j)laît seulement, ou ce (jui mérite d'être aimé, selon (|ue nous cherchons le bonheur des sentiments nobles et des plaisirs justes, ou (|ue nous cédons à la fantaisie d'un lien trivial et illégitime dont il faudra dissimuler les vils avantages. Si le cœur est intègre ou pervers, grand ou méprisable, l'amour est louable ou condaumable, élevé ou honteux.

SêB Quajid on désire aimer, quand on est |)rès d'aimer, Taumur est une partie essentielle de la vie; quand on est aimé, c'est la vie elle-même. Mais aux bornes de l'existence du cœur, quand l'espoir éteint endort les désirs, quand ou n'aimera pas, quand or» ne vivra plus, alors, si Ion n'a pas aimé, si Ion u a connu (pie des songes sans objet, le jom- vient où l'amour parait oublié, où le songe (pii tue cesse enfin d'être bien senti. Quelquefois pourtant le nom seul de l'amour rappeli(; encoïc ce rêve profoiul ; il fait frémir comme ces idées qui ramènent les tiiaiiiafpies à leur folie; mais, dans lOubli haiiilucl, ou croit juger (put Tamour n'est (ju'une oudire. Et, eu effet, que serait-il autre chose? Mais, de ttuilcs ces nmbi'cs dont se compose le fantôme de l'existence morale, c'est la moins bizarre peul-êtic et la moins déplorable; et si la vie n'est (pinue suite de vanités, il l'an! bien avouer (pie le premier de nos songes est une des choses les |»liis impoitaiiles de la vie.

giQ Plusieurs sages oui dit : « l;"ain(»ur est vanité. » Je le veux. L'amour est vain, <omiiU! tous l(,'s incidents de; noti'e vie périssabh^ : il est vain comme les affections d'un c(em inoitel. comme le sont et l'homme cit celle terre humaine

i.AMoni. - LK Mvi\iu;i:. — i\ maternité. 257

(|iril laliiiiio (lo sou iuquiôliule, ol toutes les choses qui jKissout, (|ui peuvent linii-, (|ue les ilésirs embellisseut, et qui ne soûl ([u'nu souvenir alors qu'on croit les posséder.

S^ Dépouille/. Irt vie île ees couleurs poéti(|ues dont on étale aux yeux du vulgaire les trompeuses apparences, vous vtMroz alors connue elle est misérable dans le secret des cœui"s. Et cette vie humaine, qui n'a presipie rien pour le bonheur, quel en peut être le prix chez Thounne obscur'.' Sa destinée est moins triste encore qu'iimtile; et il la voit se consumer plus stérile pour la raison que pour les désirs. Si vous ôlez l'amour, que restera-t-il à celui qui a reçu le sentiment des choses'? Quand l'o-uvre est trop petite pour notre puissance, ou l'âme trop aiiilée pour notre repos, les pensers de Tamour sont comme un exercice pour distraire des forces ipii ïiont point d'emploi. C'est l'amour qui soutient l'àjje incapable de renoncer aux songes; c'est lui qui maintient quelque mouvement daris les volontés, que la connaissance des choses aurait éteintes ; mobile cliez les uns, consolation chez d'autres, il entraîne tout, rien ne le remplace, et Pou dirait qu d remplace toutes choses.

® Tous ne sont pas dignes d'aimer, tous ne sont pas faits pour être aimés. Presque tous pourtant aiment et sont aimés ; mais de quelle manière? et quelle distance d'un amour à un autre!

^ S'il arrive souvent que l'amour paraisse nous avilir, c'est qu'eflectivement il découvre très-bien la bassesse intérieure, rien ne la prouvant mieux que le mauvais usage d'une chose bonne par elle-même, et l'abus d'un sentiment heureux.

® L'hypocrisie de l'amour est un des fléaux de la société.

® L'amour doit une grande partie de son pouvoir à la mobilité même des désirs, au mélange des objets de répugnance ou de crainte, au soin de s'éviter lui-même, à ce que cette opposition des contraires peut mettre d'incertitude dans sa marche. Cette incertitude le rappelle toujours, cette déhcatesse le fait admirer en paraissant le redouter; ce sont des moyens naturels quoique détournés, et s'ils paraissent aller moins directement au but, ils n'y vont pas moins sûrement. L'amour a une grâce irrésistible dans cette marche lente et mystérieuse , il entraîne par l'expression secrète du désir, il attache par ce qu'd donne lorsqu'il n'a pas encore tout accordé. Mais il est heureux surtout dans les plaisirs de l'afiection, dans les soins de la pensée; jouissances modérées, mais durables et fécondes, qui perpétueront la jouissance passagère, ce plaisir trop grand peut-être, trop certain du moins pour faire seul une passion,

fe En Occident, l'amour est une harmonie délicate; il soutient habituellement l'àme ; il est dans le cjiur comme une occupation douce et qui répand de la grâce sur les sen.>^ations, sur les afi'ections, sur les ra|)ports actifs et passifs de

la vie.

^258 Li:s FEM.MIS DAl'IlKS LKS ALTKUUS FllANÇAlS.

Dans le Midi, ranioui' est un appétit absolu, une ternientation comme la lièvre de la colère; il irrite, il excite les affections despoti(juos et haineuses. Dans le Nord, c'est une agitation modérée, qui entretient la vie, qui soutient les affections aimantes.

Les peuples actifs et qui luttent sans cesse contre les besoins direcls, les hordes demi-sauvages, les peuples chasseurs, ne voient presque dans l'amour (ju'une diversion, qu'un amusement ; il n'a chez eux que des saisons. On s'en occupe quand on n'est occupé ni de chasser ou de se venger, ni de boire, de danser ou de fumer.

f^ Dans les hommes l'amour atteint la pensée; mais il est surtout dans les affections; il tient au besoin d'éprouver de la joie et des plaisirs; c'est robjel qu'on envisage comme piopre à donner au cœur un but actuel, au milieu des soucis qui reculent toujours le but de la pensée. De Senakcour.

g3 L'hymen vient quand on rappelle.

L'iiniour vient qizaïul il lui plaît.

De Dheteuil.

^ On rend volontiers l'amour responsable de l'abus qu'on en lait.

Samal Dubay.

® Peu de choses, peu de passions même ont le pouvoir de nous attirer assez fortement pour nous faire sortir de notre être ; l'amour seul nous place entièrement hors de nos propres limites; nous lui devons le bonheur d'une vie nouvelle. De Ségur.

® L'homme est brutal et la fenjme mobile. Ces deux êtres si semblables et si dissend)lables sont faits de telle sorte qu'il y a toujours entre eux de la haine, même dans l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre. Le premier sentiment ([ui succède à leurs étreintes est le dégoût et la tristesse. C'est une loi d'en haut, contre laquelle vous vous révolterez en vain. L'union de l'homme et de la femme devait être passagère dans les desseins de la Providence. Tout s'oppose à leur éternelle association, et le changement est une nécessité de leur nature.

George Sand.

^ L'amour et la toilette, — fard et parfum de la femme.

fS L'amour feint est plus parfait que Tamour véritable; voilà pourquoi tant de femmes s'y trorrq)entI

^ (juand on aime, tout arrive à I amoui',

8>Q L'homuK'. va de Taversion à l'amour; mais ipiaud il a commeiicé par aimer (!t (pi d arrive à I av(;rsion, il n(! l'evitiut jamais à l'amour.

®3 IMus on juge, moins on aune.

i.'AMorn. — ir MM;i\r.i:. i.\ MATr.r.MTÉ. iv.«i

e^ En amour, toute àuio mise î\ part, la lomm(^ ost connue une lyre, qui ne livre ses secrets qu à celui qui sait en bien jouer.

^ Tout amour durable connuence par de rêveuses méditations,

^ Qu'y a-t-il dans l'amour, pour que, nonobstant ses délices secrètes, on soit accablé de chagrin?

® L'amour ne pardonne rien ou pardonne tout.

® L'amour est la seule passion, peut-être, qui ne souffre ni avenir ni passé.

® Le repentir est la grâce de l'amour. Balzac.

® Hommes, vous voulez tous qu'une femme ait longtemps Des tiertés, des hauteurs; puis voiisétes contents

Dans votre orgueil que rien ne brise, Quand aux feux de l'amour qui rayonne sur nous, Pareille à ces fruits verts que le soleil fiiit doux, La hautaine devient soumise.

® ... Oh ! l'amour serait un bien suprême Si l'on pouvait mourir de trop aimer !

Page 1