I. A MOI U. — LK MAHl.\(.K. — LA MATKUNITE
leur donner de l'onibrai^'e, (jui dôoidonl do leur constanee ; c'est le défaut des occasions où elles sont sujettes à nous trahir. Une fenïuie, pour être égale dans son choix, a besoiu de ne voir que la personne (ju'elle aime.
8g Une femme se persuade beaucoup mieux qu'elle est aimée par ce (|u'elle ilevine i[ue par ce qu'on lui dit.
8S II faut avoir bien plus de ménagement poiu" une femme que l'on cesse d'aimer (pie pour une femme que l'on aime encore. On revient de tout avec les fenunes, pourvu (pi'on les aime : le manque de respect, riuqxditcsse, Peinporlement, les injures mènu> sont des fautes qu'elles pardonnent sans peine et qui leur l'ont un secret plaisir, quand elles sont un effet de la [)assion cprelles ont fait naitie. Il n'en est pas de même quand nous cessons de les aimer; quelque circonspection, quelque délicatesse que nous nous prescrivions à leur égard, elles nous savent bien plus mauvais ^ré de Toutrage que notre indifférence fait à leurs attraits que de celui que notre indiscrétion peut faire à leur honneur.
® Le premier mérite auprès des femmes est de les aimer; le second est d'entrer dans la conlidence de leurs inclinations ; le troisième, de faire valoir ingénieusement tout ce qu'elles ont d'aimable. Faites-vous aimer, ou flattez-les sur ce qu'elles aiment, ou faites-leur trouver en elles de quoi s'aimer mieux; car enlin il faut de Tamour, de quelque nature qu'il puisse être. Leur cœur n'est jamais vide de cette passion.
® Les femmes savent mieux feindre de ne pas aimer qu'elles ne savent aimer véritablement; elles ont plus de plaisir à devoir un cœur à leur adresse qu'à leur sincérité. Leur vanité se trouve flattée de tous les tourments qu'elles font souffrir, et je ne doute point qu'elles ne soient plus touchées de l'embarras d'un amant qui ne sait à quoi s'en tenir que du plaisir de le rendre parfaitement heureux. Saiint-Evremond.
S3 Les véritables amants sont toujours trop crédules : une maîtresse écrit des injures, sans songer que son cœur les dément; un amant y est sensible, sans s'imaginer que l'amour en est le véritable auteur. Berinis.
® Les femmes sont des anges ({uand on les recherche; sont-elles obtenues, tout finit là. L'âme du plaisir est dans la recherche du plaisir même. La femme aimée ne sait rien si elle ne sait pas cela. Pascal.
® 11 n'est pas toujours nécessaire que l'amour s'en mêle pour faire succomber une femme : il est de malheureux moments où la plus vertueuse est la plus faible. La raison de cette bizarrerie est que la nature veille sans cesse et tend toujours à sa fin. Le besoin d'aimer fait dans une femme une partie d'elle-même; sa vertu n'est qu'une pièce de rapport.
® Il n'appartient qu'à un homme de peu d'expérience de faire une déclaration en forme. Une fenune se pcîrsuade beaucoup mieux qu'elle est aimée par ce iju'elle devmc que par ce qu'on lui dit. Ninon de l'Enclos.
•J7() LKS FtlMMES D'APRÈS LES AUTEURS FRANÇAIS.
^ (Jiie servirait trcnfermer les femmes dans nos pays du nord, où leurs mœurs sont natmellement bonnes, où toutes leurs passions sont ealmes, peu actives, peu raffinées, où l'amour a surlecœur un empire si réglé que la moindre police suffit pour les conduire.
Il est heureux de vivre dans ces climats (|ui permettent qu'on se coumiunicpie, où le sexe (jui a le plus d'agréments scndjle parer la société, et où les femmes, se réservant aux })laisirs d'un seul, servent encore à l'amusement de tous.
Montesquieu.
^ Vous connaissez l'humeui des femmes : méprisanles Quiinil ou leur laisse voir liop d'amour; couiphùsanlcs Dès qu ou làclie le pied : qui veut les retenir Doit paraître toujours prêt à les prévenir. Tendresses, empressements, ardeurs toujours nouvelles. Tout cela va fort bien, tant qu'elles sont iidèies; Mais dès que la douceur engendre le mépris. Alors l'ailes-leur voir que chacun vaut son prix. Que l'on sait de son cœur ménager l'équilibre : El que pour être aniaul, ou n'eu est pas moins libir.
J. 15. RoussEAi:.
® Près des femmes, avec un rien on obtient tout, et bientôt, le dégoût de la possession succédant au plaisir, ce tout charmant n'est plus à nos yeux qu'un rien très-ordinaire, qui n'a de prix que pour celui qui ne le connaît pas.
Marmomel.
^ Dire en face à une femme qu'on ne l'aime pas, c'est l'assassiner.
^ Quand l'amour veut parler, la raison doit se taire : Dans les femmes, s'entend...
® Un honmie qui se croit aimé de toutes les femmes en est aisément la du[)Q.
Regnard.
^ Les hommes mettent si peu d'importance à l'amour qu'il linit toujours par de mauvais procédés avec les femmes,
® Les femmes ne sont jamais si bien liées (pie par des conndences d'amour.
M""" DE Te.ncin.
SS3 Si les faiblesses de l'amom- sont pardonnables, c'est princi|)alement aux fcnnnes, qui régnent par lui. YAUVENMtouEs.
f33 La femme est faite spécialeuu'ut pour plaire à rhonnn(! : si l'Iioiunu' doit lui plain; à .son tour, c'est d'une nécessité nmins directe : sou mérite est dans sa puissanc(!; il jdaît i)ar cela seul (pi'il est fort. Ce n'est pas ici la loi de ramom-, j'en conviens; mais c'est celle de la nahn-e, (pii est antérieure à ranu)ur même.
Usi La !( nMM(! qui iiinu- purcuicnl ;^(mi1('IIu plaisir délicieux.
ï/AMorn. - i.r mariage. — r\ matrrmte. 571
^ Si Taniour est faible chez la femme, on peut le vaincre; s'il est extrême, c'est l'exposer à îles Irauéilies (pie de l'attaipier par des moyens violents.
S5 Ce qui nous attache le plus aux femnu^s est moins la déhanche cpi'un certahi agrément de vivre auprès d'elles.
ES Ce qu'il y a de plus doux pour l'homme dans sa victoire est de douter si c'est la faiblesse qui cède à la force, ou si c'est la volonté qui se rend ; et la ruse ordinaire de la femme est de laisser toujours ce doute entre elle et lui. L'esprit des femmes répond en ceci parfaitement à leur constitution : loin de rougir de leur faiblesse, elles en font gloire; leurs tendres muscles sont sans résistance; elles affectent de ne pouvoir soulever les plus légers fardeaux; elles auraient honte d'être fortes : pourquoi cela? Ce n'est pas seulement pour paraître délicates, c'est par une précaution plus adroite ; elles se ménagent de loin des excuses et le droit d'être -faibles au besoin.
® Il est facile de voir que le moral de l'amour est un sentiment factice, né de l'usage de la société, et célébré par les femmes avec beaucoup d'habileté et de soin pour établir leur empire et rendre dominant le sexe qui devrait obéir.
J. J. UOUSSEÂU.
® N'avez-vous jamais vu des enfants qu'on amuse avec des contes de fées? Ils croient tout ce qu'on leur dit ; une femme livrée à une passion violente y ressemble fort : elle devient enfant comme eux, et ce sont de vrais contes de fées que les idées dont son imagination est remplie.
^ L'ambition d'être aimée joue souvent de mauvais tours aux femmes.
® De toutes les indifférences que peut essuyer une femme, la plus humiliante pour elle, c'est l'indifférence d'un homme qui l'aimait, et dont elle a fait cesser l'amour.
^ Allez dire à une femme que vous trouvez aimable, et pour qui vous sentez de l'amour : Madame, je vous désire beaucoup ; vous me feriez grand plaisir de m'accorder vos faveurs. A'ous l'insulterez; elle vous appellera brutal.
Mais dites-lui tendrement : je vous aime, vous avez mille charmes à mes yeux; elle vous écoute, vous la réjouissez, vous tenez le discours d'un homme galant.
C'est pourtant lui dire la même chose; c'est précisément lui faire le même compliment : il n'y a que le tour de changé; et elle le sait bien, qui pis est.
Non, me répondrez-vous, elle ne le sait pas, elle ne l'entend pas ainsi.
Et moi je vous dis qu'elle ne saurait l'entendre autrement, et que je défie de s'y tromper.
Rien de ce qu'il y a de grossier dans ce « je vous aime » ne lui échappe. Vous dirai-je plus? C'est le grossier même qui fait le mérite de la chose, qui rend la déclaration si piquante et si flatteuse : elle n'est de conséquence qu'à cause de cela.
•272 LES FEMMES DAIMiÈS LKS AUTEURS FRANÇAIS.
^ Plus imo ienime a craint l'amour, plus scrupuleusement le sert-elle, quand les forces lui ont manqué et qu'elle ne peut plus s'en défendre; c'est en aimant (le tout son cœur qu'elle so délasse de la fatigue qu'elle a soufferte on combattant; mais elle aime comme une antre remplit un devoir, je veux dire avec une exactitude de sentiments qui n'est jamais en défaut, et dont elle se fait comme une obligation religieuse.
^ Une femme peut être surprise d'avoir pris de l'amour; mais elle ne l'est jamais d'en avoir donné. Marivaux.
^ La plus grande faute qu'une femme puisse faire, quand elle a un amant, c'est de dire trop de bimi de lui à lui-même : cela le rend vain, et il abuse tôt ou tard de l'empire (pi'il croit avoir acquis. Si on l'attache en llattant son amourpropre, on so prépare en revanche bien du chagrin, on lui montrant ce (pie l'on pense de trop à son avantage. Pour bien faire, il faudrait lui persuader qu'il ne doit notre tendresse qu'à son attachement et qu'à ses soins. Ij'envie qu'il aurait de plaire davantage lui ferait redoubler d'attention; au lieu qu'en lui ropélanl sans cesse qu'il est aimable, il le croit, et en conclut qu'on ne fait, on l'aimant, que lui rendre justice, trop heureuse encore s'il ne devient point insolent, ce qui arrive quelquefois.
^ Disconvenir de son choix, c'est en rougir. Les femmes ne craignent pas (l'être soupçonnées de plusieurs amants, et elles ne voudraient pas en avouer un. Il est pourtant moins indécent de montrer son attachement pour un homme aimable, que de passer pour en favoriser plusieurs, et de fort ordinaires : les hommes n'ont pas coutume de garder tant de ménagement. Ils laissent croire qu'ils sont aimés, pour peu qu'une femme en vaille la peine ; ils aident même à la persuasion, en devenant indiscrets, quand c'est le seul moyen de réussir. C'est pourtant l'ingratitude la plus noire que de ternir la réputation d'une iemme qui a osé l'exposer pour rendre un honnne heureux. Convenez de la tendresse que vous avez, mais ne faites pas supposer le retour. La constance est la seido indiscrétion ipii soit oxcusablo.
Une femme bien née ned(;vrait non plus paidonner l'indiscrétion (\\\v l'inlidélité. Si l'une blesse la délicatesse, l'autre blesse l'amom-piopre. Je ne vois qu'une femme, qui a eu plusieurs amants, avec laquelle les derniers soient dispensés du silence. La discrétion ne regarde que le premier; ils parlent pourtant presque tous : à qui la faute'.' H y a telles fenunes avec qui les houunes feraient bien de |)rendre date. M'"" dk Piiismmix.
£® La bonne opinion (pi'on a toujours de soi-même l'ail (pi'on s'imagiiu^ (pi'uno f(!imne esl prise dès (pi'ell(! vous distini^iie pai' une habitude de lamiliarilé (pii bien sonvoni ne V(!ut ricMi dire. Hamii.ton.
8«G Les femmes ont tant d'amour-propio, (pie lors même (|u'elles ne nous aiment |)lus, uWv.s éprouvent du dépit ne nous voii- suivre leur evemple.
.M" i)'Aii(;i;ns.