‹ Les femmes d'après les auteurs françaisChapitre 55 sur 194 · I. AMOIR. - l.i: MARIAGl-. — I.A MATKRMTK · texte numérisé non relu

I. AMOIR. - l.i: MARIAGl-. — I.A MATKRMTK

S^ 11 est certains hommes que les femmes aiment éperdument, qu'elles délestent ensuite avec fureur, mais qu'elles ne peuvent jamais oublier : ceux pour ipii elles ont fait de grandes fautes.

î«B Quelques femmes ont d'abord plus de malice (pie de tendresse; elles promettent pour ne pas tenir, et rient à gorge déployée des mystilications (piVllos ion! éprouver à l'amour. Cette gaieté de cœur ne dure pas; elles sentent enfin, »'t un unique et tardif attachement torture tout le reste de leur vie. A cette condition, lamour leur rend les arrhes qu'elles ont données à sa vengeance.

® Les femmes qui plaisantent avec l'amour sont comme les enfants qui jouent avec les couteaux : elles se blessent toujours.

e^ Le^ hommes ne sont bien délicats que dans leur premier amour; encore faut-il qu'ils soient très-jeunes et qu'ils aiment une femme un peu plus âgée (pi'eux. A entière égalité sur ce point, on sent trop l'un comme l'autre; on se devine plutôt qu'on ne s'étudie. Mais la femme compte-l-elle quelques années de plus, on lui tient compte de tout ce qu'elle doit savoir; c'est un bonheur inouï dont on lui sera redevable : de là ces attentions si continuelles, ces prévenances si délicates, ce dévouement si absolu, ces désirs si pleins tout à la fois de pudeur et d'impétuosité. Les femmes, dans ce cas, se défendent avec habileté; elles font espérer et elles retardent; elles promettent et elles reprennent; mais, attendries par tant d'amour, elles succombent enfin; leur triomphe es( court, elles ne pouvaient régner que par le refus. Saint-Phosper.

® Une femme qui ne s'appartient pas ne peut aimer sans rendre son amant le plus malheureux des hommes. Ern. Feydeau.

® Il est peu de femmes entièrement dépourvues d'attraits : aussi sont-elles aimées presque toutes.

^ Aucune femme ne se croit dépourvue de moyens de plaire, quand elle en a le désir. Roiste.

?SÇ5 L'amour persiste au cœur des femmes,

Il y sommeille ou fait le mort.

Belles, vous portez à quinze ans La couronne de l'innocence ; Bientôt viennent les courtisans, Comme les rois on vous encense; Comme eux, de pié^jes séducleurs L'artifice vous environne ; Vous n'écoutez que vos flatteurs, Et vous perdez votre couronne.

Béranger.

^ La femme est tout amour, parce que c'est elle qui produit l'humanité, et que pour produire il faut aimer. Bélouino.

t>88 M;S FKMMKS DAPRKS les \I TKII'.S l'Ii.VNCAIS.

^ Admirez en aiiioiir la supériorité des femmes : elles joiiciil le rôle de dupe et nous laissent celui de fripon, que notre vanité n(His fait toujours aocept(M' .ivec reconnaissance.

® A un homme on demande son amitié pour obtenir un peu moins; à une femme, pour obtenir un peu plus.

^ Il entre toujours un peu d'amour dans la haine d'une femme. ® Celui qui aime passionnément une femme éprouve pour toutes un sentiment de recoiniaissance qui semble personnel à chacune d'elles.

" ® rsolis j)ardonnerions volontiers à une femme de ne pas nous aimer, si elle nous faisait la politesse de n'en pas aimer d'autres.

E^ La femme, et c'est là son plus beau titre, n'a aucune initiative en amour : elle aime qui l'aime.

® La femme, selon qu'elle aime on qu'elle est aimée, ne peut être qu'esclave ou souveraine.

® Les plus grands triomphes des femmes ressemblent un j)eu trop à des défaites.

fS3 Les femmes pures de toute pensée vénale n'associent jamais l'intérêt à l'amour, mais elles mettent tant d'amour et de ])assion dans les questions d'intérêt qu'elles sont impossibles en affaiies.

® La femme qui aime trop perd son empire : ijrande leçon poiu- les souvelains. Ad. d'Houdetot.

^ L'amour est généralement plus cher aux femmes que leur honneur; c est pour cela qu'elles accordent (juclquefois à l'occasion ce (pi'elh^s ont obstinément refusé à Taniant. Dans le |)remier cas, elles ne sacrifient au |)laisir (pie la pudeur; dans le second, elles s'exposent à perdre à la fois et la pudeur et l'amour.

^ Les fennnes ont toutes beaucoup de cœur dans la cervelle: les honnnes ont, en général, beaucoup trop de cervelle dans le cœur. En d'aiitres termes, les hommes aiment avec la tête, les femmes pensent avec le cœui'.

c%3 liC nicillcur livre poiu' un jeune homme, c'est utic femme aimable el estimée. 1 ne r(''priiiiande de sa [)art n'est cpi'une légèi'e égratignnre. On se tait peu Pidée d<' la doiiceiii' et de leflicacité d'une réprimande plact'e entre; ^\^'^\\ bai-

.S(!rs. AlKi. GUYAHD.

Page 1