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C8? 1.0 brillant jjônio dOvido, l'iinaginalioii riolio (li> ProjxM'ce, rànio soiisihle tlo Tibulle, leur inspirèrent sans donto dos vors de nnances difl'érentes, mais ils aimèrent de la même manière des femmes à pen près do la même espèce. Ils désirent, ils triomphent, ils ont des rivanx henrenx, ils sont jalonx, ils se brouillent el se racoommodcMit ; ils sont inlidèles à leur tonr, on leur pardonne, et ils retrouvent un bonheur qui bientôt est troublé par le retour des mêmes chances. Coriime est mariée. La première leron que lui donne Ovide est pour lui apprendre par quelle adresse elle doit tromper son mari ; quels signes ils doivent se faire devant lui et devant le monde, pour s'entendre et n'être entendus que deux seuls. La jouissance suit de près; bientôt des querelles, et, ce qu'on n'attendrait pas d un homme aussi galant qu'Ovide, des injures et des coups : puis des excuses, des larmes et le pardon. Il s'adresse quelquefois à des subalternes, à des domestiques, au portier de son amie pour qu'il lui ouvre la nuit, à une maudite vieille tpii la corrompt et lui apprend à se donner à prix d'or, à un vieil eunuque qui la garde, à une jeune esclave pour qu'elle lui remette des tablettes oîi il demande un rendez-vous. Le rendez-vous est refusé : il maudit ses tablettes, qui ont eu un si mauvais succès. Il en obtient un plus heureux : il s'adresse à lAurore pour qu'elle ne vienne pas interrompre son bonheur.
Bientôt il s'accuse de ses nombreuses infidélités, de son goût pour toutes les lenuiies. Un instant après, Corinne est aussi infidèle : il ne peut supporter l'idée qu'il lui a donné des leçons dont elle profite avec un autre. Corinne à son tour est jalouse ; elle s'emporte en femme plus colère que tendre ; elle l'accuse d'aimer une jeune esclave. Il lui jure qu'il n'en est rien, et il écrit à cette esclave ; et tout ce qui avait fâché Corinne était vrai. Comment l'a-t-elle pu savoir'? Quels indices les oui trahis? Il demande à la jeune esclave un nouveau rendezvous. Si elle le lui refuse, il menace de tout avouer à Corinne. Il plaisante avec un ami de ses deux amours, de la peine et des plaisirs qu'Us lui donnent. Peu après c'est Corinne seule qui l'occupe. Elle est toute à lui. 11 chante son triomphe comme si c'était sa première victoire. Après quelques incidents que, pour plus d'une raison, il faut laisser dans Ovide, et d'autres qu'il serait trop long de rap- |)eler, il se trouve que le mari de Corinne est devenu trop facile. Il n'est plus jaloux; cela déplaît à l'amant, qui le menace de quitter sa femme s'il ne reprend sa jalousie. Le mari lui obéit trop; il fait si bien surveiller Corinne, qu'Ovide ne peut plus en approcher. Il se plaint de cette surveillance qu'il a provoquée, mais il saura bien la tromper; par malheur il n'est pas le seul à y parvenir. Les infidélités de Corinne recommencent et se multiplient; ses intrigues deviennent si publiques, q»ie la seule grâce qu'Ovide lui demande, c'est qu'elle prenne quelque peine pour le tromper, et qu'elle se montre un peu moins évidemment ce qu'elle est. Telles furent les mœurs d'Ovide et de sa maîtresse, tel est le caractère de leurs amours.
-208 Li:S FRMMKS D'APRKS LRS AtlTEIRS FRANÇAIS.
Cvntliic est le premier amour de Properce, et ce sera le dernier. Dès qu'il est heureux, il est jaloux. Cynthie aime trop la parure; il lui demande de fuir le luxe et d'aimer la :?iu)plicité. 11 est livré lui-même à plus d'un genre de débauche. Cynthie Tattend; il ne se rend qu'au matin auprès d'elle, sortant de table et pris de vin. Il la trouve endormie; elle est longtemps sans que tout le bruit qu'il fait, sans que ses caresses mêmes la réveillent ; elle ouvre enfin les yeux et lui fait les reproches qu'il mérite. Un ami veut le détacher de Cynthie ; il fait à cet ami l'éloge de sa beauté, de ses talents. Il est menacé de la perdre : elle part avec un militaire; elle va suivre les camps, elle s'expose atout pour suivre son soldat. Properce ne s'emporte point, il pleure, il fait des vœux pour qu'elle soit heureuse. Il ne sortira point de la maison qu'elle a quittée; il ira audevant des étrangers qu'il l'auront vue; il ne cessera de les interroger sur Cynthie. Elle est touchée de tant d'amour. Elle quitte le soldat et reste avec le poète. Il remercie Apollon et les Muses ; il est ivre de son bonheur. Ce bonheur est bientôt troublé par de nouveaux accès de jalousie, interrompue par Téloignement et par Tabsence. Loin de Cynthie, il ne s'occupe que d'elle. Ses infidélités passées lui en font craindre de nouvelles. La mort ne l'effraye pas, il ne craint que de perdre Cynthie; qu'il soit sur qu'elle lui sera fidèle, il descendra sans regret au tombeau.
Après de nouvelles trahisons, il s'est cru délivré de son amour, mais bientôt il reprend ses 1ers. Il fait le portrait le plus ravissant de sa maîtresse, de sa beauté, de l'élégance de sa parure, de ses talents pour le chant, la poésie et la danse ; tout redouble et justifie son amour. Mais Cynthie, aussi perverse qu'elle est aimable, se déshonore dans toute la ville par des aventures d'un tel éclat, que Properce ne peut plus l'aimer sans honte. Il en rougit, mais il ne peut se détacher d'elle. Il sera son amant, son épouv ; jamais il n'aimera que Cynthie. Ils se (juittent et se reprennent encore. Cynthie est jalouse, il la rassure. Jamais il n'aimera une autre femme. Ce n'est point en effet une seule femme qu'il ainu». ce sont toutes les fenunes. Il n'en possède jamais assez, il est insatiable de plaisirs. Il faut pour le rappeler à lui-même que Cynthie l'abandpnne encore. Ses plaintes alors sont aussi vives que si jamais il n'eût été infidèle lui-même. Il veut luir. Il se distrait par la débauche. Il s'était enivré comme à son ordinaire. 11 f( int qu'une troupe d'Amours le rencontre et le ramène aux pieds de (Cynthie. Leur raccommodement est suivi de nouveaux orages. Cynthie, dans un de leurs soupers, s'échaulfe de vin comme lui, renverse la table, lui jette les eoiqies à la tète; il trouve cela charmant. De nouvelles perfidies le forcent (Mifin à i'onq)re sa chaîne; il veut j)artir; il va voyager dans la Grèce: il fait tout le plan de son voyage, mais il renonce à ce j)rojet, et c'est pour se voir encore l'objet de nouveaux outrages. Cynthie ne se borne plus à le trahir, elle le rend la risée de ses rivaux; mais une maladie vient la saisir, elle meurt. Elle lui reproche ses infidélités, ses capiiccs, l'abandon oîi il l'a laissée à ses derniers moments, et jure qu'elle-même, malgré les ap|>arences, lui fut toujours fidèle. Telles sont les mo'urs et les aveutuies de l'roperce et de sa maîtresse; telle es| i>n abréy)'