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riiiï-toire dt leurs anuniis. Voilà la IViiimo ([u'uiio àino coimiie celle de Properce lut réduile à aimer.
Ovide et Properte l'iueiil souvent infidèles, mais jamais inconstants. Ce sont dinx libertins lixés ipii portent sonvent (,à et là leurs hommages, mais (jui reviennent toujoui's reprendre la même chaîne. Coriiuie et Cyntliie ont toutes les IVnnnes pour rivales : elles n'en ont particulièrement aucune. La muse de ces deux poètes est lidèle si leur amour ne Test pas, et aucun autre nom que ceux de Corinne et de Cynthie ne ligure dans leurs vers. TibuUe, amant et poète pliis tendre, moins vif et moins em|)ortè qu'eux dans ses goûts, n'a pas la même constance. Trois beautés sont Tune après l'autre les objets de son amour et de ses vers. Délie est la |)remière, la plus célèbre et aussi la plus aimée. TibuUe a perdu sa fortune, mais il lui reste la canq^agne et Délie ; qu'il la possède dans la paix des champs, qu'il puisse en expirant presser la main de Délie dans la sienne ; qu'elle suive en pleurant sa pouqie funèbre, il ne forme point d'autres vœux. Délie est enfermée par un mari jaloux : il pénétrera dans sa prison malgré les Argus et les triples verrous. Il oubliera dans ses bras toutes ses peines. Il tombe malade, et Délie seule l'occupe. Il l'engage à être toujours chaste, à mépriser l'or, à n'accorder qu'à lui ce qu'il a obtenu d'elle. Mais Délie ne suit point ce conseil. Il a cru pouvoir supporier son infidélité : il y succombe et demande grâce à Délie et à Vénus. Il cherche dans le vin un remède qu'il n'y trouve pas ; il ne peut ni adoucir ses regrets, ni se guérir de son amour. Il s'adresse au mari de Délie, trompé comme lui ; il lui révèle toutes les ruses dont elle se sert pour attirer et pour voir ses amants. Si ce mari ne sait pas la garder, qu'il la lui confie : il sama bien les écarter et garantir de leurs pièges celle qui les outrage tous deux. 11 s'apaise, il revient à elle, il se souvient de la mère de Délie, qui protégeait leurs an)ours ; le souvenir de cette bonne femme rouvre son cœur à des sentiments tendres," et tous les torts de Délie sont oubliés. Mais elle en a bientôt de plus graves. Elle s'est laissé corrompre par l'or et les présents, elle est à un autre, à d'autres. TibuUe rompt enfin une chaîne honteuse, et lui dit adieu pour toujours. •
Il passe sous les lois de Némésis et n'en est pas plus heureux; elle n'aime que l'or et se soucie peu des vers et des dons du génie. Némésis est une femme avare qui se donne au plus offrant; il maudit son avarice, mais il l'aime et ne peut vivre s'il n'en est aimé. Il tâche de la fléchir par des images touchantes» Elle a perdu sa jeune sœur; il ira pleurer sur son tombeau et confier ses chagrins à cette cendre muette. Les mânes de la sœur de Némésis s'offenseront des larmes que Némésis fait répandre. Qu'elle n'aille pas mépriser leur colère. La triste image de sa sœur viendrait la nuit troubler son sommeU... Mais ces tristes souvenirs arrachent des pleurs à Némésis. Il ne veut point à ce prix acheter même le bonheur. Nééia est sa troisième maîtresse. Il a joUi longtemps de son amour ; il ne demande aux dieux que de vivre et mourir avec elle; mais elle part, elle est absente; il ne peut s'occuper que d'elle, il ne demande qu'elle aux dieux ; il a vu en -onge Apollon, (pli lui a annoncé que Nééra l'abandonne. Il refuse de
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croire à ce songe ; il ne pourrait survivre à ce malheur, et cependant ce malheur existe. Nééra est infidèle; il est encore une fois abandonné. Tel fut le caractère et le sort deTibuUe, tel est le triple et assez triste roman de ses amours.
C'est en lui surtout qu'une douce mélancolie domine, qu'elle donne même au plaisir une teinte de rêverie et de tristesse qui en fait le charme. S'd y eut un poète ancien qui mit du moral dans l'amour, ce l'ut Tihulle; mais ces nuances de sentiment qu'il exprime si bien sont en lui; il ne songe pas plus que les deux autres à les chercher ou à les faire naître chez ses maîtresses : leurs grâces, leur beauté, sont tout ce qui l'entlamme; leurs laveurs, ce qu'il désire ou ce qu'il regrette; leur perfidie, leur vénalité, leur abandon, ce qui le tourmente. De toutes ces femmes devenues célèbres ])ar les vers de trois grands poètes, Cynthie paraît la plus aimable. L'attrait des talents se joint en elle à tous les autres; elle cultive le chant, la poésie; mais, pour tous ces talents, qui étaient souvent ceux des courtisanes d'un certain ordre, elle n'en vaut pas mieux : le plaisir, l'or et le vin n'en sont pas moins ce qui la gouverne; et Properce, qui vante une ou deux fois seulement en elle ce goiîl })our les arts, n'en est pas moins, dans sa passion pour elle, maîtrisé par une tout autre |)uissance.
Gl]NGUE^É.
1)1, l,A (lAI.ANTK IllK
Aujourd'hui nul ne s'aviserait d'assimiler la galanterie à l'amour, mais il fui un temps où la confusion fut possible, ainsi que le prouve ce passage de mademoiselle de Scudéri :
^ C'est aux femmes à qui il s'en faut prendre de la mauvaise (jalanterie des hommes; si elles savaient bien se servir de tous les privilèges de leur sexe, elles leur apprendraient à être véritablement galants, et elles n'endureraient pas qu'ils perdissent jamais devant elles le l'espect (pi'ils leur doivent. En elVel, si les fenîmcs ne voulaient devoir leurs amants (|u'à leur propre inéiile, sans les devoir à leurs soins et à leurs faveurs, la con(|uète de leur cu'ur étant plus difficile à faire, les honnnes seraient [)lus complaisants, plus soumis et plus respectueux qu'ils ne sont, et les femmes seraient aussi moins intéressées, moins lâches, moins fourbes et moins faibles (pi'on ne les voit.
Comme on le voit, l'auteur de Clélie |K'nsait (pril y avait une bonne, une véritable galanterie, j)uis(pi'elle IbHrit de tout son mépris la mauvaise. Mais son opinion n'a jtas jjrévalu, et, du vivant même de mademoiselle de Scudéri, la Rochefoucauld écrivait :
Q^ Ce qui se trouve le moins dans la galanterie, c'est de ram(»ur.
Plus taid, Montes(juieu s'exprime ainsi :
® Notre liaison ;i\('( la femme est loiul(''e sur le boMJii'ur attaché au plaisir